TEST VIEW
  • Développeur : Next Level Games
  • Editeur : Nintendo
  • Site Web : PAL
  • Version testée : 3DS
  • Classification :
    Sigle âge 12 ans et plus
    Francaise : 02/09/2016
    Americaine : 19/08/2016
    Japonaise : 25/08/2016
  • Exclusivitée
  • PEGI :
    Violence : jeu contenant des scènes de violentes

Metroid Prime: Federation Force

Rédigée par

Et si son principal défaut, c’était sa communication ?

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En juin 2015 Nintendo annonce Metroid Prime Federation Force lors du salon E3. C’est la douche froide pour l’ensemble des fans, qui, après huit ans d’attente depuis Corruption, espérait une suite à la fameuse saga Metroid Prime. L’E3 2015 était très certainement le mauvais moment pour dévoiler le mal-aimé. Nintendo entrait dans une période creuse alors que le sort de la Wii U était déjà scellé. Le Digital Event de Nintendo était très léger et là où les joueurs attendaient un titre pour sauver le désastre, c’est Metroid Prime Federation Force qui fut annoncé. Malheureusement il ne suffit pas de prendre le nom d’une licence pour faire un bon jeu.

Tromperie sur le produit

Le problème vient en partie de son appellation : Metroid Prime. Alors que le nom d’un jeu renseigne la plupart du temps sur son gameplay, il n’en reprend finalement ici que l’univers. Lorsqu’un joueur achète un titre Mario, il s’attend à un jeu de plateforme avec certains codes. Là, Nintendo sort un jeu très éloigné du FPA (pour First Person Adventure). La conduite des méchas est agréable mais ne ressemble en rien à la façon de se mouvoir de Samus Aran. L’ajout de mods qui permettent d’améliorer son appareil ne permet pas d’agrandir sa palette de coups, on reste donc emprisonné dans cette carcasse avec la terrible sensation d’avoir fait un bond dans le passé !

Ils sont attachants mais niveau charisme, on repassera !

Ils sont attachants mais niveau charisme, on repassera !

La série des Metroid, comme la plupart des licences Nintendo, se résume en quelques phrases afin de servir avant tout un gameplay riche et agréable. L’idée même d’enrichir l’univers va dans la continuité de la version Other M et est en soi une très bonne idée. Cependant l’aspect petites parties qui colle très bien aux habitudes de jeux nomades ne permet pas de se plonger dans l’histoire. Le design n’aide pas non plus puisqu’il est à l’opposé total de ce que représente Metroid chez les joueurs ; une des rares licences matures de Nintendo. 

Les justifications de la part du réalisateur lors d’interviews ne suffisent pas à apaiser le mécontentement des joueurs. Et pour cause, il suffit de regarder l’épisode Metroid Prime Hunters, premier spin off de la série Metroid Prime, sorti sur Nintendo 3DS en 2006. Il réussit en tout point à faire mieux que ce nouvel épisode : une identité visuelle très réussie pour son support et plus proche de la saga, un gameplay avec le stylet exploitant avec brio l’écran tactile de la console, un scénario enrichissant l’univers et un multijoueur très plaisant faisant du jeu un incontournable des après-midis entre amis. Dix ans plus tard, seuls les deux derniers points sont en partie remplis.

Communication entre joueurs

On est très proche d’un Zelda Triforce Heroes

Si Nintendo n’a pas su communiquer autour du jeu pour attiser la curiosité et l’engouement, il faudrait essayer de faire mieux en tant que joueurs car nos outils de communication sont encore laborieux. L’histoire a beau se dérouler dans le futur, la manière d’y jouer n’est pas aussi avancée. On se retrouve donc avec des commandes permettant d’envoyer des messages préenregistrés. Seulement, il faudra faire un choix, car seulement quatre d’en eux peuvent être attribués à des touches et utilisés lors d’une partie, de quoi limiter au strict minimum les dialogues avec ses coéquipiers. Finalement c’est la coopération locale qui a un avantage considérable sur le jeu en ligne. Depuis longtemps Nintendo cherche à tout prix à protéger les jeunes joueurs et évite tant que possible d’inclure un chat vocal. Cette politique devient hypocrite dès lors que l’on fait un peu attention au nombre d’appareils et de logiciels permettant de communiquer autour de nous. C’est réellement dommage, car même si le jeu est jouable seul, il a été prévu pour être joué à plusieurs, ce qui se ressent dans les environnements et mécanismes. Nintendo a par conséquent intégré un mode à plusieurs à la fois en ligne et en local. Les munitions AUX proposées au début des missions multijoueurs permettent de donner des rôles à chacun en fonction de ce que les joueurs choisissent. Leur répartition se fait au sein même d’une équipe et leur nombre est évidemment limité pour que les joueurs choisissent un partage équitable ou au contraire d’avoir un soigneur dans son équipe, etc. Pour le reste, on est très proche de Zelda Triforce Heroes, avec une gratification dès que l’on est remercié par ses coéquipiers et que l’on progresse ensemble. L’entraide n’est toutefois pas nécessaire pour résoudre les énigmes permettant d’avancer à son rythme sans bloquer des joueurs de haut niveau.

