Satoshi TajiriCréateur de la franchise Pokémon

Satoshi Tajiri est le créateur de la licence Pocket Monsters, abrégé depuis en Pokémon. Pour créer le jeu, Tajiri s’est inspiré d’une passion de jeunesse. Né à Machida au Japon, il grandit avec ses parents dans la banlieue de Tokyo. Tajiri s’intéresse très jeune à la nature: régulièrement, il part chasser les insectes, arpente les forêts et les étangs afin de les collectionner ou les échanger. D’ailleurs, Tajiri savait entraîner ses criquets afin qu’ils remportent les courses organisées dans la cour d’école. Ce qui lui valu le surnom de Dr Bug (Docteur Insecte en anglais) provient du fait qu’il passait son temps libre à collectionner et étudier les insectes. Jusqu’au jour où, réalisant que certains d’entre eux s’entretuaient en captivité, il décida de les relâcher.

On le surnommait « Dr Bug »

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« Toi, je t’aime ! »

À la fin des années 70, les champs et les forêts avaient céder leurs places aux immeubles et aux magasins. L’étang où il se rendait pour pêcher s’était transformé en salle de jeux d’arcade. Pour Tajiri, cet événement révéla sa nouvelle passion, celle des animés et des jeux vidéo. Au grand désespoir de ses parents qui le destinaient à une carrière d’électricien réparateur, il passait ses journées sur les jeux d’arcade. Ironie du sort, Tajiri s’avérait être un véritable expert sur le jeu Donkey Kong et publiait même ses propres articles de trucs et astuces sur le jeu.

L’aventure Game Freak

En 1981, à l’âge de 16 ans, Tajiri remporte un concours de game design organisé par Sega. Un an plus tard, en 1982, il conçoit avec une bande de copains un magazine de jeux vidéo du nom de Game Freak. Parmi eux se trouve Ken Sugimori… qui deviendra l’illustrateur et designer officiel de la série Pokémon. Malgré des ventes modestes, le magazine s’est fait une petite réputation dans la communauté des joueurs. Au cours de cette période, Tajiri perfectionne ses connaissances en création de jeux vidéo et notamment en matière de programmation informatique.

Game Freak : le magazine de jeu vidéo créé par Satoshi Tajiri à ses débuts

Game Freak : le magazine de jeu vidéo créé par Satoshi Tajiri

Quinty : le premier jeu que développa Satoshi Tajiri

Quinty : le premier jeu que développa Satoshi Tajiri

En 1987, Tajiri démarre le développement de son premier jeu vidéo, Quinty, pour la console Famicom. Publié deux ans après en 1989 par Namco et Hudson Soft, il s’agit d’un jeu typé arcade, mélangeant action et réflexion. C’est à cette même année que Tajiri décide de fonder sa propre société « Game Freak », en référence à son premier magazine. Game Freak et Tajiri développent ainsi plusieurs jeux pour le compte de Nintendo et Sega : Jerry Boy sur Famicom (Smart Ball en Europe) et  Yoshi (Mario & Yoshi en Europe) en 1991, Mario & Wario sur Super Famicom en 1993 et Pulseman sur Genesis/Megadrive en 1994.

Un mentor qui s’appelle Miyamoto

satoshi-tajiri-006Au début des années 90, alors que Tajiri observe deux enfants jouer ensemble sur deux Game Boy connectés via le Câble Link, l’idée de faire échanger et combattre des insectes entre eux comme il le faisait dans son enfance lui vint à l’esprit. Convaincu de sa mise en oeuvre possible grâce au Câble Link et s’inspirant du gameplay d’un de ses jeux favoris du moment, Final Fantasy Legend sur Game Boy, le concept fait son chemin jusqu’à devenir le jeu que l’on connaît. Au cours de sa phase de développement, Tajiri le baptise Capsule Monsters avant de se raviser et de le modifier en Pocket Monsters, depuis abrégé en Pokémon.

