Homefront premier du nom est sorti en 2011 sous la bannière THQ et est un FPS qui a reçu de très mauvaises notes, à tel point que l’action de l’entreprise aurait perdu 21 % en quelques heures ! Quelques temps plus tard, en Décembre 2012, THQ se déclare en faillite et finit par revendre ses licences séparément. Si des noms comme Evolve ou Metro se sont respectivement vendus à plus de 10 et 5 millions de dollars, la licence Homefront en revanche s’est envolée pour 500.000$, soit une poignée de cacahuètes. Pendant ce temps, le développement de Homefront : The Revolution était déjà lancé et se retrouvait donc chez Crytek UK (ex-Free Radical dont la plupart sont ex-Rare). Pas de bol, eux aussi se sont retrouvés dans la panade en 2014 et c’est finalement Deep Silver et leur maison mère Koch Media qui rattrapent la patate chaude Homefront en créant Dambuster Studios sur les cendres encore fumantes de Crytek UK. Bref, nous voilà donc devant un jeu développé dans le sang et les larmes. Cela ne pouvait que mal finir, mais comme on dit : « comprendre n’est pas pardonner ».
« C’est la Révolution, mon bon Monsieur ! »
Homefront : The Revolution est donc un FPS en monde semi-ouvert (entendre divisé en zones explorables et déblocables au fur et à mesure de votre progression) qui se passe à Philadelphie et dont le scénario poussera les Américains etVous incarnez donc un révolutionnaire malgré lui du nom de… on s’en fout, on va dire Marcel, qui va donc aider le peuple à se soulever face aux Norkos (le petit nom des Nord-Coréens, oui tu l’as deviné). Mais vu que vous êtes le révolutionnaire le plus naze du monde, il va d’abord falloir courir partout pendant une heure sans arme pour que vos futurs alliés vous identifient comme un mec sympa. Coup de bol, vous allez tomber sur le chef de la Révolution. Moins coup de bol, il va se faire enlever et vous passerez alors tout le jeu à essayer désespérément de le libérer, puisque apparemment c’est l’unique personne diplômé en discours devant le peuple.
Oui Homefront : The Revolution est un FPS qui aime poser son background empli de personnages pour la plupart insupportables, particulièrement les PNJ qui « animent » Philie. Lorsqu’ils ne vous répètent pas 50 fois la même phrase en boucle alors que vous êtes dans les menus, ceux-ci vous agressent verbalement, purement et simplement. Peut-être ont-ils conscience du jeu dans lequel ils sont enfermés ?Pleurs lointains
Une fois tout ceci fait (et supporté), vous voilà donc l’heureux propriétaire d’un uzi, prêt à en découdre avec les méchants bridés. Et c’est à peu près également à ce moment-là que le joueur devrait se rendre compte de l’erreur qu’il vient de commettre en dépensant 70€ dans Homefront. Le feeling des armes est fadasse au possible. On a jamais l’impression de posséder une arme de guerre et ce ne sont pas les dégâts infligés aux ennemis qui nous feront dire le contraire. En difficulté maximum, il faut environ 5 headshots pour finalement venir à bout d’un misérable soldat de base. En revanche, une simple rafale au corps-à-corps suffit à l’allonger. De quoi récompenser tous les types de joueurs… Il existe aussi la possibilité de recruter des alliés mais au mieux ils vous serviront de chair à canon, au pire de… rien.
(Mal)heureusement, vous ne rencontrerez finalement que peu d’ennemis au cours du jeu. Ou en tout cas, vous ferez en sorte de ne pas en rencontrer. En effet, Homefront : The Revolution est un FPS étrange qui vous pousse sans cesse à éviter les ennemis, ce qui est d’autant plus dommage que le jeu propose de personnaliser vos armes en transformant par exemple votre fusil d’assaut en lance-grenades ou en mitrailleuse lourde dans le feu de la bataille. Les jeux de tirs qui poussent à l’infiltration ne sont pas tous mauvais (Deus Ex, mon amour), mais celui-ci est absurde tant se faire repérer est synonyme de Game Over dans les zones rouges où les ennemis tirent à vue, et totalement sans importance dans les zones dites jaunes où se mêlent civils et Norkos. Quel que soit l’endroit, une fois repéré, les ennemis apparaîtront quasiment à l’infini tant que vous n’aurez pas fait cesser l’alerte en trouvant un abri ou une poubelle, façon Assassin’s Creed. En jeu, cela se traduira donc par aller d’un point A à un point B pour accomplir/chercher une quelconque mission en courant tout droit et en se cachant dans une ruelle 20 secondes entre deux alarmes. Oui, on se fait chier, effectivement. Et ce ne sont pas les dizaines de collectibles à dénicher ça et là ou les quelques bases ennemis au choix surarmées ou désertées à conquérir façon Far Cry qui changeront la donne. Certaines missions vous forceront d’ailleurs à accomplir ces objectifs d’habitude « facultatifs ».Homefront : The Revolution relève de la meilleure mauvaise idée du monde tant il est incompréhensible que quiconque ait accepté de faire une suite à un échec commercial et critique.
FPS : Franchement Pas Super
Pour être honnête, après l’échec du premier opus, on n’attendait pas grand-chose de Homefront : The Revolution. Tout juste un jeu pour se détendre sans réfléchir en fraguant à tout va. Et bien même avec si vous achetez le jeu avec cet état d’esprit, vous serez déçus. Si on devait lui trouver des qualités, on pourrait dire qu’il est plutôt joli, que la musique (quand elle ne tourne pas en rond) est plutôt agréable, mais c’est tout. Evidemment, Homefront se coltine une palanquée de bugs (sans compter le pilotage exécrable des motos) et il nous est même arrivé de devoir interrompre prématurément notre partie car la zone où nous nous trouvions s’est vidée sans raison de ses ennemis et de ses objectifs. Le patch proposé récemment par les développeurs corrige ce problème uniquement si l’on accepte de recommencer sa partie… Merci mais non merci. Et ce ne sont pas les serveurs multijoueurs désertés qui vous aideront à prendre votre mal en patience. Et même remplis, la perspective de s’adonner à des missions inintéressantes en coopération, avec en prime un avatar quasiment sans possibilité de personnalisation, ne donne pas du tout envie.Bref, Homefront : The Revolution relève de la meilleure mauvaise idée du monde tant il est incompréhensible que quiconque ait accepté de faire une suite à un échec commercial et critique là où les fans attendent toujours un TimeSplitters 4. Néanmoins, il est assez remarquable que l’équipe ait réussi à finalement nous présenter le résultat de quatre années de galère. A quel prix ? 70€. Quand même.
L'avis général
- La réalisation tient à peu près la route
- Les deux premiers niveaux de TimeSplitters 2 en Easter Eggs
- Un FPS qui n'incite pas à faire du frag
- Qu'est-ce qu'on s'ennuie
- Un bug empêche purement et simplement de continuer l'aventure
- Le non-charisme des PNJ et leur amour du bavardage
- Pas de juste milieu dans les différents modes de difficulté