Crash BandicootTornade de N. Sanity

Crash Bandicoot est l'un des personnages les plus emblématiques de l'âge d'or PlayStation. Le style visuel cartoon et l'esprit comique de la licence créée par Naughty Dog ont poussé Crash au rang de mascotte, avant de tomber peu à peu dans l'oubli.

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Une nouvelle mascotte signée Naughty Dog

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Naughty Dog, la société à l’origine de Crash Bandicoot

Les amis Jason Rubin et Andy Gavin, co-fondateurs de la société Naughty Dog, souhaitent au début des années 1990 offrir une mascotte de taille à la prometteuse PlayStation de Sony. Au même titre que Mario pour Nintendo ou Sonic pour Sega, le studio de développement doit trouver un personnage original, avec une certaine aura et évoluant dans un univers 3D pour un jeu de plates-formes. L’idée d’un animal exotique s’impose rapidement aux créateurs et le nom de Willie le Wombat est retenu jusqu’à tard dans le projet. Mais le wombat n’aurait apporté que contraintes techniques et un manque cruel de charisme. Le nom de Crash apparaît enfin, moins ridicule, plus dynamique et très certainement en référence au bruit que celui-ci provoque quand il détruit l’une de ces fameuses caisses.

Maintenant vous savez pourquoi cet animal reste impopulaire...

Maintenant vous savez pourquoi cet animal reste impopulaire…

Bandicoot n’est pas seulement le nom d’un clan ou d’une famille. Dans la réalité, les bandicoots ou péramélidés sont des marsupiaux vivant en Australie et ses alentours. Ce petit mammifère en voie de disparition est très méconnu du grand public. En ce qui concerne notre héros Crash, il s’agirait tout particulièrement d’un bandicoot lapin, reconnaissable par son long nez et ses oreilles pointues.

Au premier abord, il est tentant de le comparer à Taz de Warner Bros. par sa tornade et sa nature puisque Taz est également un marsupial originaire d’Océanie. L’ambiance et le style cartoon sont fortement présents par les traits exagérés comme ce sourire extra large, la couleur orange fluo, et un peu pop par son jeans et sa paire de baskets. Pour plaire aux Japonais, Crash prend une allure plus en phase avec la culture japonaise : une bouche moins expressive et des petites billes noires pour les yeux, parfois en forme de Pac-Man. Cette différence paye puisque Crash Bandicoot est l’une des rares séries non japonaises à s’écouler à des millions et des millions d’exemplaires sur le sol nippon. Crash devient alors le protagoniste de la série Crash Bandicoot lancée pour la première fois en 1996.

La version japonaise, plus orientée manga

La version japonaise, plus orientée manga

Les aventures de Crash

Crash et NEO Cortex, meilleurs ennemis

Crash et N.Cortex, meilleurs ennemis

Les terribles docteurs Neo Cortex et Nitrus Brio ont mis au point une machine, le Rayon-Evolvo, capable de transformer n’importe quel animal commun en une créature aux pouvoirs monstrueusement féroces. Crash devait devenir celui qui guiderait une horde de nouveaux soldats surhumains, tous issus de ces expérimentations. Mais pour le Dr. N. Cortex rien n’est jamais suffisant, alors il décide de passer Crash au Cortex-Vortex afin d’obtenir du marsupial une éternelle obéissance. Mais cette machine n’ayant jamais été testée, l’expérience échoue et Crash finit par être chassé du laboratoire.

Le clan Bandicoot

Le clan Bandicoot

S’en suivent alors les nombreuses aventures du bandicoot contre bien souvent, les plans de domination du monde de l’antagoniste principal Cortex et ses acolytes plus ou moins fidèles : Ripper Roo, DingoDil, Papu Papu, Pinstripe Potoroo, etc. Depuis le début, Crash est accompagné du masque tribal Aku Aku qui lui porte conseil tout au long de l’aventure et se révèle au sein des niveaux comme la meilleure des protections face aux divers pièges et ennemis que rencontre le marsupial. Dans la première aventure, Crash est motivé par la délivrance de son amie Tawna mais celle-ci jugée trop sexy et en décalage avec l’univers, est rapidement évincée de la série pour ne refaire que de simples apparitions dans les séries secondaires de Crash. Coco, sa petite sœur, apporte une tout autre présence féminine dès le deuxième opus, davantage geek et de plus en plus sur les devants au fil des épisodes. Le clan Bandicoot est également rejoint par d’autres personnages comme le frère adoptif Crunch, Polar, Pura etc.

Crash Team Racing

Crash Team Racing

Comme il s’agit d’un animal ayant subi des expériences, en plus de sauter, ramper, courir comme dans n’importe quel jeu d’action / plates-formes classique, Crash peut tournoyer, faire des sauts sur-mesure et même utiliser un BazookaSon périple a commencé à dos de sanglier et les possibilités de véhicules se sont vite multipliées : jetpack, scooter des mers, à dos de ses amis Puka et Polar, bébé dinosaure, moto…  Une série a même été consacrée à la course avec comme premier titre Crash Team Racing.

Les aventures se déroulent sur un archipel de petites îles tropicales fictives en Océanie. Les principales étant l’île de N.Sanity, l’île Wumpa et l’île de Cortex. Elles abritent différents types de populations et d’environnements : des indigènes, une jungle abandonnée, des ruines ou encore une mine volcanique. La troisième île détient au commencement une forteresse avec la centrale électrique où sont détenus de nombreux cobayes, le laboratoire et le cœur du château.

