Silent Hill

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Silent Hill est une des franchises phares du survival-horror dans le jeu vidéo. Éditée par Konami, la série débute en 1999 sur la console de Sony et propose pour chacun de ses épisodes d’incarner un personnage aux apparences de monsieur Tout-le-Monde, évoluant dans un paysage à la fois brumeux, hostile et malsain. Souvent à la recherche d’un proche, le protagoniste est leurré par des réalités changeantes et apparitions angoissantes. L’action est mise de côté pour laisser place à la survie et la terreur. La série marque le public par sa façon de traiter la peur, psychologique et sensible. Les épisodes ne se déroulent pas tous dans la ville de Silent Hill, mais leur histoire ou celle de leurs personnages sont forcément liées à celle-ci. Les jeux sont parfois reliés entre eux soit par les héros ou PNJ, soit par des clins d’œil. Si le premier volet a été accusé à sa sortie de n’être qu’une pâle copie de Resident Evil, la série a su s’imposer rapidement comme étant très originale, devenant à son tour une référence. Les quatre premiers volets de Silent Hill ont été développés par la « Team Silent » de Konami CE Tokyo, et les suivants par Climax, Double Helix Game ou le Studio Vatra. Fort de son succès, Silent Hill a également connu deux adaptations cinématographiques et de nombreux comics ont été publiés.

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Silent Hill

PlayStation, PSP, PS3, PS Vita | 1999 | Éditeur : Konami | Développeur : Konami CE Tokyo
Silent Hill

C'est en 1999 que sort Silent Hill sur PlayStation. À ce moment là, le genre du survival horror est en plein essor, popularisé par la série des Resident Evil. Alors que ceux-ci privilégient l'action et les effets de surprise, ce premier épisode de Silent Hill se démarque grâce à son ambiance glauque et mystérieuse. L'histoire se concentre sur Harry Mason, un homme à la recherche de sa fille Cheryl, perdue dans l’étrange ville de Silent Hill. Celle-ci est envahie par le brouillard et les monstres. Les graphismes et la technique ne sont pas les points forts du jeu et cette brume omniprésente sert à camoufler la plupart des décors. Le bestiaire est issu du subconscient de l'un des personnages du jeu, Alessa. Nous retrouvons les versions altérées des enfants et adultes qui la malmenaient, des animaux qui l’effrayaient, des créatures de ses livres préférés... Le jeu propose quatre fins qui dépendront des actions effectuées au cours du jeu. Si ce premier opus est techniquement en dessous de son principal concurrent, il marque immédiatement les joueurs grâce à son histoire torturée et son ambiance esthétique et sonore. Les musiques oppressantes collent parfaitement au jeu. Elles sont signées Akira Yamaoka, qui sera le compositeur officiel des principaux épisodes de la série.

Silent Hill 2

PS2, Xbox, PC, PS3, Xbox 360 | 2001 | Éditeur : Konami | Développeur : Konami CE Tokyo
Silent Hill 2

Sorti initialement sur PlayStation 2 en 2001, puis en 2002 dans une version Director's Cut, Silent Hill 2 est très souvent considéré comme l’épisode préféré des fans. L'histoire est inédite et n'a pas de rapport direct avec le premier épisode. Nous découvrons cette fois James Sunderland qui décide de se rendre à Silent Hill, après avoir reçu une lettre de sa femme, pourtant décédée trois ans plus tôt, lui demandant de s’y rendre. Cet opus est beaucoup plus réussi graphiquement que son prédécesseur et exploite à merveille les capacités de la PlayStation 2. Mais encore une fois, le jeu a marqué davantage par son scénario et son ambiance sombre et nostalgique. Le bestiaire est encore plus travaillé, les monstres sont plus dérangeants et malsains que dans le premier épisode. Cette fois en effet, ils sont inspirés du subconscient de James Sutherland lui-même. On retrouve donc des infirmières à la fois sexy et morbides, des monstres semblant être entourés de camisoles, des mannequins affublés de deux paires de jambes... Mais aussi et surtout Pyramid Head, une sorte d'homme violent armé du fameux "grand couteau" et masqué par un casque de forme pyramidale. À la fois profond, troublant et effrayant, Silent Hill 2 est un petit bijou du survival horror. Sa bande son mélancolique va de pair avec l'atmosphère torturée de l'histoire et son scénario assez complexe. Le jeu possède six fins différentes dont deux totalement décalées et humoristiques.

