TEST VIEW
  • Développeur : Shiro Games
  • Editeur : Shiro Games
  • Site Web : PAL
  • Version testée : PC
  • Classification :
    Sigle âge 3 ans et plus
    Francaise : 04/04/2013
    Americaine : 04/04/2013
    Japonaise : nc/nc/nc
  • Exclusivitée
  • PEGI :

Evoland HD

Rédigée par

55 ans. C’est le temps qui nous sépare du « premier » jeu-vidéo, Tennis for Two, créé par William Higinbotham, un physicien nucléaire, en 1958 et qui fonctionnait sur un oscilloscope. Autant dire que les choses ont bien évolué depuis ! Mais la date qui intéresse surtout l’équipe de Shiro Games, c’est 1986, date de sortie au Japon du légendaire The Legend of Zelda et dont Evoland est un vibrant hommage, à lui comme à d’autres. Cependant, un jeu vidéo, aussi nombreuses ses références aux grands soient-elles, se doit également d’avoir sa propre personnalité et surtout, d’être amusant. Evoland parviendra-t-il à éradiquer le mal du jeu pourri ? Réussira-t-il à accomplir la prophétie du million d’exemplaires vendus ? Vais-je continuer à faire des questions rhétoriques et des métaphores minables ? Réponse immédiatement.

Evoland

Here comes an old challenger !

Evoland premier du nom plaçait déjà les bases de cette version HD.

Evoland plaçait déjà les bases de cette version HD.

Certains d’entre vous ont peut-être déjà joué à Evoland, tout du moins, dans sa version flash parue en été 2012 suite à la Ludum Dare #24, une compétition où les concurrents ont 30h pour programmer un jeu avec un thème imposé, cette année-là, c’était l’évolution. Et autant dire qu’il mérite sa première place tant le thème est respecté. En effet, Evoland retrace en environ une demi-heure de jeu l’évolution du jeu vidéo à la Zelda, notamment l’évolution technique. Par exemple, vous commencerez en ne pouvant vous déplacer que dans 4 directions sans scrolling, puis vous débloquerez les 256 couleurs, enfin les ennemis, ainsi de suite jusqu’à finalement sauver la princesse. En plus d’être le lauréat parmi plus de 1400 jeux, Evoland a rencontré un succès auprès d’environ 300.000 joueurs en quelques mois. Et la suite logique de ces évènements, c’est la création d’un projet de plus grande envergure, destiné à sortir sur PC, MAC et iOS. Quand la passion rencontre le succès.

Ces coffres débloquent les MAJs. Ouvrez les tous !

Ces coffres débloquent les MAJs. Ouvrez les tous !

Evidemment, puisque le concept reste le même, ceux qui auront joué à la première version ne seront nullement dépaysés, le premier quart d’heure de jeu ressemble énormément à Evoland Flash. Heureusement, vous comprendrez bien vite que vous n’avez pas payé 10 euros pour avoir une jolie icône trônant fièrement sur votre bureau, mais bien à un véritable jeu. En effet, on atterrit rapidement sur une carte du monde qui ravira les fans de J-RPG à la Final Fantasy autant dans le design que dans les monstres rencontrés. Slim, Choboko (non, ce n’est pas une faute de frappe) et même plantes piranhas un peu plus tard, le nostalgeek appréciera le clin d’œil. En revanche, le hardcore gamer qui aime faire du leveling au lieu de s’occuper de sa petite-amie sera profondément déçu. Certes, il y a la présence d’un système de niveau, mais comme beaucoup d’autres éléments du gameplay, il s’agit uniquement d’une référence, un élément qui a changé le J-RPG à l’époque mais qui a contrario, ne modifie absolument pas notre expérience de jeu dans Evoland. Autre fait étrange, alors qu’on débloque les combats au tour par tour, voilà que quelques minutes de jeu plus tard, on se retrouve dans un donjon digne des Zelda 2D. Pour le coup, on n’ira pas s’en plaindre, ces séquences étant beaucoup mieux réussies, même si les énigmes ne cassent pas 3 pattes à un canard de Duck Hunt (note de Ristou : Onilane sera flagellé pour cette vanne pourrie).

Attaque. Soin. Voilà la stratégie ultime.

Attaque. Soin. Voilà la stratégie ultime.

Malheureusement, les donjons restent encore une fois très superficiels par rapport à un véritable jeu d’aventure/action. Et on touche ainsi au véritable défaut d’Evoland : le gameplay reste en surface, s’amuse à effleurer du doigt les différents concepts sans jamais y plonger entièrement. On espère secrètement découvrir un coffre contenant une nouvelle mise à jour, complexifiant ainsi si ce n’est les combats, au moins les énigmes, mais non, on se retrouve à pousser des blocs sur des boutons puis devant un grand méchant scripté au possible dans sa phase RPG. Et si ici, il nous parait trop simple, le boss concluant la phase hack’n slash à la Diablo pourra en rebuter plus d’un, puisque qui dit absence de profondeur dit bourrage d’espace pour espérer le tuer plus vite qu’il ne nous tuera. Pas d’objets, pas de sorts, rien que votre bouton d’attaque, votre épée, et votre sexe en main, qui a la mi-molle pour le coup (note de Ristou : on oublie la flagellation, ça risquerait de l’exciter…).

