Les jeux vidéo parlent de santé et de handicap : Partie 3.2Capsule Technique

Rédigé par

 

LES JEUX VIDÉO PARLENT DE SANTÉ ET DE HANDICAP :

Partie 3.2 : les jeux vidéo pour la recherche scientifique


[La série d’article que vous lisez se découpe en plusieurs parties, en voici le sommaire avec les renvoi vers les articles :
Introduction : le jeu vidéo est un média sérieux
Partie 1 : les jeux grand public
Partie 2 : les jeux d’apprentissage pour les patients
Partie 3 : les jeux vidéo pour la recherche scientifique
3.1 : Foldit
3.2 : vous êtes ici
3.3 : VR Institute of Health and Exercise
3.4 : Glyph
Conclusion : le jeu vidéo comme objet à usage multiple]

 

III.2 LES JEUX VIDÉO POUR LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE : LE JEU VIDÉO EN MÉDIA ET OUTIL SÉRIEUX

 

Image du menu de départ du jeu Play to cure : Genes in space.

 

Vous êtes aux manettes d’un vaisseau spatial. Devant vous, l’espace intergalactique, vaste et sombre. Votre mission: traverser cette région hostile en récupérant sur votre route un maximum d’éléments pourvoyeurs de points bonus. Mais pour cela, il vous faudra détruire les fourbes astéroïdes qui vous foncent dessus…

La situation initiale était que l’équipe de chercheurs sur le cancer du sein avait récolté 2000 échantillons de tumeurs qui formaient 46 000 ensemble de données biologiques. Les chercheurs devaient ensuite passer tout en revue pour trouver les anomalies dans l’ADN pour chaque ensemble. Une présentation du projet publié en 2014, dans ​​Journal of Cancer Research and Therapeutics, revue spécialisée comme son nom l’indique pour la recherche contre le cancer, rapporte les mots d’un des chercheurs : « Cela représente une quantité considérable de données.[…] Et nos chercheurs n’ont tout simplement pas le temps de tout examiner. C’est pourquoi nous utilisons des ordinateurs. Mais ceux-ci commettent des erreurs dans 10 % des cas. »

 

Logo de la Fondation Cancer Resarch UK

 

A partir de ce constat, l’équipe s’est lancé à organiser un Game Jam pour développer une application vidéoludique qui répondrait à un besoin d’exploration de données en assurant une plus grande exactitude que les calculateurs classiques. Des développeurs écossais de Guerrilla Tea ont remporté la compétition. Le jeu auquel ils ont collaboré pour terminer est ce jeu de vaisseau spatial qui doit esquiver des astéroïdes en allant de droite à gauche. Ces astéroïdes sont une représentation des données et les régions de potentiels contacts avec le vaisseau, des zones d’anomalies. En compilant les plusieurs milliers de trajets effectués par les joueurs, les chercheurs peuvent pointer les zones à regarder et ainsi réduire leur temps d’exploration. L’article du Figaro rapporte que l’application disponible sur Apple et Google, avait été téléchargé 75 000 fois en l’espace d’une semaine au début du mois de février 2014.

 

 

La fondation anglaise Cancer Research n’en était pas à son premier essai d’appel à une application ludique pour aider la recherche. En 2012 elle avait mis en place un jeu avec zooniverse.org qui faisait défiler des images tirées de télescopes de pointe. Les joueurs faisaient l’analyse pour repérer des signes de cancer : Cell Slider. Le Figaro en faisait déjà une présentation.

Un mois après le lancement de Genes in space, Cancer Research a publiée un premier retour en donnant quelques chiffres de retombées et des mots plus qu’enthousiastes de la part des chercheurs : à lire ICI (en anglais) : en un mois, les joueurs ont joué 53 000 heures cumulées, ce qui revenait à avoir analysé 1,5 millions d’échantillon d’ADN. Une infographie ci-dessous donne d’autres chiffres encore. Enfin, pour quelques curieux, il existe un retour très complet de la part des développeurs, que Guerrila Tea a donné également en mars 2014 pour le média spécialisé JV, Game Developer. A lire ICI (en anglais).

 

Une infographie officielle de Cancer Research, publiée un mois après le lancement de Genes in spaces

 

Passons à la suite de cette troisième partie avec un exemple suivant : le travail du VR Institute.