TEST VIEW
  • Développeur : Crystal Dynamics
  • Editeur : Square Enix
  • Site Web : PAL
  • Version testée : PC
  • Classification :
    Sigle âge 18 ans et plus
    Francaise : 13/11/2015
    Americaine : 10/11/2015
    Japonaise : 12/11/2015
  • Existe aussi sur XBOX ONE, XBOX 360, PS4(2016)
  • PEGI :
    Violence : jeu contenant des scènes de violentes

Rise of the Tomb Raider

Rédigée par

Les reboots vont bon train, que ce soit pour les jeux vidéo ou pour les oeuvres du 7ème art. Une bonne solution pour les studios quand les idées se font rares et qu’il est difficile de rester “logique” dans la timeline et l’histoire de la saga. (Il faut s’appeler Nintendo et avoir un bébé comme The Legend of Zelda pour se le permettre). Crystal Dynamics fait partie de ces studios et a décidé d’offrir une seconde jeunesse à notre chère Lara Croft en sortant “Tomb Raider”, le premier opus du reboot de la série. Après avoir tenté l’aventure du côté du survival / adventure, cette fois-ci on se retrouve avec une recette orientée un peu plus action. Enfin sur le papier en tout cas…

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Bébé scénar’ au pays des bobards

"Je suis Jonah, je suis le seul personnage charismatique, oh wait"

« Je suis Jonah, je suis le seul personnage charismatique, oh wait »

Avalanche, orage, escalade à flanc de falaises gelées, rafales de fusils d’assaut, crash d’avion, voilà comment résumer rapidement l’introduction du jeu. Une mise en situation extrêmement brutale, idéale pour être mis au coeur de l’action. Cette fois, on laisse tomber le naufrage de bateau et on fait place à un climat extrême au coeur de la Sibérie, non sans rappeler l’introduction de Uncharted 2: Among Thieves, à la différence que notre cher Nathan Drake se la jouait plutôt tibétain et tombait, sans pousser de cris stridents, dans les précipices himalayens tout en s’accrochant au wagon du train dans lequel il voyageait à quelques 3000 mètres d’altitude. Laissons de côté la succession improbable des évènements de départ de Rise of the Tomb Raider et parlons un peu plus de ce qui se passe ensuite. Votre père (qui est aux cieux, amen) est devenu fou en consacrant sa vie à rechercher une relique millénaire, la Source Divine. Cet artefact sacré aurait le pouvoir de rendre immortel quiconque poserait son regard dessus. Possédé par un prophète grec du Xème siècle, votre vieux a donné sa vie dans le but de trouver cette relique et a échoué. Lara, fraîchement de retour après ses aventures sur l’île du Yamataï, se lance à la recherche de cette relique pour connaître la vérité. Votre aventure vous mènera dans un premier temps (tout premier car un seul chapitre) en Syrie, puis en Sibérie où vous passerez le reste de votre aventure. Cette mission en Syrie, qui reste une mission d’intro allongée, vous permettra de connaître vos ennemis. Oui forcément, ce serait trop facile sinon. Ces derniers sont également sur la piste de la Source Divine, sauf qu’ils ont évidemment des armes, des véhicules enfin bref ça déconne zéro. Vos nouveaux amis se font appeler les Trinitaires, un ersatz de ces bons vieux Templiers. Voilà voilà, vous allez passer votre temps à essayer d’arriver avant eux sur les lieux, la passion en perspective. On ne peut pas vraiment parler de scénario, mais plutôt d’un prétexte pour tirer sur du russe car oui, le chef des méchants est russe et s’appelle Konstantin. On sent l’effort pour essayer d’enrichir le background à coup de journaux audio à trouver à travers la carte. Malheureusement, ils n’apprennent que très peu de choses intéressantes au joueur, les trois ou quatre doubleurs n’aidant pas ce dernier à s’imprégner de l’histoire des trop nombreux auteurs des trop nombreux journaux repartis à travers la carte du jeu. (Nous sommes toujours en train d’essayer de comprendre comment la Writers Guild of America a pu élire le scénario de Rise of the Tomb Raider meilleur scénario de 2015, devant The Witcher 3). Les personnes ayant déjà acquis ce genre de jeu savent de quoi je veux parler quand je parle de prétexte… On joue pour l’action, pour les explosions, pour le spectacle !

