TEST VIEW
  • Développeur : Shiro Games
  • Editeur : Shiro Games
  • Site Web : PAL
  • Version testée : PC
  • Classification :
    Francaise : 25/08/2015
    Americaine : 25/08/2015
    Japonaise : nc/nc/nc
  • Exclusivitée
  • PEGI :

Evoland 2

Rédigée par

Souvenez-vous, il y a un peu plus de deux ans de cela, les bordelais de chez Shiro Games nous pondaient une version beaucoup plus longue de leur Evoland qui leur avait valu une victoire lors de la Ludum Dare où le but est de créer un jeu en 30h avec un thème imposé. Entre temps, de l’eau a coulé sous les ponts et les avis sur le premier Evoland, sans être mauvais, étaient loin d’être parfaits. Mais les idées étaient là, tout ce qu’il manquait, c’était un peu d’expérience et un peu plus d’affinement niveau gameplay. Et rien qu’à voir le sous-titre à rallonge de cet Evoland 2 : A slight case of spacetime continuum disorder, on sent déjà qu’on va encore se manger tout un tas de références dans les dents. Pour notre plus grand plaisir ?

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Gotta play’em all

Que serait un jeu vidéo sans un héros flemmard ?

Que serait un jeu vidéo sans un héros flemmard ?

Petit rappel des faits : Evoland 2 est principalement un Action-RPG-Plateformer qui se situerait entre un Zelda, un Mario et un Secret of Mana. Principalement car tout comme son grand frère, Evoland 2 va nous faire revivre l’histoire du jeu vidéo au travers de ses genres. Et là-dessus, on peut dire qu’il est très TRES exhaustif : Tactical, Versus Fighting, Runner, Shoot’em Up, Rythme et même du Match-3 à la Bejewelled. Et autant dire que j’en oublie. Évidemment, qui dit autant de genres insinue également qu’ils seront plus ou moins bien représentés, certains étant carrément relégués à des sortes de mini-jeux comme par exemple la petite dizaine d’énigmes à la Professeur Layton. En soi, ce n’est pas un mal, car cela évite de réitérer les erreurs passées en se concentrant sur un gameplay principal qui lorgne généralement du côté, encore une fois, d’un Zelda. Autre bon point, on a affaire à un jeu qui n’utilise que deux boutons, évitant les longues phases d’adaptation d’un genre à l’autre. On notera également la présence sympathique d’un système d’expérience très classique dans son fonctionnement puisqu’à chaque niveau, nos points de vie, notre attaque et notre défense augmenteront plus ou moins, ces statistiques servant toujours de référentiel quel que soit le gameplay abordé.

Shiro Games a brassé encore plus large tout en réussissant à avoir ce petit cachet qui fait son charme.

A défaut d'être très lisibles, les phases de Shmup sont plutôt réussies.

A défaut d’être très lisibles, les phases de Shmup sont plutôt réussies.

L’autre particularité d’Evoland, c’est qu’à l’instar du premier épisode encore une fois, on voyagera également entre les différentes époques graphiques qu’a connu notre passe-temps préféré. Mais là où on évoluait en suivant une chronologie établie avant (8-bit puis 16-bit pour finir en 3D), Evoland 2 nous fait passer d’un design à un autre. En effet, le scénario justifie ces changements en nous faisant voyager parmi différentes époques à savoir l’Antiquité (GameBoy), le passé (NES), le présent (SNES) et le futur (3D). Cela permet ainsi de varier les ambiances mais aussi d’instaurer enfin une véritable histoire ; ce qui manquait cruellement à Evoland 1. Et il suffit de voir la longueur des threads qui tentent d’expliquer la fin pour constater que le pari est réussi.

[Insert Joke Here]

"HEY ! TIRE SUR MON DOIGT !"

« HEY ! TIRE SUR MON DOIGT ! »

Malheureusement tout n’est pas rose. Ainsi, si on aura droit à quatre époques différentes, le style musical lui ne changera pas, utilisant toujours la même orchestration (de bien meilleure qualité qu’auparavant mais souvent toujours aussi répétitive), à part pour l’antiquité. Ça retire ce côté rétro, tout comme les avatars de nos personnages lors des dialogues qui resteront bloqués à l’ère 16 bits. À noter également que s’il est possible de voyager entre les différentes époques au gré de nos envies, le jeu prendra un peu trop son temps avant de nous en laisser la possibilité, environ 6 / 7h, soit un bon tiers du jeu où on suivra bêtement la trame, qui met du temps à décoller, sans compter des phases ultra ennuyeuses à l’image de la fuite de Genova où l’on devra jouer à cache-cache avec des enfants.