Il baptise son héros de son prénom Satoshi et son rival du prénom de son mentor Shigeru (Miyamoto)

Miyamoto, créateur génial et mentor de légendes

Miyamoto, créateur génial et mentor de légendes

Lorsque Tajiri soumet son idée à Nintendo, le géant japonais ne comprend pas tout de suite le concept. Néanmoins, détectant un potentiel intéressant, Nintendo confie à Tajiri les travaux de son studio de design Creatures, Inc. Tajiri planche alors sur le concept de Pokémon et reçoit l’aide de Shigeru Miyamoto pour la conception de Pocket Monsters. Désormais sous son aile, le créateur de Mario suggère à Tajiri de décliner le jeu en deux versions, Rouge et Vert, afin de créer une impulsion commerciale. Le support précieux du créateur chevronné créé un lien indéfectible entre les deux hommes, Tajiri considérant Miyamoto comme son mentor spirituel. Au point que dans Pokémon Rouge / Vert, le héros du jeu fût baptisé « Satoshi » (Sacha en version française / Ash en version américaine) alors que son rival s’appelle « Shigeru »  (Régis en version française / Gary en version américaine).

Le début d’une incroyable success story

satoshi-tajiri-008Six longues années sont nécessaires à Tajiri pour élaborer le concept de Pokémon: une période difficile durant laquelle Game Freak connaît d’importantes difficultés financières, au point même que Tajiri  renonçait à se verser son salaire. Une période de gestation interminable qui permettra cependant de poser les fondations de Pokémon. Ainsi, dès le premier volet, le trio magique est installé : Tajiri peut en effet compter sur son fidèle Ken Sugimori qui dirige alors le design des personnages et les graphismes des créatures, et Junichi Masuda, préposé aux compositions musicales du jeu, à la création des cris des monstres et surtout à la conception du célèbre thème musical que l’on retrouve tout au long de la série. Tajiri imagine de son côté les noms des créatures qui doivent refléter à la fois leurs physiques et leurs capacités d’attaques, afin de faciliter leur reconnaissance et leur attachement chez les plus jeunes enfants. C’est ainsi que Pikachu voit le jour, de l’association du mot japonais « Pika » qui décrit le son que produit une étincelle électrique, et du mot « Chu », le murmure d’une souris. L’idée était ingénieuse, immédiatement déclinable et qui est devenue la marque de fabrique de la franchise.

Pikachu : contraction de Pika (son de l’étincelle électrique) et Chu (murmure de la souris)

Pokémon Vert et Rouge

Pokémon Vert et Rouge

Le 27 février 1996, Pokémon Rouge et Pokémon Vert sortent respectivement au Japon. Plus de trois ans et demi (!) les séparent de leurs versions localisées en français, qui n’arriveront que le 8 octobre 1999 pour des raisons juridiques : Pokémon rentre en effet en conflit de propriété intellectuelle avec la licence américaine de jouet Monster in My Pocket. Depuis, le succès mondiale de la franchise Pokémon n’est plus a démontrer : la série compte à ce jour six générations de Pokémon et accueillera le 23 novembre 2016 sa septième génération dans Pokémon Soleil et Lune.

Pokémon : phénomène de société

satoshi-tajiri-011La franchise dépasse aujourd’hui le statut de phénomène depuis la sortie de l’application mobile Pokémon Go en juillet 2016, développée conjointement avec la société américaine Niantic. Même si Tajiri n’est pas à l’origine de sa conception, il en reprend pourtant les concepts de base du jeu qu’il avait imaginé, ceux de captures et d’affrontements de créatures. Sauf qu’ils sont ici transposés dans le monde réel grâce à une association intelligente de la technologie de réalité augmentée et de la fonction de géolocalisation intégrés dans les appareils mobiles. Franchise connue + utilisation d’une technologie de pointe + support de masse : une combinaison gagnante qui s’apprête à révolutionner la vision du jeu vidéo sur téléphone mobile… comme Pokémon l’a déjà fait dans le domaine des consoles portables.  A 51 ans, Satoshi Tajiri est considéré comme le créateur de la série Pokémon à part entière, dont il est indissociable. En dépit de sa maladie (Satoshi Tajiri est atteint du syndrome d’Asperger, une forme d’autisme se traduisant par des difficultés d’interactions sociales associées à des intérêts restreints et/ou des comportements répétitifs), sa vision se perpétue désormais à chaque nouvel épisode en qualité de producteur exécutif.

Par la faute d'un Amiga 500, je suis tombé dans la grande marmite des jeux vidéo à l'aube de mes 15 ans. Depuis, je n'en suis plus sorti ! Si ma passion de l'histoire du JV et plus largement du rétro-gaming coule en moi, je n'en suis pas moins subjugué par les dernières avancées technologiques vidéoludiques. Et sinon, je sévis aussi sur mon propre blog TryAndPlay.com.