Lara, tu tires ou tu pointes ?

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« Il faut faire des exercices pour rester en forme : on commence par la chaise ! »

En parlant de spectacle, là où le scénario laisse donc fortement à désirer, un très gros effort à été fait pour rendre l’environnement et la progression dans celui-ci la plus agréable possible. Concernant tout d’abord notre héroïne, à la plastique plus qu’agréable, cette dernière conserve le même chara-design que dans l’opus précédent (n’en déplaise à Toby Gard et ses 150% d’augmentation de la poitrine). On change légèrement son visage, toujours prêté par Camilla Ludington pour l’occasion, elle se chargera également du doublage du personnage qui a une VO de très bonne qualité. Cette VO est mise en valeur par un effort particulier concernant l’animation des visages ainsi que la synchronisation labiale des personnages. Les animations corporelles sont également de très bonne facture et on a le droit à de très jolis effets de lumière. Là où techniquement le pseudo monde ouvert que les développeurs ont voulu intégrer est très limité, on prendra tout de même plaisir à se trimballer dedans et voir notre personnage se mouvoir à travers la végétation et entre les créatures de la forêt…. 5 minutes. 5 minutes car malheureusement cela devient rapidement lourd.

L’archéologie à son paroxysme

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Lara est plutôt bien équipée.

Lara Croft est archéologue au cas où cela vous ait échappé. Une archéologue balèze certes, mais tout de même. L’archéologue par définition étudie l’Homme et son histoire à travers la découverte et l’étude de vestiges matériels. Notre chère Lara va donc étudier les différents peuples qui ont pu vivre dans la vallée sibérienne qu’elle explore, à savoir des grecs du Xème siècle, des russes datant de la 2nde guerre mondiale et les autochtones. Ainsi vous allez être amené à découvrir des vestiges à travers la carte sur lesquels vous augmenterez votre niveau de connaissance de la langue, vous permettant de lire ensuite d’autres inscriptions etc. Comprenez par là découvrir des choses pour pouvoir découvrir d’autres choses… Ajoutez à cela les journaux audio ainsi que les caches de monnaies et autres reliques et vous avez à peu près tout ce qui est caché (et mal caché) sur la carte. L’environnement est plein de trucs un peu inutiles qui malheureusement n’apportent rien au joueur et n’enrichissent que très peu le background du jeu. L’exploration aurait pu être un peu plus intéressante si au moins il y avait une augmentation de la fréquence de rencontre avec les ennemis car on se contente de jouer à Tarzan sur les falaises et les branches pour découvrir les objets planqués. J’ai préféré vous parler de ce qui évoluait, malheureusement pas en bien, dans ce nouvel opus orienté exploration car le reste du jeu est extrêmement classique. La progression se fait de manière assez linéaire, à coup de phases d’infiltration basiques, de phases d’escalade classiques et de phases de bourrinage, classiques, le tout à la troisième personne. Mention spéciale tout de même pour une IA qui, même si ne sachant pas viser, ne se contente pas de fouiller l’endroit où elle a cru apercevoir quelque chose de suspect, mais qui va se diviser en plusieurs groupes afin de couvrir une zone la plus large possible, rendant les phases d’infiltration assez coriaces.