Entre le hand, le foot et le tir à la carabine !

Entre le hand, le foot et le tir à la carabine !

Le mode Blast Ball est la bonne surprise de ce Metroid. Il permet de disputer des matchs à trois contre trois d’un sport dont le but est d’amener le ballon dans les caisses adversaires en lui tirant dessus. Pour pimenter les parties, le ballon n’est pas la seule cible du joueur puisqu’il est possible de s’entretuer pour mettre les méchas adverses hors service et profiter du laps de temps dont ils auront besoin pour revenir sur le terrain pour marquer. Les cages rétrécissent dès qu’un but est marqué, la première équipe à marquer trois points remporte la partie. À défaut de mettre autant de buts, celle avec le plus de points à la fin du temps imparti est sacrée vainqueur. Des objets viennent agrémenter les parties, sans pour autant en faire un party game aussi fun qu’un Mario Kart ou un Super Smash Bros.. Sans être nerveuses, les parties sont plus dynamiques que celles du titre principal et demandent aux joueurs de jouer main dans la main pour se coordonner et espérer gagner.

Un Boulevard pour Metroid

Il n’y a quasiment aucune concurrence dans le genre sur la console de Nintendo où le genre surreprésenté ces derniers temps est le RPG. Dans ce contexte Metroid Prime FF n’a pas besoin d’être un chef d’oeuvre pour trouver son public. Il lui suffit d’être de bonne facture. S’il n’est pas un Metroid digne des anciens épisodes, il n’en reste pas moins un bon FPS portable. La 3D stéréoscopique est agréable et se justifie par l’impression convaincante d’être à l’intérieur d’un casque de mécha. On se rend vite compte du soin apporté à de nombreux détails comme les bruits des méchas.

Le système des Bermudes contient des planètes variées

Le système des Bermudes contient des planètes variées

De nombreuses années se sont passées depuis les exploits de Samus Aran, la menace rampante du Phazon a été étouffée une bonne fois pour toutes. La Fédération Galactique souhaite tout de même mettre en place une escouade de mécha-marines au cas où les infâmes pirates de l’espace jailliraient de nouveau. L’opération Golem est lancée ! Ces exosquelettes mécaniques pilotés par des marines partent en mission dans les quatre coins du système des Bermudes.

maigre consolation pour les fans de Samus...

Maigre consolation pour les fans de Samus…

En lot de consolation, les amiibos permettent d’arborer les couleurs de la célèbre héroïne de la saga, mais aussi celles d’autres icônes du jeu vidéo. Ils donnent aussi un avantage spécial lors des missions. Certains amiibos ne permettent de débloquer des couleurs que pour le jeu Blast Ball. Ce ne sont pas les seuls éléments à gagner puisque les mods de méchas et d’autres peintures de personnalisation sont à acquérir en progressant dans le jeu. C’est en remportant des médailles que ces éléments deviennent accessibles. Ce qui force le joueur à jouer à plusieurs car il est pratiquement impossible d’obtenir le maximum de médailles sur une seule partie en joueur unique.

On se retrouve avec un bon jeu qui est finalement freiné par des choix de conception douteux dont les limitations techniques de la console ne sont pas les seules responsables, Metroid Prime Hunters en est la preuve. La communication autour du jeu ne lui a pas non plus laissé une chance. À réserver aux joueurs fans du genre ou aux joueurs multijoueurs.  

Critique réalisée à partir d’une version dématérialisée fournie par l’éditeur.

L'avis général

  • Les améliorations de méchas
  • L'aspect coopération réussi
  • Gameplay efficace ...
  • Blast Ball amusant
  • La durée de vie du titre
  • Techniquement assez faible
  • Très éloigné de la série principale
  • ... mais trop simpliste
  • absence de chat vocal
  • Le parti pris graphique pas très adapté à la série
Metroid Prime: Federation Force est aux Metroid ce que Triforce Heroes est aux Zelda, Samus en moins, un vrai solo en plus. Malheureusement pour lui, il sort dans un contexte peu favorable pour Nintendo. Tout comme le dernier Zelda multijoueur, Il aurait mieux fait d’être le sympathique complément sur console portable d’un opus console de salon que tout le monde attend. Aujourd’hui il fait figure de miettes de pain que l’on jette pour faire patienter et c’est très certainement ce qui lui fait le plus défaut.