Silent Hill 3

PS2, PC, PS3, Xbox 360 | 2003 | Éditeur : Konami | Développeur : Konami CE Tokyo
Silent Hill 3

C'est en 2003 que sort ce troisième volet de Silent Hill. Au niveau de son scénario, il est la suite directe du titre original mais aussi le tout premier jeu de la série avec un protagoniste féminin. Nous y retrouvons en effet une jeune fille nommée Heather, traquée par son passé la ramenant dans la mystérieuse ville de Silent Hill. C’est un épisode déjà moins psychologique que d'habitude mais davantage tourné vers l'action. Il est cependant considéré comme l'un des piliers de la saga. Graphiquement, c'est encore un pas en avant pour la série avec l'intégration de nouveaux effets qui font froid dans le dos, comme les murs qui semblent saigner et coaguler. Il est à ce niveau là encore plus malsain et horrifique que les précédents. Côté bestiaire, nous retrouvons des monstres en provenance de la mémoire d'Alessa ou de ce que Heather a pu voir au cours de l'histoire : des infirmières cadavériques dans l'hôpital, des obèses cancéreux dans le métro... Silent Hill 3 introduit aussi, par le biais d'un simple sous-entendu, la possibilité que toutes ces créatures pourraient être des humains, victimes du délire du personnage principal. L'épisode contient de nombreuses ressemblances avec le premier jeu de la série, sortes de clins d’œil liant les deux opus. Petite nouveauté, le joueur peut débloquer des costumes et ainsi customiser son héroïne. Silent Hill 3 possède trois fins dont une bonus à caractère humoristique. La version américaine comprenait à sa sortie le CD de la bande son « Silent Hill 3 Official Soundtrack ».

Silent Hill 4 : The room

PS2, PC, Xbox | 2004 | Éditeur : Konami | Développeur : Konami CE Tokyo
Silent Hill 4 : The room

Sorti en 2004 sur PlayStation 2, Silent Hill 4 a la particularité de ne pas se dérouler à Silent Hill même mais dans une ville voisine. Cet épisode est relié aux autres par des anecdotes et des personnages issus de la bourgade maudite tel que Walter Sullivan, cité dans le deuxième opus comme un prisonnier s'étant suicidé avec une cuillère. Dans ce quatrième épisode, nous incarnons Henry Townshend qui se retrouve mystérieusement enfermé dans son appartement. Il découvre dans sa cuisine une sorte de tunnel qui le mène dans un étrange monde parallèle. Le gameplay se démarque des précédents volets de la série et se déroule en deux phases. La première, dans l'appartement, est une vue à la première personne, jouant surtout sur le sentiment de claustrophobie. Puis, lorsque Harry franchit le tunnel, il se retrouve alors en ville dans un univers rempli de monstres avec une vue à la troisième personne, et donc de manière plus traditionnelle. Le déroulé du scénario s'apparente à une enquête criminelle qui serait menée par la prochaine victime du meurtrier. Le bestiaire est moins abouti que dans les volumes précédents, avec cependant l'ajout d'un nouveau style de créatures : les fantômes. Les victimes de Walter Sullivan à votre poursuite ne peuvent être qu'assommées ou immobilisées. Comme dans Silent Hill 2, le héros doit en plus de se protéger, garantir la sécurité d'une femme. Cette fois, la survie de ce personnage aura un effet sur la fin du jeu qui contient quatre versions différentes.