Les îles Wumpa menacées

Un archipel menacé

La première occupation des scientifiques peu scrupuleux est de s’adonner à des expériences animales. Crash en est la preuve vivante et son but premier est de stopper ces mauvaises attentions dirigées vers la cobaye et amie Tawna. Est-il question ici d’une dénonciation de ce type d’activité ? Bandicoot ne s’arrête pas là non plus, il a l’intention en pourchassant Cortex de nettoyer toutes les ordures laissées par ses ennemis sur l’archipel. La centrale électrique du savant est aussi responsable de la pollution car elle écoule de nombreux et très nocifs déchets radioactifs dans l’océan. Ça ne vous rappelle rien ? Sonic qui se bat contre l’envahisseur et pollueur Robotnik… 

Portrait d’un anti-héros

Le design de Crash a comme son univers évolué au fur et à mesure et en parallèle des avancées technologiques et techniques. D’abord formé de 512 polygones, Charles Zembillas s’est attardé à créer un personnage populaire et dans l’air du temps : mignon, à l’air amical et amusant, fortement orienté cartoon. Avec l’évolution dans le temps de la franchise et les nouveaux designers nommés, le bandicoot suit aussi la grande mode des licences à mascotte, celle d’humaniser ses personnages. 

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Exemple des différents designs de Crash (1996 – 2008)

Avec son air déjanté et l’esprit cartoon, Crash apparaît comme un gai luron. Ce qu’il aime, c’est flâner sur la plage de l’île N. Sanity, se dorer la pilule au soleil, exécuter des pas de danses plus ou moins ridicules quand il obtient ce qu’il veut et autres gags lors de ses échecs… Il n’est pas rare de le retrouver étalé de tout son long, la bouche béante dans un profond coma après chacune de ses aventures. Les plans stratèges et les discours, il les laisse volontiers à son père spirituel Aku Aku. Crash, bien qu’attachant par sa légèreté d’esprit et son aspect comique, c’est finalement l’anti-héros par excellence.

Un "héros" des plus motivés

Un « héros » des plus motivés

Pas très causant, pas très creusé et mature comme personnage, c’est avant tout une mascotte, un protagoniste de jeu de plates-formes qui parcourt les niveaux pour atteindre un objectif. Il est naïf notamment dans le second opus où il se fait manipuler par Cortex. Si dans le premier épisode il prend ses décisions seul et entreprend son aventure, dans les titres suivants, il obéit surtout aux directives et suit aveuglément l’avis de son entourage. Il évolue peu à peu après les épisodes de la PlayStation 1 en un adolescent à la limite du supportable par son attitude de personnage stupide et impertinent. Mais dans Génération Mutant, Crash prend de la bouteille et des risques, réfléchit pour aider au mieux ses amis.

Il avait tout…

Des caisses, des objets de soutien et des Wumpa Fruits

Des caisses, des objets de soutien et des Wumpa Fruits

A l’instar de Mario, il est le protagoniste d’un jeu de plates-formes classique, il a été créé pour devenir la mascotte nouvelle d’une marque de console, il casse aussi des caisses et utilise également des objets pour améliorer ses capacités. Il préfère cependant collecter les pommes — Wumpa Fruits pour les puristes — que les pièces bien qu’il ne dise pas non à certaines gemmes ou cristaux. Et si le plombier moustachu doit éviter les attaques de ses ennemis, Crash doit en plus de cela passer outre les pièges explosifs comme le sont les caisses TNT ou Nitro. Le premier opus flirte également avec le conte de fées dans la mission sauvetage de la « princesse ». Néanmoins, le résultat ressemble davantage à une parodie qu’à une histoire merveilleuse tant le ton donné est décalé.

Sa rivalité avec le plombier de la firme japonaise n’est d’ailleurs pas un secret. La publicité ci-dessous présente ainsi Crash comme porte-parole de la PlayStation et donc de Sony dont le but n’est ni plus ni moins de ridiculiser Nintendo, avec une énergie qui rappelle les mythiques pubs d’antan où Sega et Nintendo s’affrontaient.

L'univers du bandicoot  repris jusqu'au petit déjeuner

L’univers du bandicoot repris jusqu’au petit déjeuner

Crash avait à l’époque les moyens de rivaliser avec Mario par son air sympathique, son environnement, sa bande de copains et ses adversaires attachants malgré eux. C’était aussi un des nouveaux symboles de la génération PlayStation. Et même si la série a fini par se détacher peu à peu de Sony, la mascotte Crash suivait le même chemin que celui de la concurrence avec l’ajout de nouvelles séries de course et de party games. Crash avait droit également aux objets dérivés et se retrouvait même dans le rayon épicerie ! Les ingrédients magiques étaient là, les premiers titres sur la machine de Sony ont eu un succès phénoménal mais il faut le reconnaître, la séparation entre la licence et Naughty Dog a donné naissance à des épisodes de moins bonne facture pour finalement laisser Bandicoot tomber dans l’oubli.

Crash, et sa bande d’écolos hippies vivant sur des îles paradisiaques, c’était l’un des atouts majeurs des années 2000 et de l’ère PlayStation. Il a participé, parmi d’autres, au succès de Sony dans le domaine des consoles de salon. Si Crash nous a livré sa dernière aventure en 2008, il n’est pas rare de lire les rumeurs les plus folles sur un potentiel retour en force. Dans tous les cas, les aventures de Crash avaient trouvé leur public, un public qui ne demande qu’une chose : un retour.

NekoCam

, rédactrice en chef

M'dame Encyclopédie chasseuse d'infos retrouvée par hasard au fond d'une bibliothèque. Une histoire de vortex et de katana apparemment.