Le jour où Miyamoto a découvert un fusil de chasse dans Donkey Kong 64Capsule Temporelle

Rédigé par

 

LE JOUR OU MIYAMOTO A DECOUVERT UN FUSIL DE CHASSE DANS DONKEY KONG 64 !


Si Miyamoto ne s’y était pas opposé, DK aurait eu un vrai fusil de chasse plutôt qu’un lanceur de noix de coco dans Donkey Kong 64.

Shigeru Miyamoto est connu comme l’un des plus grands artisans game designer de Nintendo ; On lui doit rien de moins que certaines des licences les plus culte de la firme nipponne. Papa entre autres de Donkey Kong, Mario, Zelda, Starfox, Metroïd ou encore Pikmin, il a incontestablement marqué le parcours vidéoludique de nombreux joueurs issus de toutes les générations. Il est aussi celui qui a prononcé la mythique phrase : « Un jeu retardé sera peut-être bon un jour, un mauvais jeu sorti sera toujours mauvais ».

Adoré par les gamers pour tout ce qu’il représente et surtout tous les univers qu’il a créés, Miyamoto San est paradoxalement l’un des chevaliers les plus extrémistes de Big N quand il s’agit de faire respecter l’image lisse, familiale et tous publics de la marque. Ainsi, quand les équipes de Rare, dans Donkey Kong 64, ont voulu donner au roi de la jungle un vrai fusil de chasse avec des bruitages réalistes, il a immédiatement posé son véto. Telle est la raison pour laquelle DK s’est finalement retrouvé avec son emblématique « crache-coco », coconut-gun dans la langue de Shakespeare.

 

 
 

L’anecdote nous vient de George Andreas, le directeur créatif du jeu qui donnait une interview dans les colonnes de Gamesradar, à l’occasion du vingtième anniversaire du jeu. Il raconte :

Miyamoto-san, Iwata-san et Howard Lincoln – président de Nintendo America à l’époque – sont venus dans notre nouveau studio. Nous avons lancé le jeu, ils ont découvert le DK rap, puis j’ai commencé à jouer. Je me suis balancé sur des lianes, ramassé des bananes et tous ont commencé à sourire. Après quoi, j’ai appuyé sur le bouton pour sortir le pistolet. Ce n’était pas un gun dessiné comme on aurait pu s’y attendre, mais bien un fusil de chasse réaliste avec des balles qui fusaient avec des effets sonores horribles. […] Je me suis tourné sur le côté et j’ai vu ce regard horrifié sur le visage de Miyamoto ! Juste après, il a souri, a pris du papier et un crayon, puis a dessiné le fameux pistolet à noix de coco devant nous. Il me l’a tendu, je l’ai regardé et j’ai dit ‘Oh ouais, c’est cool, on va mettre ça’ et le « coconut gun » a été mis en place après ça.

Donkey Kong aurait pu être bien plus badass !

 

Quand bien même de nombreux moddeurs s’amusent aujourd’hui à réaliser des FPS réalistes et sanglants avec Mario, Link ou encore les Pokemon, il est vrai qu’on a du mal à imaginer Donkey Kong tirer pour de vrai sur des castors dans la jungle, celle-ci étant qui plus est un espace protégé. Force est d’admettre que Monsieur Miyamoto a vu juste sur ce coup. En revanche, l’Histoire ne nous dit pas si c’est ce coup de frein des cadres de Nintendo qui a motivé Rare à développer deux ans plus tard un jeu aussi irrévérencieux et border line que Conker’s Bad Fur Day