TEST VIEW
  • Développeur : Nintendo
  • Editeur : Nintendo
  • Site Web : PAL
  • Version testée : Wii U
  • Classification :
    Sigle âge 3 ans et plus
    Francaise : 11/09/2015
    Americaine : 11/09/2015
    Japonaise : 10/09/2015
  • Existe aussi sur aucun autre support
  • PEGI :

Super Mario Maker

Rédigée par

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Alors qu’une multitude de jeux « bac à sable » ont trouvé leur public ces quelques dernières années, la version éditeur de niveaux de Super Mario Bros. est arrivée comme une évidence, surtout en vue du succès de pépites telles que Little Big Planet ou encore Minecraft. C’est du coup en retard que Nintendo se lance dans ce projet tant espéré. Si la première présentation laissait entrevoir un petit jeu sans grande prétention, c’est surtout à l’E3 dernier que les avis les plus sceptiques se sont exprimés, et ce, malgré de nombreuses fonctionnalités ajoutées donnant enfin au titre les ambitions qu’un Mario se devait d’avoir. Alors à tort ou à raison ?

Un Mario consistant

La peur d’un vulgaire éditeur de niveaux Mario se dissipe dès les premières minutes de jeu grâce au nombre de niveaux démo. 17 rangées de quatre stages soit un total de 68, dont quatre à débloquer après avoir fini les « Défis des 10 Mario », autrement dit les célèbres et coriaces niveaux du Nintendo World Championships 2015. Les défis évoqués nous proposent de terminer huit stages à la suite avec un total de dix vies. Si cela peut paraître difficile, en réalité, seuls quelques niveaux poseront problème et les autres sont une succession d’une ou de deux petites idées bien senties de level design réalisées grâce à l’éditeur. Vous l’aurez compris, ces défis s’enchaînent très facilement et ne sont là qu’à titre d’exemples plus que de niveaux comme on en avait l’habitude dans les derniers opus. Ils ont néanmoins la justesse de se baser aussi bien sur l’aptitude à se mouvoir que sur la réflexion, une bonne gymnastique qui sollicitera nos neurones. En ligne, les « Défis des 10 Mario » sont par ailleurs déclinés en « Défis des 100 Mario ». Étant donné la complexité de certains stages réalisés par les joueurs, 100 vies, ce n’est pas du luxe !

Au-delà des stages de démo, il y a des emplacements prévus pour les créations du joueur et celles téléchargées par celui-ci. Au nombre de 120, ils permettent de conserver un bon nombre de contenu sur sa machine.

Fini de critiquer les stages ! Faites-les

super-mario-maker-critique-001Maintenant le level designer, c’est vous. Malgré ce que l’on entend bien (trop) souvent, ce n’est pas une compétence innée pour tout le monde et Nintendo en a bien conscience. Pour permettre d’appréhender les possibilités du jeu au fur et à mesure, il sera nécessaire de débloquer les éléments en plusieurs lots. Pour cela rien de plus simple, utilisez les éléments du précédent lot et placez-en un certain nombre pour obtenir de nouvelles options le lendemain. Ainsi neuf lots sont à débloquer et permettent de vous tenir en haleine pour un temps approximatif d’une bonne semaine. Cette idée connaitra ses limites : elle bride les joueurs qui auront fait un tour du mode online et déjà imaginé de grands niveaux pleins de fonctionnalités. L’un des éléments bienvenus est la distribution d’un artbook (en PDF pour les acheteurs de la version dématérialisée) servant également de guide qui permet de dévoiler tout le potentiel du jeu.

Vous êtes libre alors profitez-en ! Combinez les objets et les ennemis de manière inattendue ; l’exemple le plus évident est encore de poser un champignon sur un ennemi pour le faire grandir mais le jeu permet d’aller bien plus loin. Les niveaux déjà présents dans le jeu vous donneront de l’inspiration mais il est fort à parier que votre curiosité et créativité seront les auteurs de situations inédites et amusantes.

Une tour d'ennemis sur Bowser... normal !

Une tour d’ennemis sur Bowser… normal !

Les ingrédients sont là : des environnements graphiques de Super Mario Bros., Super Mario Bros. 3, Super Mario World ou encore New Super Mario Bros.. Chaque génération va pouvoir créer ses niveaux dans le style graphique qui lui convient le mieux. Le jeu offre la possibilité de changer à tout moment d’univers pendant la création. Cependant attention, les joueurs peuvent uniquement jouer le stage publié dans l’environnement défini par le créateur. Dommage, on aurait aimé pouvoir changer à tout moment. Certains éléments ont été créés pour l’occasion comme Bowser Jr. et Yoshi en version 8-bits pour la toute première fois, d’autres options ont également été ajoutées.

Les joueurs surprennent par leurs créations et pourtant on ne peut s’empêcher de vouloir réajuster à sa manière un élément ou deux de leur stage. Pas de problème, pour ça nous avons la possibilité d’éditer à tout moment les créations des autres joueurs, téléchargées au préalable sur Internet.

 Avez-vous le niveau pour faire trembler les joueurs ?

Vous vouliez du challenge ?

Vous vouliez du challenge ?

Une seule condition est requise pour partager un niveau… le terminer ! Cela induit une modération automatique car tous les niveaux postés en ligne sont faisables. Et si cela peut rassurer quant à la difficulté proposée en ligne, dans les faits cela force déjà le respect. Le pourcentage de réussite est indiqué et le but inavoué d’une grande partie des joueurs sera très certainement que celui-ci soit le plus faible sur son niveau. La difficulté du jeu peut être poussée jusqu’à son paroxysme grâce à la longueur maximale envisageable des stages et le nombre des éléments qui, même si lui n’est pas illimité, reste très élevé.

