Casser les idées reçues #00 – Le jeu vidéo et la désinformationSans tabou

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Aujourd’hui il n’est pas question de remettre en cause l’ensemble de la presse ni même d’aborder le thème de la liberté de la presse, des pressions exercées sur elle et autres sujets qui reviennent de façon cyclique. Non il est temps d’introduire une nouvelle chronique : Casser les idées reçues, à travers un exemple récent et concret !

L’information faussée

Pokémon Go est sur le déclin !

Il est fort à parier que comme la plupart des gens, joueurs ou non, cette information sur le jeu de Niantic vous parait être une évidence. Comme moi, vous l’avez entendu à longueur de journée sur à peu près toutes les rédactions possibles et inimaginables, autant presse spécialisée que presse grand public. Si l’excuse est presque valable pour la presse traitant de sujets divers et variés, il est réellement choquant que celle spécialisée se soit emparée de l’information sans la vérifier ou l’analyser. On se retrouve donc avec une information que pratiquement tout le monde prend pour acquis alors qu’elle est en partie erronée. Le jeu a perdu énormément de joueurs, ce qui est compréhensible vu ses records. Cependant, il n’en fallait pas plus pour que certains (nombreux) titres d’articles tombent dans le « putaclic », ne véhiculant qu’une infime partie de leurs contenus, comme l’article de public qui parle tout bonnement de la fin du jeu. Rien que ça.

on voit bien que Pokémon Go va droit dans le mur...

on voit bien que Pokémon Go va droit dans le mur…

Alors c’est bien beau d’aller à contre courant mais il faut encore pouvoir le démontrer. Pour cela, rien de plus simple, il suffit d’analyser l’ensemble des jeux et d’étudier le cycle de vie d’une application à succès sur les stores iOS et Android. D’autres l’ont heureusement déjà fait comme William Audureau pour LeMonde qui met en garde en relativisant le supposé « déclin » du jeu. D’une façon un peu plus brutale, Geek Mag s’agace de ce traitement de l’information et de ce partage sans vérification… sans travail de journalisme finalement. Des titres survitaminés pour des contenus proche du néant. En fait, un jeu mobile gratuit connait forcément un net recul au début de sa vie qui correspond à la fin de l’effet de surprise et curiosité des joueurs. C’est ce que rappelle le président de la société Super Data qui permet d’ajouter que cela ne présage en rien le futur d’un jeu.

Il faut bien comprendre que la presse a un besoin de rentabilité, comme toute société. Cette obligation peut contraindre à surfer sur la vague d’un centre d’intérêt, notamment Pokémon Go dans notre cas. Il est donc très intéressant de publier un écrit sur ce jeu car de nombreux lecteurs vont être attirés vers le site en question. Une deuxième contrainte imposée par la rentabilité est qu’il faut beaucoup produire. Plus on écrit, plus on a d’articles et donc de points d’entrées et de potentielles pages vues et par conséquent, de revenus publicitaires. Au final, c’est très mathématique tout cela.

Prendre du recul

Finalement, avec tout ce que l’on lit, on a bien envie d’alimenter à son tour les discussions entre collègues ou copains. C’est pour cela que l’information erronée se transmet très rapidement, devient virale et devient une fausse vérité connue de tous. C’est ce qu’il s’est passé avec le déclin de Pokémon Go, mais de nombreuses autres informations du même type voire néfastes pour le média ont fait le tour du web. À commencer par « la dangerosité de ce jeu qui créé accidents et délits ».

Une fois que l’on est convaincu que l’information que l’on nous divulgue n’est pas forcément de qualité, on peut se poser quelques minutes et se demander si nous même on ne répand pas des informations relevant de notre vérité, par passion le plus souvent ou simplement parce que l’on y croit depuis longtemps sans jamais les avoir remises en question. La presse n’est pas bonne à jeter, il y a énormément de rédacteurs de qualité et de sites qui traitent de leurs sujets avec une certaine éthique. Ceci dit, il n’est jamais mauvais de se pencher sur les affirmations qui nous viennent d’Internet pour les remettre en cause. Les forums et commentaires des sites spécialisés sur le jeu vidéo sont souvent inondés de commentaires passionnés où l’auteur cherche à tout pris à défendre son camp, sa machine de prédilection ou tout simplement un éditeur fétiche. Et c’est souvent dans ces écrits que l’on voit le plus d’absurdité ou de déchaînement.

L'exemple typique du post passionnel qui n'engage fort heureusement que la personne qui l'écrit

L’exemple typique du post passionnel qui n’engage fort heureusement que la personne qui l’écrit

N’avez-vous jamais lu que Nintendo ne savait faire que des suites ? Qu’elle ne se renouvelle plus ? que Microsoft et Sony ont la même stratégie et proposent les mêmes choses ? que les disques sont forcément meilleurs que les cartouches ? Qu’il existe carrément une guerre des consoles ? et j’en passe. L’idée de cette nouvelle chronique est de se pencher sur ces questions et de savoir ce qu’il en est réellement, avec source à l’appui et raisonnements détaillés qui je l’espère, amèneront du débat.