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Troll du Mois #02 : La guerre des NavetsTroll

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Troll du Mois #02
Troll du Mois #02

C’est une tactique bien connue

Pour notre prochain sermon, nous allons rentrer dans le vif d’un sujet particulier. Nous allons parler d’une catégorie de jeux qui m’exaspère autant que les feuilletons politiques de la télévision (J’ai plus de télévision depuis longtemps, faites en autant ne serait-ce que pour fister le fisc). Ces derniers se donnent l’air d’être intéressants alors que leur but est de détourner l’attention et de faire de la publicité à leur auteur : un marketing bien rodé, la suite d’une histoire déjà connue ou une innovation qu’on vous vend comme la nouvelle nouveauté. On vous sert un minable réchauffé alors que le but final n’est que de vous empoisonner corps et âme en dénaturant votre sens du beau et du vrai. Nous y voici : Il est des jeux qui jouissent d’une réputation indéboulonnable alors que ce ne sont que des escroqueries (comme nos mères). Toute la communauté vidéoludique se masturbe sur ces mastodontes, encense leurs différentes vertus, glorifie leur contenu ou leur gameplay pourvus d’une surpuissance divine indéfinissable. La vérité, c’est que c’est de la merde.

Winrar

For Great Justice !

Allez, je vais pas vous insulter en vous parlant d’Assassin’s Creed, de Bioshock ou de Skyrim, on sait tous que ce sont des jeux pour attardés. Question de casualisation, c’est moins prise de tête d’y jouer à Skyrim : tu cours dans la lande, à poil avec ton épée à deux mains au clair, tous les glands que tu croises te disent que tu es l’élu alors qu’IRL t’es un minable au fond de toi, c’est bien pratique quoi. On n’ est pas dans Planescape où à la fin on te dit que c’était bien cool, que t’as pris la responsabilité de ton statut d’Humain et que maintenant tu vas devoir payer l’addition… Bref, attardons nous plutôt sur ceux que personne n’osera jamais rejeter car ils sont aussi vénérables que Sartre et voyons dans le même temps lesquels sont pour leur part victimes d’une sous-notation dans la même catégorie. Voici trois exemples significatifs.

Starwing (SNES) / Lylat Wars (N64)

En voilà un jeu qu’on peut pas dire du mal sur lui. Le point focal de toute cette agitation est la prouesse honorable au demeurant d’avoir pu placer de la 3D sur Super Nes. Et après quoi ? La maniabilité made-in « Natendo » est  plus que passable, le soft est court et facile comme c’est pas permis, à la même époque une fois n’est pas coutume, on a fait beaucoup mieux sur PC. L’ambiance rend assez mal étant donnés les dialogues simplistes. Ça fait partie de ces jeux à la légende non méritée qui n’ont de gloire que parce que les joueurs de l’époque n’avaient pas fini leurs dents.

Inversement, une bien plus belle réussite est sa suite sur la 64, Lylat Wars. Les défauts de l’opus précédent sont bien érodés et là, on peut parler de crédibilité au niveau de l’univers et de la maniabilité. Le challenge est déjà un peu plus intéressant grâce aux modes de difficulté superposés sur les routes censées elles-mêmes être plus ou moins ardues. Pourtant il a souvent reçu des critiques moins élogieuses, pour les raisons qui auraient du être imputées originalement à Starwing.

La faute au fait que l’innovation est plus respectée que la maîtrise : vous pouvez faire de la daube du moment que c’est nouveau, le tout c’est de briser (ou plutôt d’accompagner, de révéler, ce qui veut bien dire que ça n’a d’innovation que le mot) le Zeitgeist. Ce dernier est bien le nerf de la guerre en ce qui concerne le succès auprès du grand public. Savoir lire le mouvement de la mode pour proposer un produit qui correspond aux attentes sans pour autant briser les habitudes, c’est le secret de la réussite. Ça donne au consommateur un minimum de sensations tout en lui conférant l’impression d’être unique ou avant-gardiste. On suscite quelque part un besoin qui est déjà présent en potentialité. Si le public se connaissait mieux, ce genre de pirouettes ne prendrait pas. C’est le genre de techniques le plus souvent utilisées par les boites indépendantes qui font dans la fausse originalité et les bobos du jeu vidéo, qui sont une race de faux polémistes de plus en plus fréquente, apprécient tout ce qui est en odeur de « do it yourself by others » pseudo borderline.