Ce nouvel opus de Super Mario suit la tendance et profite des fonctionnalités en ligne pour proposer aux joueurs de partager leurs créations et leurs avis. Adieu le côté résolument multijoueur des derniers Mario que Nintendo mettait en avant dans ses spots publicitaires. C’est un point d’autant plus frustrant que les environnements de Super Mario Bros. 3 rappellent son mode à deux joueurs peu consistant, certes, mais tellement fun. Il en est de même pour New Super Mario Bros., plus coopératif, qui nous rappelle à quel point nous avons pu passer des heures à deux ou plus pour terminer les niveaux qui nous donnaient le plus de fil à retordre. Finalement, les options qu’offre le jeu auront permis de laisser s’exprimer la grande créativité des joueurs et par là même, augmenter la durée de vie du titre sans que Nintendo n’ait plus de travail à faire que de proposer les outils.

Amiibo Party, la fête est plus folle en pixels

Super Smash Bros. ou Super Mario Bros. ?

Super Smash Bros. ou Super Mario Bros. ?

Impossible de faire l’impasse sur l’utilisation des Amiibo ; devenus à présent incontournables, Super Mario Maker ne déroge pas à la règle et accueille même le plus grand nombre d’Amiibo compatibles avec pas moins de 72 de ces petites statuettes NFC. Leur fonction reste toutefois limitée et n’apporte que nouvelles apparences et bruitages. Les joueurs aux moyens modestes seront heureux d’apprendre qu’il existe un moyen pour récupérer ces effets sans posséder la figurine : pour cela, il suffit de terminer les défis des 100 Mario, une petite pirouette de Nintendo pour motiver les joueurs à se lancer dans le online et ainsi animer la communauté.

super-mario-maker-critique-005Pour le trentième anniversaire du plombier, deux Amiibo spéciaux ont été pensés pour un peu plus de fantaisie : à savoir obtenir un champignon pour transformer Mario en géant lui conférant des capacités maximales de destruction de blocs. Mais ce n’est pas tout, ajoutez à cela un filtre visuel rétro qui rappelle fortement l’ère des jeux sur téléviseur à tube cathodique. Quelques options proposées par le jeu vous permettent de faire sortir un champignon d’un bloc qui a le pouvoir de transformer le joueur en un personnage de l’univers Nintendo de façon aléatoire. Ces transformations ont le même effet qu’un champignon c’est-à-dire qu’ils donnent une protection à Mario. Autrement dit, ne les laisser pas filer !

Désolé, Mario, mais la princesse Peach est dans un autre château…

Super Mario Maker, jeu sans fin, permet de progresser sans jamais en venir à bout. Ce qui est un point fort et aussi un point faible, c’est-à-dire que l’on prend du plaisir à se défier les uns les autres sur des niveaux toujours plus durs, toujours plus originaux, toujours plus fun… mais l’on perd ce sentiment de progression dans le jeu malgré l’apprentissage des mécaniques de gameplay. Le joueur ne garde aucun bénéfice de ses victoires pour les parties suivantes car elles sont dissociées les unes des autres. Terminer une partie avec un champignon ne permettra pas de commencer en étant grand dans la partie suivante et ceci même dans les défis de Mario. D’un côté, les niveaux sont conçus par les joueurs, ils sont construits d’une certaine manière et absolument pas pensés comme une continuité de stages. Si vous entamez un stage où le but n’est pas de prendre de champignon, commencer la partie avec ce power up n’aurait pas de sens… Il aurait été préférable à contrario de pouvoir créer des mondes avec des niveaux imbriqués.

super-mario-maker-critique-007Afin de renforcer ce côté infini dans les possibilités de constructions, des DLCs devraient faire leur apparition. C’est en tout cas ce que l’image d’une des vidéos officielles de présentation du jeu tend à dévoiler. Et ça laisse rêveur car on peut facilement imaginer du contenu additionnel permettant la création de mondes accompagnés d’un certain nombre de niveaux, avec comme option le fait de garder ses items entre chaque. On peut également espérer l’animation de fins spécialement conçues par le joueur ou tout simplement des options pour jouer à plusieurs. Cela étant le jeu est déjà d’une consistance telle qu’il serait dommage de faire les fines bouches et de ne pas profiter du contenu gargantuesque que propose ce Super Mario Maker.

L'avis général

  • L'ensemble des environnements Mario (SMB, Bros.3, Mario World et New SMB.)
  • Le partage par Internet avec ses différentes statistiques
  • Le système de modération/filtre des stages
  • Des dizaines de niveaux déjà créés
  • L'immensité des possibilités et la simplicité de l'éditeur
  • Les amiibos servant uniquement de skins
  • Absence de mode multijoueur à la NSMB.
  • Perte d'intérêt des Power-Up d'une partie à l'autre
Super Mario Maker est ce genre de jeu bac à sable qui propose une multitude de possibilités et qui conviendra à un large panel de joueurs. Ceux en quête de challenge trouveront leur bonheur tandis que ceux à la recherche de diversité n'auront plus d'excuses pour relancer encore et encore une partie de ce nouveau Super Mario. Les fonctionnalités en ligne sont bien pensées pour offrir une expérience de jeu de qualité et qui ne soit pas entachée par des niveaux mal conçus ou impossibles à terminer. Pourtant, on ne peut s'empêcher de penser qu'un mode multijoueur local aurait pu apporter encore plus de fun. À vos stylets !