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  • Développeur : Monochrome
  • Editeur : NIS America
  • Site Web : PAL
  • Version testée : PlayStation 4
  • Classification :
    Sigle âge 16 ans et plus
    Francaise : 17/06/2016
    Americaine : 21/06/2016
    Japonaise : 19/11/2015
  • Existe aussi sur PS Vita
  • PEGI :

Grand Kingdom [Bêta]

Rédigée par

Si vous êtes fan du studio Vanillaware vous portez probablement quelque part au fond de vous la frustration de n’avoir jamais pu jouer à Grand Knights History, sorti sur PSP uniquement au Japon, et vous vous posez sûrement des questions sur ce Grand Kingdom, qui semble présenter pas mal de similitudes. Et en effet les deux jeux ont été réalisés sous la direction du même homme, Tomohiko Deguchi, mais n’ont pas été développés par la même société. Ce n’est donc plus avec Vanillaware mais avec Monochrome, studio dont il est le PDG, que Deguchi-san a travaillé sur ce jeu dont nous avons pu essayer la bêta fermée.

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Pas de cases mais des lignes

Grand Kingdom_20160509223010Grand Kingdom s’apparente à un tactical-RPG, sauf qu’au lieu d’avoir un traditionnel damier comme terrain de jeu, ici les personnages se font face sur trois plans, ou plus simplement trois lignes horizontales, et agissent à tour de rôle. Vous vous déplacez librement de gauche à droite et sur chaque ligne en étant limité par une jauge qui se vide un peu à chaque pas, puis vous attaquez, vous soignez, ou passez votre tour. Le système de combat est clairement l’un des points forts du jeu, il s’assimile assez vite et promet pas mal de subtilités, entre les pièges à poser, la gestion des jauges de mouvement et d’action, les attaques chargées, le placement des personnages, etc. Quatre classes étaient proposées sur les dix-sept que compte le jeu complet, à savoir chevalier, archer, magicienne, et lanceuse de potions (de soin ou d’attaque). Un petit temps d’adaptation est nécessaire pour bien en utiliser certaines, comme par exemple l’archer, car quand vous attaquez, une cible se déplace autour de l’ennemi visé et il faut appuyer au bon moment pour décocher sa flèche, sachant que vous en tirez plusieurs à la suite assez rapidement. D’ailleurs les membres de votre équipe sont également sensibles à vos coups donc attention à ne pas les blesser accidentellement ! (ce qui arrivera fatalement quelques fois)

Les futures classes disponibles sont verrouillées mais déjà visibles

Les futures classes disponibles sont verrouillées mais déjà visibles

Entre les joutes, votre groupe est représenté par un pion qui se déplace sur les tracés prédéfinis de cartes un peu sommaires mais qui proposent certaines mécaniques de gameplay. En mode scénario vous y croisez des ennemis eux aussi représentés par des pions, qui peuvent être visibles ou invisibles, ils ne se déplacent que lorsque vous avancez donc il est possible de les éviter en faisant attention, mais l’intérêt du jeu en pâtit grandement. Diverses actions peuvent être effectuées sur la carte moyennant des points qui se rechargent avec les combats, comme faire apparaitre des coffres ou encore les ennemis invisibles, se téléporter de quelques pas, ou bien sûr se soigner.

Seules les deux premières quêtes de l’aventure étaient disponibles, mais elles nous ont donné sacrément envie de continuer ce mode. On y suivait les péripéties d’un groupe de mercenaires sous nos ordres, accompagné de Flint, visiblement notre bras droit à qui l’on a souvent eu envie de dire de se taire. L’histoire est ainsi centrée sur les mercenaires, qui ont fini par prendre une place aussi importante que les « vrais » soldats dans une guerre qui oppose quatre royaumes voisins. Ces deux quêtes se limitent à rejoindre leur guilde et affronter des ennemis sans connaitre leur identité, mais si les possibilités en jeu évoluent suffisamment et que le scénario tient la route malgré un point de départ très basique, on risque de prendre beaucoup de plaisir à parcourir cette épopée.

Debout là-dedans c’est la guerre !

La nation la plus choisie par les joueurs, serait-ce en raison de son leader ?

La nation la plus choisie par les joueurs, serait-ce en raison de son leader ?

Le mode histoire constitue une moitié du jeu, l’autre moitié est le mode guerre, qui est en fait le mode en ligne. Avant de vous lancer dans la bataille vous devez choisir pour lequel des quatre royaumes vous allez combattre, en signant un contrat dont vous déterminez la durée, plus ce dernier est long, meilleurs sont les bonus obtenus. Il est possible de rompre un contrat avant la fin, mais comme dans la vraie vie vous devrez payer des pénalités, et vos relations avec l’empire en question se dégraderont. Une fois prêt vous pouvez entrer dans le vif du sujet.
 