Dragon Age (PC) / Gothic 2 (PC)

Si je me souviens bien, c’est ce jeu de rôle sorti y’a trois-quatre ans aussi profond que le quotient émotionnel d’Arielle Dombasle. Je me souviens oui, de la branlette épique à laquelle il avait eu le droit, ovationné comme le nouveau messie : Ce n’était qu’un petit gourou revanchard qui voulait redonner de la crédibilité à son Dieu alors qu’elle était en chute libre. Bioware, pourquoi, toi qui a carrément développé deux moteurs de jeu qui étaient comme l’aurore de l’infinité dans mes yeux, toi qui a quand même enfanté quelques bons crus, pourquoi m’avoir produit ces deux bouses que sont Mass Effect et Dragon Age, les deux frères maudits ? Toute ton âme s’est envolée chez Obsidian c’est ça ? (Eux ont par contre enfanté un très bon jeu avec Neverwinter Nights 2, je parle des extensions, pas de la galette d’origine hein). Tous consanguins là dedans, comme dans les grandes écoles.

Soyons sérieux : Des combats bourrins au possible où tu fonces dans le tas, un graphisme quelconque sans aucune personnalité et un background pauvre comme c’est pas permis, une histoire carrément attendue, linéaire et aussi mystérieuse qu’un scénario de série américaine à suspense, des réponses de dialogues d’une intelligence rare du genre « Moi méchant » ou « Moi gentil » qui nous font bien penser que notre intelligence monochromatique est là pour nous donner l’illusion du choix,  des PNJ à la complexité psychologique digne d’un quidam de la rue fan de télé-réalité, ils ont même décidé de nous mettre un payday et des scènes de saixe, si ça c’est pas de l’hameçonnage commercial, je ne m’y connais pas. T’es un jeu de rôle toi ? Pour les amerloques débiles sûrement, pour un type sain d’esprit t’es un jeu mi-action mi-hack’n slash avec des éléments de jeu de rôle destiné à la console. Le multi-plateforme nous a encore tués.

A wild foot appears

A wild foot appears ! o.o’

Un modèle du genre quand il s’agit de foirer et le patron de tous les jeux de rôles récents. Poubelle.

Le cas miroir : Gothic 2. Assez mal ou moyennement reçu par la critique pour diverses raisons plus ou moins légitimes (C’est à peu près le même cas que pour Vampire Bloodlines), celui-là, c’est un vrai jeu de rôle comme on les aime. C’est un peu l’inverse du précédent, on touche plutôt au modèle du genre : Histoire intéressante et background de fou, contenu riche et varié, une ambiance parfaitement maîtrisée, évite l’assistanat et récompense le joueur impliqué et persévérant. On regrettera la forme trop perfectible, surtout qu’il a vieilli (Pas de problème, les patchs officieux sont là), mais qu’est-ce qu’on s’en fout devant tant de profondeur ? Aller hop, sur l’étagère de la classe !

Ici le problème concerne non pas la fausse innovation mais plutôt la grasse adaptation aux principes véhiculés par la pensée dominante. C’est la technique la plus employée actuellement car elle permet non pas de flouer le public faussement intellectualisé et averti mais plutôt d’entuber le grand nombre à coup de blockbusters, si on peut y ajouter le prestige d’une ancienne licence ainsi qu’un côté progressiste pour prouver qu’on est trop dans le coup, c’est encore mieux.

Athéisme (IRL) / Théisme (IRL)

Faut vraiment être un gland pour être athée y’a pas à dire. Si on fait preuve d’un minimum de rigueur intellectuelle et qu’on n’a pas la sensibilité d’une crevette, ça devient une évidence naturelle eu égard au nombre fleurissant d’arguments abondants dans ce sens. Je ne vais pas perdre mon temps à vous parler de l’évidence d’autant que ce n’est pas le lieu. Néanmoins ces deux jeux philosophico-théologiques sont bien inégaux. Le premier a été fabriqué par une team compétente et le second par un groupe d’attention whores, qu’on se le dise. La lassitude, le manque d’imagination et l’orgueil infantile d’une humanité désabusée et matérialiste qui a régressé dans un pseudo-intellect narcissique n’y changeront rien.

 Prends ça, pourfendeur de navets !

