SpyroPetit dragon téméraire et héros de la série éponyme

Rédigé par

Spyro est le héros d’une célèbre licence qui a été portée par le succès de la PlayStation. D’abord populaire chez les joueurs de Sony, le petit dragon a vu ses aventures évoluer au fil des différents studios de développement et s’étendre sur les plates-formes des autres constructeurs. Il est aussi à l’origine de la très rentable franchise des Skylanders.

La description détaillée ci-dessous peut de comporter du spoil.

Conception d’un nouveau héros

Ted Price et Charles Zembillas

Ted Price et Charles Zembillas

Spyro fait sa première apparition dans le jeu Spyro the Dragon en 1998 sur la PlayStation. Édité par Universal Interactive, c’est avec le studio de développement Insomniac Games qu’il a vu le jour. Son président Ted Price contacte en 1997 Charles Zembillas alors responsable du character design de la licence Crash Bandicoot chez Naughty Dog. Cette société se trouve être voisine de bureau et en partenariat avec Universal Interactive. La créativité de Charles n’est pas étrangère au succès des aventures du marsupial et Ted profite alors de cette proximité pour lui confier la conception d’un protagoniste pour une toute nouvelle série de jeu vidéo. Le but est de proposer un personnage évoluant dans un univers 3D sur PlayStation, charismatique dans la même veine que Crash et qui s’adresserait à un public assez jeune d’environ dix ans.

Spyro version japonaise, encore plus "kawaii"

Spyro version japonaise, encore plus « kawaii »

Pour le premier opus, l’acteur Carlos Alazraqui prête sa voix à Spyro, une performance souvent reprochée pour être irritante. En ce qui concerne la version japonaise, toujours particulière, c’est l’actrice appréciée Akiko Yajima qui apporte un charmant succès au titre. S’ajoute à la partie créative le compositeur et ancien batteur du groupe Police Stewart Copeland pour la bande originale. Quelques séances de travail plus tard, la nouvelle équipe à trouvé le nom et la nature de ce nouveau personnage : un dragon prénommé Spyro. Ce dernier porte bien son nom puisqu’en grec ancien, pyro signifie “feu” tandis que la racine latine spiro peut être traduite en français par “respirer”.

Après les succès des premiers titres, le dragon a été ballotté de studios en studios, au risque de perdre un peu de son charme. Le créateur Ted Price avoue qu’il a abandonné la licence car il se sentait frustré de ne pouvoir donner d’objets à tenir à Spyro, qui en tant que quadrupède était limité dans les possibilités d’interactions.

Un dragon pas comme les autres

Des esquisses de Charles Zembillas

Des esquisses de Charles Zembillas

Il devait s’agir à l’origine d’un dragon plus classique, grand et vert, mais cette couleur ne l’aurait pas avantagé à l’écran puisqu’il était d’ores et déjà décidé que l’environnement serait verdoyant. Finalement, le design final de Spyro se rapproche du public cible par son jeune âge. Le dragon est de couleur violette, possède de petites ailes, deux longues cornes et une crête jaune. Ce personnage se démarque des autres dragons présents dans le jeu par sa petite taille mais aussi parce qu’il est le seul quadrupède dans les premières aventures. Le premier Spyro a l’air à la fois mignon et espiègle, mais ce dernier grandit et son design évolue au fil des titres avec des orientations accompagnées de vives critiques de la part des fans de la première heure.

Évolutions du design de Spyro

Évolutions du design de Spyro

Le physique initial de Spyro illustre son fort caractère, son regard plein de défi renvoie à son côté bagarreur et entêté. Il forme un véritable boute-en-train ne craignant pas le danger et il est bel et bien décidé à devenir un grand et fort dragon. Cette image correspond aux enfants à la charnière de la pré adolescence, à qui cette licence s’adresse. Dans The Legend of Spyro Trilogy, sa personnalité évolue en dragon plus adolescent, davantage à l’écoute des autres et moins à la recherche de reconnaissance. Il souhaite en savoir plus sur son passé, et se soucie de ce qui pourrait arriver par la suite. Même s’il reste parfois imprévisible, il roule sa bosse et incarne les prémices d’un leader-ship. Dans Skylanders sa description correspond plus au portrait de ses premières heures, avec une arrogance davantage marquée.

Spyro et son univers

Le feu, première arme du dragon

Le feu, première arme du dragon

Au commencement de ses aventures, Spyro sait planer avec ses petites ailes, cracher du feu et charger avec ses cornes. Il apprend à voler véritablement lorsqu’il grandit dans les épisodes plus récents. Spyro a les capacités d’un dragon lambda puis celles-ci évoluent : lancer des boules de feu, utiliser ses ailes comme un bouclier, nager sous l’eau, faire des doubles sauts, cracher de la glace, de la foudre, des bulles d’eau, de la terre… Il devient un dragon contrôlant les éléments, ce qui d’ailleurs est son atout principal et la description qui lui est faite dans Skylanders.