Continue ?

Les donjons sont très "zeldaesques".

Les donjons sont très « zeldaesques ».

Alors, si le jeu s’essouffle rapidement, est-il pourtant bon à jeter dans la corbeille virtuelle ? Et bien non, déjà car le jeu est suffisamment « court » pour qu’on ne se rende compte de ces défauts que vers la fin de notre aventure, en plus des quêtes annexes (collecte d’étoiles, de cartes, donjon secret) et au moins, on a envie de terminer Evoland, ce qui n’est pas le cas de tous les jeux. Et puis finalement, on esquissera presque toujours un sourire à la lecture des descriptions des mises à jour, véritable ode à l’autodérision et à la nostalgie. Car le jeu est rempli d’humour, de petites phrases amusantes ou encore de noms de personnages connus à peine dissimulés (Kaerith, Sid, non toujours pas ?). Même chose pour le design, empruntant tantôt d’un jeu ou d’un autre, mais toujours mignon comme tout, comme à l’époque où la HD qui nous permet aujourd’hui de compter le nombre de tripes qui giclent d’une fatality n’existait pas. En revanche, on oubliera vite les musiques, si celles-ci décident un jour de sortir de notre esprit. Alors oui, je sais que dans les années 80, avoir un loop de plus de 30 secondes relevait du luxe, mais franchement, c’est un des points sur lesquels on aurait aimé un style plus 2010, un peu moins RPG Maker, et plus recherché. Seules les musiques de combats sortent un peu du lot. Mais juste un peu.

Haha ! Quand je vous dis que les textes sont drôles !

Haha ! Quand je vous dis que les textes sont drôles !

A mieux regarder ses qualités et ses défauts, Evoland ne se voudrait-il pas finalement plus leçon d’histoire que véritable jeu vidéo ? La question est légitime. Mais là aussi, le constat n’est pas aussi facile. De la même manière que le gameplay qui ne sait pas vraiment ce qu’il veut, l’équipe de Shiro Games donne l’impression pour le coup d’avoir voulu en faire trop. A vouloir parler de tout, on a devant nous un résumé plus qu’un véritable cours. Cela aura néanmoins l’avantage de nous donner envie de (re)découvrir tous ces jeux cultes dont Evoland se fait plus ou moins le porte-parole.
Finalement, Evoland est sympathique et ne manquera pas de toucher les vieux de la vieille et pourquoi pas, d’initier les plus jeunes au rétrogaming grâce, entre autres, à un gameplay simplifié et à un univers coloré. Et tel l’enfant qui rentre de l’école et tente de restituer pêle-mêle ses connaissances acquises dans la journée, Evoland nous montre qu’il a tiré ses enseignements des plus grands mais qui lui manque la maturité pour en faire partie. C’est de ses erreurs qu’on apprend et je souhaite que si prochain jeu il y a, Shiro Games se sentira peut-être pas moins ambitieux, mais au moins plus réfléchi sur son orientation.

L'avis général

  • L'humour
  • Le design mignon
  • Les références et l'aspect nostalgie
  • Suffisamment différent du jeu flash pour justifier l'achat
  • Aucune profondeur dans les différents gameplays abordés
  • Les musiques répétitives à souhait
Le passage de jeu flash au rang de jeu à part entière pour Evoland constitue un résultat en demi-teinte. L’aspect rétro est toujours aussi fidèlement bien retranscrit, et les développeurs arrivent parfaitement à nous rendre nostalgique de la belle époque grâce à un humour omniprésent et à de nombreuses références. Néanmoins, à trop vouloir rendre hommage aux œuvres majeurs du RPG et du jeu d’aventure (Final Fantasy, Zelda, Diablo, pour ne citer qu’eux), Evoland en devient superficiel dans son Gameplay. Ainsi, les combats au tour par tour sont dénués de toute stratégie et les énigmes sont sans originalité. Alors Evoland a-t-il voulu trop en faire ? C’est ce que je m’évertue à croire, car la démarche de Shiro Games est louable et la transition de jeu flash en véritable production témoigne du désir des développeurs de compléter un peu plus cette leçon d’histoire. Le problème, c’est qu’à force de naviguer entre tous ces concepts, le navire Evoland commence à prendre l’eau, heureusement, pas jusqu’au point de couler à pic, et c’est encore ça le principal.