Silent hill : Origins

PSP, Playstation 2 | 2007 | Éditeur : Konami | Développeur : Climax Studios
Silent hill : Origins

Silent Hill : Origins est sorti en 2007 sur PSP. Il s'agit d'une préquelle de Silent Hill. Contrairement aux volets précédents, cet opus est développé par Climax et non par la Team Silent de Konami. Le personnage principal du jeu est Travis O' Grady, un camionneur pris au piège dans Silent Hill après avoir sauvé une jeune fille, Alessa, de l'incendie de sa maison. Cet opus sorti sur console portable est de bonne facture notamment pour les fans. En effet le scénario est pertinent puisqu'il nous permet d’en savoir plus sur l’histoire par laquelle tout a commencé. Le gameplay est davantage orienté action et intègre des phases de QTE et la possibilité de se servir d'objets lors des phases de combats. La difficulté est abordable et le bestiaire issu à la fois du subconscient d'Alessa et de celui de Travis. Il reste néanmoins assez classique, et certains monstres font écho à d'autres opus, notamment Silent Hill 2. La bande originale est encore une fois composée par Akira Yamaoka et la réalisation reste fidèle aux précédents jeux de la série.

Silent hill : Homecoming

Xbox 360, PS3, PC | 2008 | Éditeur : Konami | Développeur : Double Helix Games
Silent hill : Homecoming

Silent Hill : Homecoming sort en 2008 sur la septième génération de consoles de salon. Alors que les fans attendaient un « Silent Hill 5 » développé par la Team Silent, c'est Double Helix Games qui se retrouve aux manettes de cet épisode. Le jeu raconte les mésaventures d’Alex Shepherd, un soldat américain à la recherche de son petit frère disparu, le menant dans la fameuse ville maudite. Le titre a globalement déçu les fans de la licence. Même si l'histoire n'est pas dénuée d'intérêt, le gameplay est assez différent de ce à quoi sont habitués les amateurs de la série, cette fois clairement orienté action, rendant l'expérience moins dérangeante et effrayante que les autres. Il manque également d'originalité, trouvant de nombreuses inspirations du côté des précédents épisodes mais aussi de l'adaptation cinématographique. Nous retrouvons donc des lieux habituels tels que l'hôpital Alchemilla de Silent Hill ou les abords du Lac Toluca. L'effet de transition entre le monde normal et sa version alternée est lui une reprise du film. Il y a toujours eu des clins-d’œil du type dans la saga, mais c'est dans le bestiaire que nous basculons vers une impression de manque d'imagination de la part des concepteurs. En effet, le design des monstres est peu convaincant, certains sont directement issus de Silent Hill 2, comme les infirmières ou Pyramid Head, ici nommé « Bogeyman ». Ces ressemblances se retrouvent jusque dans la jaquette prévisionnelle de la version japonaise du jeu, représentant le Pyramid Head du film. Cependant, cet opus n'est finalement pas sorti au Japon, ce qui est une première pour un jeu de la série qui rappelons le, est d'origine japonaise.

Silent hill: shattered memories

Wii, PS2, PSP | 2009 | Éditeur : Konami | Développeur : Climax Studios
Silent hill: shattered memories

Sorti en 2009, Silent Hill : Shattered memories est un jeu un peu spécial, puisqu’il s’agit d’une réécriture du premier Silent Hill. Le développeur, Climax, à qui l'on doit le très bon Silent Hill Origins, avait tout d'abord entrepris de créer un tout nouvel opus qui devait être centré sur un officier de police de la ville de Brahms, aidé par une psychanalyste de la police. Konami n'ayant pas validé le projet, le studio s'est orienté ensuite vers l'histoire d'une étudiante en psychologie, avant de finalement y renoncer. Climax a donc choisi de nous permettre d'interpréter une nouvelle fois Harry Mason. Le scénario est entièrement remanié afin de faire vivre aux fans une aventure complètement différente. Il conserve l'aspect psychologique prévu depuis le début avec la réalisation de tests dont les résultats affecteront l'histoire et les personnages. Le gameplay est complètement différent et novateur, dans la mesure où par exemple il est impossible de se battre, Harry ne dispose que d'une lampe torche et d'un téléphone portable, poussant le joueur à prendre la fuite. Shattered memories, en plus de reprendre l'histoire du Silent Hill original, renoue avec le genre du survival horror si cher à la licence en le poussant à son paroxysme. Le jeu possède également de nombreuses fins, influencées par les actions du joueurs au cours du jeu.