Pour autant, on prendra plaisir à découvrir les personnages qui, même s’ils sont légèrement clichés, restent attachants ; mais aussi utiles en combat. En effet, chaque membre de votre équipe, au nombre de 3, dispose d’une attaque spéciale que vous pourrez lancer en maintenant le bouton d’attaque. Seul petit bémol : l’attaque aura toujours le même effet et la même animation qu’on soit en phase plates-formes ou dans un shoot’em up par exemple.

Il y a au moins 3 références dans cette image. Sauras-tu les trouver ?

Il y a au moins 3 références dans cette image. Sauras-tu les trouver ?

En revanche, si les protagonistes sont relativement bien écrits, la plupart des références qu’ils nous lâchent manquent cruellement de subtilité. C’est simple, on se fait littéralement recouvrir de blagues et autres clins d’œil à tout instant. Au début on sourit mais on finit vite par être blasé et par savourer justement les messages cachés, bien plus drôles qu’un énième : « Vous avez vu un gamin en vert passer ? Il a cassé tous mes pots ! ». C’est un peu comme si on avait continuellement quelqu’un qui nous frappait l’épaule et nous dirait : « Hey hey, t’as vu c’est drôle ! ». Non, ça fait juste mal.

Tout porte à croire que l’on aura droit à un Evoland 3 dans les années à venir

"J'essaie de jouer à MGS5 sur mon PC pas-de-la-Master-Race, ça se voit pas ?"

« J’essaie de jouer à MGS5 sur mon PC pas-de-la-Master-Race, ça se voit pas ? »

Heureusement pour elles, les références ne se contentent pas seulement du jeu vidéo et se permettront quelques écarts cinématographiques, du côté des mangas voire carrément de séries comme en témoigne le jeu de cartes « Game of Cards ». Il s’agit d’une sorte de mix entre Hearthstone et Magic où il faudra réduire à zéro les points de vie de son adversaire. Chaque tour, on piochera 3 cartes aléatoirement parmi notre collection (61 cartes en tout éparpillées dans le jeu) et on pourra soit en sacrifier pour récupérer du Manaa, soit en jouer, contre un certain montant de l’énergie sus-citée inhérente à la puissance et au pouvoir du monstre invoqué. La subtilité étant qu’on est dans l’obligation de jouer ses 3 cartes lors de notre tour et que nos monstres attaquent forcément l’adversaire quoiqu’il arrive. Pas forcément très stratégique, notamment à cause de l’impossibilité de construire son propre deck, Game of Cards est un mini-jeu bêtement addictif à l’image du Triple Triad ou du Gwynt, surtout pour ceux atteints de collectionnite aigüe. Bref, tout ce que j’aime.

C’était pas SI mauvais

Finalement Evoland 2 m’aura bien fait mentir. J’écrivais justement il y a deux ans qu’Evoland 1 avait trop tendance à vouloir toucher à tout et que les développeurs feraient mieux de se concentrer un peu plus sur l’orientation qu’ils voulaient donner à leur suite. En fin de compte, Shiro Games a brassé encore plus large tout en réussissant à avoir ce petit cachet qui fait son charme. S’il accuse encore quelques problèmes de rythme à cause des changements de gameplay et de la longueur variable de ceux-ci, globalement, on s’amuse et le scénario nous tiendra en haleine même s’il laisse beaucoup de vides, la faute entre autres aux voyages temporels. Mais tout porte à croire que l’on aura droit à un Evoland 3 dans les années à venir, en espérant que l’on aura pas affaire au serpent qui se mord la queue. Evoland 2 reste suffisamment perfectible pour ne pas avoir besoin d’une suite qui s’autoréférence sans arrêt.

critique-evoland2-7

L'avis général

  • Le nombre et la diversité des gameplays abordés
  • Les ères en 2D ont du charme...
  • Les musiques de meilleure qualité...
  • Y'a une référence à Kaamelott...
  • Le scénario plutôt sympa qui m'a rappelé que je devais jouer à Chrono Trigger
  • Pas mal de bugs gênants à la sortie (patchs réguliers)
  • ...contrairement à une 3D franchement fade
  • ...mais certaines toujours aussi répétitives
  • ...pour combien de références ultra lourdingues
  • Le début franchement long symbolisant un manque général de rythme
Si Evoland 2 est perfectible en de nombreux aspects, il reste néanmoins nettement supérieur en tous points au premier opus. Plus long, plus varié, justifiant ses choix de gameplay par un scénario globalement soigné, Shiro Games a appris de ses erreurs pour nous servir un jeu bien plus personnel malgré le nombre d’inspirations toujours plus grandissant. À tel point que la plupart des références nous seront balancées à la figure comme une blague bien grasse faite par notre oncle bourré lors d’un repas de famille. C’est dommage, mais ça n’enlève rien au fait qu’Evoland 2 reste très sympathique à parcourir et même à finir à 100% une fois que l’on aura passé une introduction un poil trop longue, premier signe d’un certain manque de rythme survenant par instants.