Lara et ses pulsions

Lara et ses pulsions

On déplorera malheureusement la facilité avec laquelle on descendra tout type d’ennemis, à coup de pompe pour les moins patients, ou de flèches dans le crâne pour les autres. Au fur et à mesure de l’aventure on obtiendra de nouvelles armes, de nouveaux accessoires pour notre progression. Certains de ces outils seront également utiles pour accéder à des zones cachées, intitulées “Défi tombeau”. Ces zones proposeront de petites énigmes, pas forcément très difficiles mais sympathiques à résoudre donnant une récompense sous forme de stuff ou de nouvelles compétences une fois accomplis. Les compétences et le craft parlons en. Comme avec son prédécesseur, on gagne de l’expérience pour obtenir des points de niveaux à répartir parmi différentes compétences disponibles. Ces dernières ont un impact moindre sur le jeu et vous pouvez tout à fait les ignorer. Vous pourrez également ramasser toutes sortes de matériaux. Ces matériaux permettront à Lara de crafter des améliorations d’équipement (carquois, canon différent etc) et également ses munitions. Malgré tout cela, aucune surprise notable. On a le droit à une tentative de création de quêtes secondaires qui sont données par les autochtones, qui ne servent concrètement à rien et qui auraient mieux fait d’être dans la trame principale plutôt que d’être mises au statut de secondaire pour donner une illusion de contenu.

Il existe également le mode Expédition, un mode de jeu permettant de rejouer dans les différents environnements au travers d’autres modes de jeu. Histoire de vous mettre en compétition aussi bien avec vous-même qu’avec vos amis, différentes « cartes » sont déblocables en jeu pour modifier les paramètres du mode, vous permettant d’augmenter les dégâts subis, le nombre d’ennemis etc… Un score est calculé en fonction de vos performances et ainsi comparé à celui de vos amis. L’idée est sympathique et on pourra passer quelques petites heures dans les différents modes de jeu.

Un jeu réaliste… ou pas

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Tout va bien, tout est normal

Lors des différentes présentations du jeu, on a eu le droit à un éternel discours : Rise of the Tomb Raider sera le plus réaliste possible. Un jeu réaliste mais dans un univers fantastique, pourquoi pas après tout ? Quand j’entendais réalisme concernant un jeu type action comme Tomb Raider, j’entendais des sauts moins craqués, des situations plus intenses sans pour autant être complètement surréalistes, un système de craft qui nécessiterait de la préparation en amont pour les combats… Ahlala… À quel point pouvais-je me tromper ? Si encore on ne nous avait pas gavés avec ce pseudo réalisme, je me sentirais moins trahi mais Lara prend toujours aussi cher voire encore plus que dans l’opus précédent, fait toujours des sauts de 10 km de haut à la verticale sur une paroi de glace équipée de deux piolets et de bottes à crampons. Réalisme ? Non je ne te vois pas quand je tire des flèches à bout de bras qui se planteront dans une paroi rocheuse des plus rigides qui soit et qu’ensuite je me servirai de ces flèches pour grimper, je poserai tout mon poids dessus et je prendrai une impulsion pour sauter sur la suivante. Réalisme… Je ne suis pas offusqué de pouvoir prendre 3 balles et de toujours courir à pleine vitesse, mais je le suis lorsque le système de craft me permet de crafter 5 flèches en une seconde en plein combat, que je peux fabriquer des explosifs en ramassant une simple jarre et que je récupère toute ma santé en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Oui, il s’agit d’un coup de gueule, mais faire des promesses est une chose, les tenir en est une autre.

Rise of the Tomb Raider avait du potentiel le tout accompagné d’une durée de vie plus qu’honorable (compter une petite quinzaine d’heures en ligne relativement droite), malheureusement aucun élément ne dépasse nos espérances et Rise of the Tomb Raider restera une simple suite, sans envergure ni charisme.

Jeu testé sur Windows 10 (Nvidia GTX 970)

 

L'avis général

  • Une direction artistique de qualité
  • Des effets de lumière impressionnants
  • Une durée de vie honorable
  • Des animations de bonne facture pour les personnages principaux...
  • ...qui malheureusement manquent cruellement de charisme
  • Et qui ne sont pas servis par un scénario très bateau
  • Le tout enrobé par un gameplay des plus basiques
Si on ne reviendra pas sur Rise of the Tomb Raider après l'avoir fini, on prend toutefois du plaisir à terminer ce Rise of the Tomb Raider. Le mode Expédition ne parvient malheureusement pas à combler le vide laissé par le faux monde ouvert proposé par Crystal Dynamics. Une aventure intense par sa mise en scène qui aurait pu briller par un scénario de qualité, mais qui ne se contente malheureusement que du minimum là où on sent un véritable potentiel.