Spyro the Dragon (1998)

Spyro the Dragon (1998)

Spyro évolue dans la majeure partie des épisodes dans ce qui est appelé les Royaumes du Dragon, organisés en plusieurs zones, elles-mêmes réparties selon des domaines bien précis : artisans, tisseurs de rêves, pacifiques, créateurs d’animaux, ouvriers magiques, et le monde du méchant Gnasty Gnorc. Il existe plusieurs histoires sur les origines de Spyro. D’après les dernières aventures en date, deux œufs auraient été recueillis chez les Dragons. Ces œufs portés par des voleurs en cavale ne sont pas sans rappeler ces kidnappeurs d’œufs roses en turban bleu qui parcourent les différentes régions du royaume dès le premier épisode. Dans l’un se trouvait Spyro, dans l’autre la libellule mâle Sparx. D’après d’autres titres, Spyro aurait été élevé avec Sparx dans le marécage des libellules. Façon Livre de la Jungle ou pour rester dans le domaine du jeu vidéo, Croc dans The Legend of the Gobos édité par Fox Interactive en 1997, Spyro pense être une libellule avant de découvrir qu’il appartient à la race des dragons.

The Legend of Spyro : naissance d'un dragon (2008)

The Legend of Spyro : naissance d’un dragon (2008)

L’ennemi récurrent est Gnasty Gnorc, qui dans le premier opus de la série a figé les dragons en statues de pierre. Spyro étant de petite taille, il échappe à ce sort mais doit réveiller ses amis alors piégés. D’autres ennemis viennent s’ajouter dans les épisodes suivants comme le sorcier Ripto du monde d’Avalar, le roi singe Gaul, ou encore Malefor le maître des ténèbres qui occupe toute la trilogie La Légende de Spyro. Parmi les ennemis, certains basculent du côté des gentils, c’est le cas du Lapin Bianca voleuse d’œufs de dragons, et de la dragonne Cynder rivale de Spyro avant d’être délivrée du pouvoir des ténèbres. Celle-ci devient une alliée puis un personnage jouable et entretient une relation de plus en plus tendre avec Spyro jusqu’à avouer ses sentiments. Mais son ami le plus fidèle, présent depuis les origines et à ses côtés dans chacune de ses aventures, c’est la fée libellule Sparx. Elle a également l’avantage dans le système de jeu d’apporter des indications de couleurs sur l’état de santé du dragon.

Fortunes et infortunes

Spyro : Season of Ice (2001)

Spyro : Season of Ice (2001)

Sans compter les résultats des ventes de la série Skylanders, les jeux Spyro se sont vendus à plus de 14 millions d’exemplaires à travers le monde (source : http://www.vgchartz.com/). Toutes plates-formes confondues, il existe pas moins d’une douzaine d’aventures originales pour le dragon.
Spyro fait plusieurs apparitions dans certains jeux Crash Bandicoot et partage même l’affiche avec son cousin bandicoot dans Spyro/Crash : Fusion sur Game Boy Advance, avec une cartouche Spyro Orange : Le Cortex Conspiracy, et une autre Crash Bandicoot Purple : Ripto’s Rampage.

Promotion pour des jeux élecroniques

Promotion pour des jeux électroniques

En vue du succès de la licence et du public cible, un film d’animation était prévu pour la fin de l’année 2009. La réalisation devait être confiée à Mark A.Z. Dippé, le scénario aux frères Altiere, et le casting devait comprendre des noms célèbres comme Gary Oldman ou encore Elijah Wood. Cependant le projet a été avorté, laissant place à la série des Skylanders et son premier titre “Spyro’s Adventures”.
Spyro se serait même invité dans un épisode de la série animée South Park : Imagination Land. Le dragon est cependant vert, comme il devait l’être à l’origine, mais son physique et son attitude évoquent sans ambiguïté notre héros, d’autant plus que sa présence correspond à la thématique de l’épisode.

Comme n’importe quelle personnalité populaire chez les joueurs, Spyro possède également son lot d’objets dérivés en tout genre : peluches, jouets, jeux électroniques, etc.

Un clin d’œil lui a été délivré aux côtés des figures phares du jeu vidéo Crash Bandicoot et Sonic lors de la promotion d’une toute nouvelle licence, qui devait elle aussi porter son héros sur les feux de la rampe. Les stars, suite à leurs aventures musclées, pansent leurs blessures dans un hôpital et laissent place au nouveau protagoniste qui aujourd’hui n’a laissé semble-t-il que très peu de souvenirs dans l’histoire du jeu vidéo. Avec le recul, cette retraite anticipée jouée avec humour n’est pas si éloignée de la réalité…

Spyro est considéré comme un mignon personnage surtout dédié aux jeunes joueurs, héros d’une série de référence qui avait très bien débuté mais qui n’a pas su s’imposer dans le temps. Aujourd’hui la licence Spyro est partie aux oubliettes, et le petit dragon pourtant à l’origine du succès que sont les Skylanders n’est plus que l’ombre de lui-même.