Silent hill Downpour

PS3, 360 | 2012 | Éditeur : Konami | Développeur : Vatra games
Silent hill Downpour

Silent Hill : Downpour est le deuxième épisode de la série à sortir sur PS3 et 360. Le scénario se déroule dans la partie sud-est de Silent Hill, une zone encore inexplorée de la ville. De plus, celui-ci n'a aucun lien avec les autres opus, même s'il fait écho à un univers carcéral comme Silent Hill 4. Nous incarnons ici Murphy Pendleton, un prisonnier en fuite qui atterrit dans la funeste ville. Le jeu donne la possibilité de réaliser des quêtes annexes et les choix et actions du personnage influencent directement le déroulé de l'histoire. Le gameplay a la particularité de proposer une nouvelle gestion des armes que le joueur ramassera parmi les décors (chaises, haches...) et qui ont une durée de vie limitée. De plus, les affrontements contre les boss se font par QTE. Si la réalisation est un peu faible et le bestiaire bâclé, l’histoire se laisse suivre, et les musiques sont de bonne qualité, même si pour la première fois elles ne sont pas composées par Akira Yamaoka. S’il n’est pas aussi réussi que les premiers épisodes, il relève le niveau par rapport à un Silent Hill : Homecoming très décevant. Le jeu n'a cependant pas été un succès commercial. Il souffrait à sa sortie de quelques soucis techniques, patchés par la suite par Konami. L'éditeur n'a, de plus, pas beaucoup communiqué sur le jeu. Les conséquences ont été sévères pour le développeur, Vatra Games, qui a du fermer ses portes en 2012.

Silent Hills

PS4 | 2014 | Éditeur : Konami | Développeur : Kojima Productions
Silent Hills

En 2014, suite à la conférence Sony à la Gamescom, une démo jouable mystérieusement appelée P.T. (playable teaser) par un pseudo « 7780s Studio » est lancée sur le PS Store de la PS4. Ce n’est qu’une fois celle-ci terminée qu’apparaît le véritable nom de ce futur jeu de Kojima et du réalisateur Guillermo del Toro, Silent Hills, avec en vedette Norman Reedus très apprécié par les fans de la série télévisée The Walking Dead. La démonstration est toute particulière puisque c’est en vue subjective que le joueur progresse dans un couloir infini. Il n’a ni arme, ni même un inventaire et très peu d’actions à effectuer. À travers les boucles de ce couloir traversant un appartement, un détail, parfois même très léger, vient perturber la perception du joueur. En dehors des rares apparitions d’un potentiel ennemi, c’est bien ce parcours répétitif et l’ambiance si angoissante qui fait de cette démo une expérience particulièrement marquante. S’il fallait relever une fausse note, ce serait cette fin impossible à déclencher à moins de rechercher sur la toile une explication du délire de Kojima... Malheureusement, le projet est annulé en 2015 et dans la foulée, Kojima et Konami se séparent. C’est alors une énorme déception pour tous ceux qui attendaient le retour en grande pompe de cette licence, dont l'avenir paraît aujourd'hui incertain. Kojima s’est de son côté lancé dans un nouveau projet nommé Death Stranding, avec son studio Kojima Productions en maintenant son duo avec Norman Reedus.

Stef84 , rédactrice
Artiste touche à tout, passionnée de jeux video et grande fan de la regrettée Dreamcast, de Silent Hill et de Dragon Ball.