Fatherhood

You’re doing it wrong !!!1

Il est difficile d’être exhaustif. J’aurais pu citer la série des GTA qui est un cas d’école typique. Ce jeu est débilitant au possible et n’a strictement aucun intérêt si ce n’est donner la gaule au jeune fumeur de joints de quinze ans qui lui aussi, aimerait bien être un caïd et ainsi faire n’importe quoi dans les rues pour prouver qu’il a la plus grosse (Faut dire que casser des gueules à des types avec une batte, baiser des putains et vendre une voiture volée c’est totalement classe pour ces ignorants imbéciles), ce doit être l’équivalent masculin des Sims. De vagues séries de mini-jeux d’un ennui mortel, un avatar aussi ridicule que la jaquette, un dépaysement unique nous permettant de visiter une métropole moderne, tu peux même tuner ta caisse… J’crois que dans le genre jeu bac à sable répétitif et vide dans la peau d’une minorité visible, je préfère encore Assassin’s Creed, c’est dire… Ce qui au final m’ennuie le plus dans GTA, c’est cette insistance actuelle à incarner des anti-héros dans un monde désespérément « réaliste », ton rêve s’arrête au pas de ta porte vieux, « the sky is the limit, yolo tmts ».

DCCSN

Toi aussi jeune surfeur de l’internet, tu peux le faire… ;)

Ça me rappelle cette mode actuelle dans les dessins animés qui s’échine à ridiculiser les contes de fées classiques : On parodie le monde moderne avec quelques anachronismes verbeux, on inverse la polarité naturelle des choses en plaçant le mâle dans la position d’un demi-homosexuel et on excite le girl-power de la féministe en te serinant que ouais « les femmes ont toutes un pouvoir caché en elles qui surpasse de loin tout ce qu’un mâle peut imaginer ». Toi aussi tu peux consommer grognasse ! Sois femme : fais comme les hommes et vautre toi dans la boue de l’adultère, de la partouze, sois une golden-woman ! Vive le mindfuck grossier quoi, en même temps t’as eu six à ton bac de philo. D’ailleurs, j’ai rarement vu un média qui ne traîne pas l’archétype féminin dans la boue. Même si je reconnais volontiers le charisme d’une Shodan, je vais préférer citer Momohime qui, malgré ses cuisses à l’air, a réussi l’indéniable exploit de ne pas passer pour une coconne hystérique, une salope exhib’ ou un garçon manqué. Remarque c’est ptêt parce qu’elle est possédée par l’esprit d’un samurai alcoolique ? Non allez, même à jeun elle est pas mal, tout comme la reine des fées d’ailleurs…

Punaise, entre parenthèses notre entretien me fait penser que j’ai vu « Les mondes de Ralph » récemment. Dans le genre vas-y que je te drague les pseudo-geeks modernes, merci. Y’a plus de publicités dans ce film qu’à Las Vegas. Le pire scénario que j’ai vu, j’ai pas tenu jusqu’au bout. Je l’ai rangé à coté des seuls films que j’ai pas pu finir : Dragon Ball Evolution, Twilight et Double Zéro, c’est dire le niveau… Même la récente conférence de Sony avait plus de contenu. A quand les DLC ?

D’autres injustices existent en plus des deux types les plus connus utilisés plus haut : Par exemple, les jeux bien ou assez bien notés par la presse, populaires chez les connaisseurs mais au succès commercial désastreux, oui, quelques bons jeux noyés dans une mare de daubes qu’il faut supporter pour trouver la perle rare…

Courage Wolf

Laissons la parole à mon familier… :)

Dans ce domaine, il y en a pléthore : Le masque de Majora, considéré à tort comme un ratage comparé à Ocarina of Time alors qu’au niveau de la créativité et de l’intensité émotionnelle il lui est bien supérieur. Light Crusader développé par nos potes de chez Treasure (ça existe les bonnes équipes vous savez…), foireux au niveau commercial mais tout à fait intéressant au niveau du contenu avec son système de création de magie et ses énigmes à la difficulté très bien dosée. On peut aussi citer Darkstone de Delphine Software (Cocorico. T.T) qui était meilleur que Diablo 2 lui-même (et antérieur d’un an) et possédant une rejouabilité intelligente avec un système de quêtes distribuées aléatoirement ainsi que des donjons dynamiques qui popaient au moment du chargement. Sinon je peux finir au hasard sur Nocturne qui est devenu absolument introuvable en Français sur le web et qui pourtant, malgré ses problèmes de caméra, mérite bien le détour pour son ambiance parfaitement maîtrisée (à coté, Résident Evil c’est pour les gamines de 12 ans…).

Attends, en voilà un de jeu sous-noté par les sous-développés :

Outside

C’est vraiment un superbe jeu et y’a pas mal de m00bs à faire l00ter.