Attendez-vous à être passablement largué les premières fois, noyé sous les informations et les écrans intermédiaires qui s’interposent entre vous et votre pion à déplacer. D’ailleurs profitons-en pour rappeler que le jeu est intégralement en anglais, et il est fortement conseillé de comprendre la langue un minimum. Le champ de bataille se présente également sous la forme de chemins déjà tracés, sur lesquels se trouvent les bases des deux camps qui s’affrontent, identifiables par leur couleur. L’idée est d’attaquer sans relâche les bases adverses afin de conquérir du terrain, ou bien de défendre les vôtres. L’aspect multijoueur est assez particulier dans Grand Kingdom, car ce n’est pas du PvP à proprement parler, vous faites face aux équipes d’autres joueurs, mais elles sont vraisemblablement contrôlées par l’IA, tout comme les pions que vous voyez se balader sur la carte (ils deviennent immobiles lorsque vous ouvrez le menu des objets).

Sur le champ de bataille il faut également faire attention aux canons et catapultes

Sur le champ de bataille il faut également faire attention aux canons et catapultes

On ne sait pas ce que font les autres, mais le résultat global des actions de toutes celles et ceux qui participent à une bataille se concrétise par des bases qui tombent ou se renforcent régulièrement, jusqu’à la fin du temps imparti et la victoire de l’un des deux camps. Un autre aspect rappelle Dragon’s Dogma, car vous pouvez recruter des personnages d’autres joueurs dans votre équipe le temps d’une bataille, portant ainsi le total à six combattants au lieu de quatre. Lorsque vous perdez un combat, vous devez attendre un certain temps pour que vos HP se régénèrent avant de repartir au front, et c’est là que les limites de la bêta se sont faites sentir. En effet dans cette dernière nous n’avions qu’une seule équipe, alors que le jeu complet permettra d’en avoir six, que l’on pourra alterner si jamais l’une d’elles subit une défaite, afin de ne pas être contraint d’attendre pour pouvoir rejouer.

Grand royaume, grand jeu ?

La restriction citée ci-dessus impactait fatalement l’approche du mode guerre, mais même en se projetant sur ce que sera le jeu à sa sortie, on ne peut s’empêcher de craindre un peu pour l’intérêt de ce mode sur le long terme. Dans les faits il est principalement question d’y enchainer des combats sans vraiment savoir quelle influence ils auront, puisqu’on ne voit jamais les autres joueurs. Difficile d’élaborer des stratégies quand on ne sait pas combien de personnes attaquent un bâtiment en même temps que vous.

grand kingdom dialogueHeureusement le système de combat est suffisamment complet et bien pensé, et on ne peut qu’être enthousiaste à l’idée de tester toutes les classes qui seront disponibles. Le tactical-RPG n’est pas un genre propice à l’exploration et Grand Kingdom ne fait pas exception, tout se fait à partir d’un écran principal d’où vous déclenchez les quêtes et les guerres. De même pour les capitales des quatre royaumes, qui sont représentées chacune par une jolie illustration et quelques fenêtres de texte ouvrant différents menus. Les personnages lors des dialogues font également l’objet d’illustrations faites à la main, mais qui n’atteignent pas le niveau de ce qu’on peut voir dans des jeux comme Odin Sphere ou Dragon’s Crown. N’est pas Vanillaware qui veut. Enfin notons que le système d’évolution des personnages est assez complet, en plus du traditionnel gain de niveau et des points de compétence à distribuer, certains bonus peuvent s’obtenir en remplissant des objectifs en combat, et les statistiques des équipements (eux-mêmes visibles sur les personnages) peuvent être modifiées par différents moyens.

Les heures passées sur la bêta de Grand Kingdom ont été très plaisantes, les modes solo et multijoueur présentent chacun leur lot d’originalité et le tout est plutôt agréable à regarder et à écouter. N’espérez cependant pas un jeu aux ambitions folles, l’accent est vraiment mis sur les combats et le visuel 2D au détriment de certains aspects. On espère que le jeu complet saura se renouveler et on a hâte de le découvrir.

L'avis général

  • De la belle 2D façon dessin animé
  • Système de combat excellent
  • Les musiques
  • Le choix des voix anglaises ou japonaises
  • Beaucoup d'informations à ingurgiter en peu de temps
  • Flint, insupportable en moins de deux chapitres
  • Les illustrations des personnages lors des dialogues, pas exceptionnelles
Suite spirituelle de Grand Knights History, Grand Kingdom est un tactical-RPG assez original dans la forme, faisant de son système de combat sa force principale. La 2D des personnages et la direction artistique sont du meilleur effet bien que les illustrations ne soient pas toujours parfaites, et si vous êtes sensible au genre, le charme opère immédiatement. Il faudra bien sûr attendre la sortie du jeu pour juger de son intérêt sur le long terme, dont on craint qu'il ne s'émousse un peu pour le mode en ligne, mais cette bêta nous a clairement donné envie d'en voir plus.