Advanced Video SystemConsole de Nintendo, de 3ème génération

Alors que Nintendo séduit le Japon avec la Family Computer, sa première console de jeux grand public, rien ne semble gagné pour autant de l’autre côté du Pacifique où l’industrie du jeu vidéo subit à la fois une crise financière et une perte de confiance sans précédent.

Nintendo à contre-courant

L'AVS, une version moderne de la Famicom.

L’AVS, une version moderne de la Famicom.

Depuis 1983, date de sortie de la Famicom au Japon, Nintendo tente de trouver un partenaire pour la diffusion de sa machine en Occident. Atari alors pionnier dans l’industrie vidéoludique apparaît d’abord comme le prétendant idéal. Les discussions ont abouti sur un accord mais la société américaine finit par refuser de signer le contrat qui devait les lier. Deux raisons semblent barrer la route à l’entreprise nippone : D’une part Atari subit une crise sans merci notamment à cause d’une ludothèque de mauvaise qualité et des prix élevés et d’autre part, le rapprochement entre Nintendo et Coleco pour une adaptation de Donkey Kong sur l’Intellivision apparaît comme un coup de poignard aux yeux d’Atari.

Face à cette rupture anticipée, Nintendo se retrouve sans allié et décide de travailler seule sur un pendant de la Famicom plus en accord avec ce nouveau territoire à conquérir. Nintendo of America rédige un cahier des charges pour la maison mère afin de présenter cette nouvelle ambition : un coeur de Famicom dans un enrobage totalement repensé.

Entre la console de jeu et le micro-ordinateur

Le projet porte le nom de code d’AVS pour « Advanced Video System ». Son allure n’a plus rien à voir avec l’aspect jouet de sa consœur, se rapprochant davantage du magnétoscope et de tout autre machine hi-tech. Plus carrée, plate et grise elle respire la sobriété et son côté futuriste souhaite véhiculer une image plus mature et imposante.

advanced-video-system-contenu02

L’AVS devait proposer un certain nombre d’accessoires.

Le nombre de périphériques indique une machine hybride entre la console de jeux et le micro-ordinateur. Ce choix s’explique en partie par la volonté de rompre avec le côté jouet des consoles suite au crash des américains dans le secteur. La machine comporte un clavier, une unité centrale, un lecteur de cassettes et de cartouches, un joystick, un pistolet, des manettes, etc. En plus des jeux vidéo, l’AVS propose un éditeur de jeu et grâce à son clavier la possibilité de composer des partitions musicalesTous les périphériques précédemment cités ont la particularité d’être sans fils. C’est l’infrarouge qui permet à chacun d’entre eux de fonctionner.

Nintendo garde en tête les leçons du passé et dépose brevets ainsi qu’un contrôle anticopie efficace : une puce spéciale présente dans le hardware comme dans les software qui une fois connectée ensemble permet le bon fonctionnement du logiciel. L’AVS est une démonstration de puissance technologique à elle toute seule.

Une présentation qui ne convainc pas

La manette sans fil de l'AVS.

La manette sans fil de l’AVS.

Le protoype est présenté lors du Consumer Electronics Show (CES) de 1984 à Las Vegas. Malgré la reconnaissance de sa prouesse technique et la réussite de sa grande sœur au Japon, c’est un total échec. Si les industriels sont d’accord sur la performance de la machine, ils sont encore marqués par la chute économique du secteur et considèrent le jeu vidéo sur console de salon comme passé de mode. À la fin du salon, le verdict est sans appel : la commercialisation en est impossible.

Suite au CES de 1984, le projet est avorté mais Nintendo ne baisse cependant pas les bras. Bien décidé à implanter sa marque dans le domaine des consoles de jeux familiales, elle tente le tout pour le tout avec un tout nouveau projet : la Nintendo Entertainment System.

M'dame Encyclopédie chasseuse d'infos retrouvée par hasard au fond d'une bibliothèque. Une histoire de vortex et de katana apparemment.