Resident Evil devait initialement s’appeler « Psycho »Capsule Temporelle

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RESIDENT EVIL DEVAIT INITIALEMENT S’APPELER « PSYCHO »


On vous pose la question : auriez-vous autant apprécié la saga Resident Evil si celle-ci s’était appelée autrement ?

S’il ne s’adresse évidemment pas à tout le monde (et surtout pas aux âmes sensibles), le genre du survival horror, horreur et survie en français, figure incontestablement parmi les plus grosses niches de jeux vidéo de tous les temps. En regardant la liste de jeux authentiques de cette typologie du site référence du genre, survivalhorrors.com, on en dénombre pas moins de 211 depuis 1992, et ce sans compter tous ceux déjà annoncés qui restent encore à paraître. Celle-ci, bien que suffisamment révélatrice pour être prise au sérieux, n’est cependant pas tout à fait exhaustive puisqu’elle ne mentionne pas Sweet Home, le premier jeu d’horreur de Capcom sorti en 1989 sur NES, un titre basé sur le film éponyme de Kiyoshi KUROSAWA sorti la même année. Pour autant, le chef de file de cette grosse niche reste tout bonnement incontestable. Vous l’avez deviné, il s’agit bien sûr de la saga Resident Evil.

Rien qu’à elle seule, cette saga horrifique légendaire entamée en 1996 compte 32 titres à son actif (en y intégrant les différents remakes, ses deux prochains opus à venir : Resident Evil Requiem et Resident Evil Survival Unit (sur mobile). Autre chiffre révélateur, les ventes totales stratosphériques de la franchise (hors films) qui s’élèvent à 178 millions d’unités écoulées à ce jour (chiffres de 2025 d’après VGCharts). Une fois qu’on a dit ça, une question se pose alors : la licence aurait-telle eu le même succès si elle avait porté un autre nom ?

PSYCHOSE MALÉFIQUE

En bons franchouillards, on est fiers de clamer que la première inspiration vidéoludique de Resident Evil soit Alone in the Dark, le chef-d’œuvre horrifique du programmeur de génie Frédérick Raynal. Pour ce qui est de ses muses cinématographiques, elles sont multiples. Il y a d’abord George Romero, le cinéaste américain maître des films de zombies bien sûr, mais pas que. Shinji Mikami, le créateur de la série, a ainsi fait savoir que l’héritage du maître du suspense Alfred Hitchcock avait grandement façonné sa vision de la narration visuelle. À tel point qu’il a d’abord envisagé d’appeler son projet de jeu d’horreur « Psycho« , en référence directe au film du réalisateur britannique sorti en 1960 (traduit Psychose en français). Mais sans doute pour des questions de droits d’auteur (ou peut-être par peur de se faire attaquer par une nuée d’oiseaux tueurs), il a dû se résoudre à trouver un autre nom.

Pour celles et ceux qui n’auraient pas vu ce classique du cinéma d’horreur, voici son synopsis officiel relayé par Allociné.

Marion Crane en a assez de ne pouvoir mener sa vie comme elle l’entend. Son travail ne la passionne plus, son amant ne peut l’épouser car il doit verser une énorme pension alimentaire, le laissant sans le sou… Mais un beau jour, son patron lui demande de déposer 40 000 dollars à la banque. La tentation est trop grande, et Marion s’enfuit avec l’argent.

Très vite la panique commence à se faire sentir. Partagée entre l’angoisse de se faire prendre et l’excitation de mener une nouvelle vie, Marion roule vers une destination qu’elle n’atteindra jamais. La pluie est battante, la jeune femme s’arrête près d’un motel, tenu par un sympathique gérant nommé Norman Bates, mais qui doit supporter le caractère possessif de sa mère.

Après un copieux repas avec Norman, Marion prend toutes ses précautions afin de dissimuler l’argent. Pour se délasser de cette journée, elle prend une douche…

Aussi marquée soit cette inspiration, le jeu s’appellera finalement « Biohazard » (バイオハザードBaiohazādo) au Japon. Une référence évidente à la « contamination » dont il est question dans la saga. Problème, au moment de l’exporter hors des frontières du Pays du Soleil Levant, il dut être rebaptisé, la faute au groupe de métal américain qui portait le même nom. Quel est le problème, me direz-vous ? Eh bien au-delà du procès potentiel que ce vol de nom aurait pu engendrer, le groupe de métal n’a pas non plus une excellente réputation, notamment à cause des paroles de sa première démo diffusée en 1988, ayant une connotation fasciste et raciste. Quand bien même ces accusations ont ensuite été démenties par les membres du groupe, Capcom n’a visiblement pas souhaité prendre le moindre risque.

Après mure réflexion, le jeu sera donc nommé Resident Evil en Occident. Une appellation un peu plus « ringarde » selon les dires de Mikami lui-même, car rapportée au jeu, elle n’a pas vraiment de sens, mais « sonnait bien » en anglais. En français par contre, c’était pas trop ça, et on remercie infinimement les équipes de traduction francophones de ne pas avoir cédé à la tentation de franciser le nom. On est d’accord, « Résident méchant », c’est pas fou comme nom.

Toujours est-il qu’à défaut d’avoir pu en reprendre le nom, Mikami a tout de même tenu à glisser quelques inspirations de Psychose dans ses jeux. Parmi les plus évidentes, on a par exemple la manière dont Alfred Ashford se travestit en sa sœur Alexia, qui est similaire au déguisement de Norman Bates dans le film. Dans Psychose II également, il y a une scène où Norman Bates joue la Sonate au clair de lune de Beethoven au piano dans la maison des Bates. Une scène marquante qui se retrouve également dans l’ADN du premier Resident Evil. De nombreuses autres références à Psycho sont également faites dans Resident Evil : Code Veronica.

La suite fait partie de l’histoire et Resident Evil est devenu l’un des piliers incontournables du survival horror. 30 ans après sa création, la saga continue à nous donner des sueurs froides, cela même si les développeurs du prochain opus, Resident Evil Requiem, ont été incapables de dire à l’avance si celui-ci ferait peur aux joueurs.