WarioDouble maléfique de Mario

Wario est le double maléfique de Mario. Son nom est le même que celui du célèbre plombier, sauf que le "M" a été retourné, indiquant qu'il est le contraire du héros. De plus, les trois premières lettres de son nom forment le mot "war" ("guerre" en anglais), renforçant ainsi l'image brutale du personnage. D'abord simple méchant de Super Mario Land 2 sur GameBoy, il deviendra vite un anti-héros apprécié par toute la communauté des joueurs Nintendo, notamment parce qu'il ne cherche pas à dominer le monde mais juste à gagner beaucoup d'argent.

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Le fric… c’est chic !

La principale motivation de Wario : s'enrichir !

Sa principale motivation : s’enrichir !

En 1992, après un Super Mario Land qui osait s’affranchir de Bowser dans le rôle du gros méchant pas beau, Nintendo renouvelle son envie d’apporter du neuf dans l’univers du plombier. Débarque alors Wario, un double maléfique du plombier qui s’est empressé de faire main basse sur le fief de l’ami Mario pendant que celui-ci sauvait le royaume de Sarasaland. Dans une lettre d’un culot rare, Wario indique à Mario qu’il s’est emparé du royaume Champignon et a transformé ses habitants en zombies, tout en signant « ton ennemi juré maniaque, Wario ». Ainsi débute Super Mario Land 2 : 6 Golden Coins. Sa motivation à faire le mal est plus rationnelle que celle de Bowser, il ne cherche pas à dominer le monde mais veut seulement s’en mettre plein les poches par tous les moyens. Wario devient vite attachant tant le personnage est ridicule. Il reprend les attributs physiques de Mario dans une version baroque au possible : tarin démesuré et écarlate, moustache fine, longue et pointue, petite taille contrastant avec la corpulence du bonhomme et ses bras musclés. Même sa garde-robe future adoptera cette volonté d’en mettre plein la vue avec un curieux mélange entre une salopette violette et un haut et une casquette jaunes.

L’anti-héros de Nintendo fait ses preuves

Il est évidemment le boss de fin de Super Mario Land 2 où il se transforme en Rabbit Wario pour écraser Mario sous son poids, puis devient Fire Wario grâce à une fleur de feu et tente de calciner le plombier.
L’attachement du public ne prendra pas beaucoup de temps à motiver Big N dans la confection d’une série dédiée à Wario. Ainsi en 1994 la Gameboy se démarque un peu plus de sa grande sœur en délaissant sa mascotte pour proposer de rejoindre le camp opposé dans Wario Land (qui garde d’ailleurs l’alias Super Mario Land 3 pour que le public ne s’y perde pas). Le premier anti-héros Nintendo part à l’aventure pour le trésor de Kitchen Island gardé par le terrible Captain Syrup. Il est amusant de noter que le trésor comporte une statuette en or de la Princesse Peach précédemment volée à Mario. Wario, s’il n’a pas la rapidité de son double, peut néanmoins compter sur une puissance à tous les niveaux : coups de coude dévastateurs pour éliminer les ennemis ou plus simplement détruire les blocs sur son passage, secousses sismiques lorsqu’il fait un bond et retombe sur son postérieur massif, ou même soulevé de certains opposants chétifs pour les envoyer sur d’autres et faire d’une pierre deux coups. A l’instar de Mario, il peut adopter différentes habilitées symbolisées cette fois-ci par des casques dont il se coiffe (casque de taureau décuplant sa force, casque de dragon lui faisant cracher du feu ou casque ail lui rendant sa taille normale après qu’il se soit fait toucher par un ennemi). Trois épisodes portables suivront (à partir de Wario Land 2, il ne peut plus mourir en étant touché par un ennemi) et il fait même une apparition sur une console de salon, la Wii, en 2008, sans oublier sa précédente aventure planétaire, le Wario World sur GameCube qui le fait passer à la 3D.

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Wario a participé à pas mal de spin-offs pour leur apporter une identité, comme par exemple le puzzle-game Wario’s Woods. ou le Bomberman-like Wario Blaster. Il est également devenu un personnage récurrent des party-games Nintendo (Mario PartyMario KartMario Tennis) dans lesquels il conserve des aptitudes de camionneur impulsif.

De l’autodérision chez Big N…

Difficile d'être plus ridicule !

Difficile d’être plus ridicule !

Mais c’est une autre série qui le consacrera au rang de personnage définitivement à part, la déferlante Wario Ware (Wario Ware, Inc. aux USA et Made in Wario au Japon). Des mini-jeux simplistes d’ à peine quelques secondes s’enchaînant frénétiquement et mis en scène autour des aventures de Wario et de ses nouveaux amis hauts en couleur (ninjas, chiens et chats, extra-terrestres ou même danseurs de disco). L’histoire ne manque pas d’ironie puisqu’on nous présente un Wario voulant développer des jeux vidéo parce que… ça rapporte. Les investissements nécessaires pour produire des blockbusters le pousseront à développer des « micro-jeux » et à demander l’aide de ses amis auxquels il ne reversera pas un kopeck. En cette année 2003, la Gameboy Advance a lancé un nouveau genre qui devrait perdurer sur plusieurs générations de console : chaque console Nintendo récente (qu’elle soit portable ou de salon) a eu le droit à son Wario Ware.

C’est d’ailleurs sous les couleurs de Wario Ware (veste en jean, mitaines jaunes, casque de motard et pantalon bordeaux) qu’il sera représenté dans Super Smash Bros. Brawl. Il conserve là son côté cradingue avec par exemple son largage de pets explosifs ainsi que sa tendance à la brutalité extrême en se servant de sa moto comme projectile.

En conclusion, Wario, à la base simple méchant, s’est vite transformé en un anti-héros, une sorte de Shrek du jeu vidéo. Il est très apprécié par les joueurs car il offre un univers moins lisse que Mario avec des gags à la fois sales et drôles ainsi qu’un gameplay évolué.

Ristou

, rédacteur

Addict à Guns N' Roses et aux Pépito. Joueur depuis 1988 (NES). J'imite super bien le chameau et le vélociraptor de Jurassic Park.