Nintendo : l’exemple à suivre du management « à la Mario »Capsule Temporelle

NINTENDO : L’EXEMPLE À SUIVRE DU MANAGEMENT « À LA MARIO »
Le saviez-vous ? Mario n’est pas seulement un excellent plombier, il a aussi des compétences managériales insoupçonnées qui prennent l’industrie du jeu vidéo à contrepied.
On peut légitimement reprocher tout ce qu’on veut à Nintendo : ses politiques tarifaires sur les jeux et mises à niveau Switch 2, sa communication bancale sur les Game Key Cards, la qualité de sa structure réseau, ses portages fainéants vendus plein pot et ses Nintendouilles en tout genre, mais s’il y a bien une chose (outre la qualité générale de leurs jeux) dans laquelle ils sont vraisemblablement irréprochables, c’est bien sur la gestion et le management des équipes de développeurs de ses studios first party.
À l’heure où l’industrie du jeu vidéo licencie à tour de bras et ferme des studios à la pelle, la faute souvent à des choix stratégiques et éditoriaux désastreux, la firme de Kyoto fait figure d’anomalie dans un secteur vidéoludique à la peine. Toujours fidèle à sa philosophie de « Nintendo Difference », Big N s’emploie plutôt à cultiver un management positif et bienveillant au sein de ses équipes. Au diable le crunch, les deadlines intenables, la casse sociale et les tableaux Excel qui excitent les marketeux, ce qu’ils cherchent eux, c’est avant tout à faire des bons jeux dans la joie et la bonne humeur.
Et là, je vous vois déjà me tomber dessus en me disant : « Mais qu’est-ce que tu racontes ?! Comme toute entreprise, ce que cherche Nintendo, c’est d’abord de brasser toujours plus de pognon, et dans la société japonaise, le droit du travail et le bien-être des salarymen ne sont pas vraiment ce qu’on peut appeler une priorité. Et vous aurez raison… Du moins en partie. Car s’il y a effectivement beaucoup à redire sur les dérives de la dictature du travail dans la société nipponne et que le but premier d’une grosse compagnie reste bien entendu de faire toujours plus de bénéfices, je maintiens que Nintendo a réussi à intégrer ses objectifs de chiffres et d’exigence professionnelle dans une logique managériale positive. La preuve avec ce que j’appelle « le management à la Mario ».
SUPER MARIO MANAGER
C’était à l’aube de la sortie de Super Mario Wonder sur Nintendo Switch en octobre 2023 : le producteur du jeu, Takashi Tezuka, et son directeur, Shiro Mouri, avaient donné une interview au site WIRED. Et durant cet échange, comme le rapportent nos amis de chez Nintendo Master, ils ont pu revenir en détail sur les coulisses du développement du jeu et son processus de création.
On apprend alors que Nintendo n’aurait imposé aucune deadline au développement du jeu et n’aurait jamais mis la pression sur les développeurs. La seule exigence de la maison mère envers ses employés ? « Laissez libre cours à votre créativité.« En faisant appliquer cette philosophie du game design à la lettre, Big N avait pour seule préoccupation que le jeu soit excellent manette en main, et ce peu importe le temps que ça prendrait. Loin de toute pression mise par le temps, l’équipe s’est alors impliquée de tout son cœur à donner au jeu tout son sel. En effet, le gros des discussions en interne était de tout faire pour surprendre les joueurs à chaque niveau en les remplissant de secrets cachés et d’easter eggs en tout genre. Et le brainstorming a vraisemblablement porté ses fruits (ou ses fleurs cancan dans ce cas précis !) puisqu’au total, il y aurait eu entre 1000 et 2000 idées mises sur la table par les équipes ! Évidemment, toutes n’ont pas été gardées et certaines ont dû irrémédiablement être mises de côté, mais quand on constate que le jeu a été fait dans une telle ambiance, on comprend aisément la vibe unique et le sentiment de liberté si particulier qui font tout le charme du produit fini.
Pour Takashi Tezuka, il fallait aussi que les joueurs aient envie de jouer longtemps longtemps au jeu, qu’une fois terminé une première fois, ils y reviennent et prennent plaisir à refaire des niveaux encore et encore pour y découvrir de nouveaux secrets. Pour matérialiser de telles ambitions, il a carrément demandé à ses équipes de se débarrasser de toutes leurs certitudes concernant Mario. Le leitmotiv en question ? « Si vous pensez qu’une idée ou un élément a l’air fun, alors ils vont l’être. Faites-les. »
Et plus de deux ans après sa sortie initiale, le voilà même qui s’apprête à revenir sur le devant de la scène avec une édition Switch 2 nommée Super Mario Bros. Wonder – Nintendo Switch 2 Edition +. Rendez-vous au parc Bellabel avec une sortie prévue pour le 26 mars. Oui, son titre à rallonge fait mal à la tête (pas autant que toutes les digressions des fleurs cancan !), mais soyez sûr que, grâce au management « à la Mario » qui l’a façonné, cette nouvelle escapade deluxe au Royaume des Fleurs saura soigner tous vos maux, sans exception.
