Albert WeskerNemesis de Chris Redfield et antagoniste principal de Resident Evil

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Présent depuis le premier épisode de Resident Evil sorti en 1996, Albert Wesker s'est imposé comme l'antagoniste principal de la saga. Son style spectaculaire et son statut d'élément perturbateur au sein du scénario en font un personnage essentiel à l'évolution de l'histoire de la saga.
La description détaillée ci-dessous peut de comporter du spoil.

Under My Umbrella

Wesker cin bio1

Le premier Resident Evil offrait une « superbe » intro en Live Action, et Wesker ressemblait à ça.

Albert est né en 1960. Ses parents étaient dotés d’une intelligence supérieure à la moyenne ce qui attira l’attention d’un projet scientifique prévu pour changer la face du monde : Le Projet Wesker (c’est pourquoi Albert se verra donner le nom de Wesker). Oswald E. Spencer, James Marcus et Edward Ashford fondateurs d’Umbrella, étaient décidés à mener ce projet à terme, surtout le premier nommé qui prendra les rênes d’Umbrella. Son but était de créer une espèce humaine supérieure, plus intelligente, plus puissante. Pour trouver leur modèle « Alpha », ils firent kidnapper des centaines d’enfants et les intégrèrent au Projet Wesker. Afin de leur fournir ces capacités largement supérieures à la moyenne des humains, ils injectèrent aux enfants le virus Progenitor. Deux enfants seulement en sortiront vivants : Alex Wesker et Albert Wesker.

Albert_Wesker_Art

Concept art original de Wesker

Ainsi débute l’histoire du grand méchant de la série Resident Evil, lui qui était censé ignorer totalement les modifications faites à son métabolisme. Wesker intègre Umbrella en tant que chercheur sous la houlette de Marcus. Il devint ami avec William Birkin l’un de ses collègues. La saga Resident Evil regorge de virus en tous genres, et de lutte de pouvoir entre organisations pour la domination du monde. Albert Wesker trouve une place centrale dans ces joutes, à la fois chercheur, homme de terrain et manipulateur de l’ombre. Lui et Birkin sont impliqués dans l’assassinat de James Marcus et dans la conception des nombreuses créatures que le joueur sera amené à affronter au cours de la série. Néanmoins Wesker se méfie du président d’Umbrella, Oswell Spencer, et s’en écarte en rejoignant l’équipe d’élite de la police locale en tant qu’agent double, les S.T.A.R.S. Équipe qui regroupe une majeure partie des héros de la série (surtout Chris Redfield qui deviendra le véritable Némésis de Wesker).

Albert ne se fera pas attendre au sein de la série puisqu’il apparaît dès le premier épisode. Les joueurs n’ont alors aucune idée des véritables ambitions de l’homme en noir. En effet, il passe l’intégralité du premier jeu à faire tourner le joueur en bourrique, à manipuler les différents membres des S.T.A.R.S tout en maintenant son rôle de capitaine. C’en est même presque frustrant pour le joueur qui aimerait bien jouer le type cool du groupe et pas cette cruche de Jill qui passe son temps à être sauvée par Barry. Toujours est-il que le pot aux roses est découvert et que les S.T.A.R.S se rebellent contre Wesker, le forçant à libérer le Tyrant (le boss final de Resident Evil). Ce dernier tuera purement et simplement Wesker, laissant penser aux S.T.A.R.S et à Umbrella qu’il a rendu l’âme. Il s’avère finalement que dans un dernier souffle de vie, il est parvenu à s’injecter un échantillon du Virus T dans le corps (ce même virus qui transforme tout le monde en zombie), le sauvant de la mort et lui conférant multiples capacités surnaturelles. Profitant de l’opportunité, il disparaît et rejoint une organisation rivale d’Umbrella, savamment nommée « L’Organisation », je sais.

I have the right to be a God

Jamais sans ses lunettes, jamais.

Jamais sans ses lunettes, jamais.

Le plan d’Albert Wesker prend alors une nouvelle tournure, récupérer toutes les recherches d’Umbrella ainsi que la localisation du président de la compagnie Spencer, et une vengeance personnelle à prendre sur l’équipe des S.T.A.R.S qui ont ruiné ses plans au manoir Arklay. À l’époque, les développeurs n’avaient pas prévu de ramener Wesker d’entre les morts, son retour dans Code : Veronica est donc une énorme surprise. C’est dans cet épisode que la personnalité du personnage sera définitivement figée, et son rôle d’antagoniste principal révélé. Après des mois passés dans l’ombre, il prend d’assaut un complexe d’Umbrella à la tête d’une unité d’élite. C’est ici qu’il croisera à nouveau la route de Chris Redfield, celui qu’il considère comme son Némésis. Fou de rage, il le massacre littéralement et ce dernier échappe à la mort de toute justesse. C’est l’occasion pour Wesker de faire la démonstration de ses nouvelles capacités, celles qui feront la renommée du personnage.

Son physique est définitif et malgré son âge avancé vers la fin de la série (presque 50 ans), il a toujours la même apparence (probablement un effet secondaire des virus). Il ne sort jamais sans ses cheveux blonds plaqués en arrière et bien sûr, ses éternelles lunettes de soleil derrière lesquelles on distingue deux lueurs rouges, l’une des nombreuses altérations subies par son corps lors de l’injection du virus T dans son organisme. Il ne l’aurait d’ailleurs dompté que grâce à la présence du virus progenitor déjà dans ses veines. Grâce au virus T, Wesker dispose maintenant d’une force surhumaine capable d’exploser un mur d’un seul coup de poing, d’une vitesse ahurissante lui permettant d’éviter des balles tirées à bout portant avec la plus grande des facilités, mais aussi d’une résistance physique décuplée. Il dispose également d’un facteur régénérant (bien que celui-ci soit relativement lent), d’une vision accélérée, d’une capacité à s’agripper aux murs similaire à celle de Spider Man ou bien encore d’une grande tolérance à la douleur, en admettant qu’il soit possible de le blesser évidemment. Ses capacités intellectuelles elles sont déjà au top-niveau, pas d’inquiétude. Le problème dans tout ça, c’est que les virus qu’il porte en lui sont particulièrement instables, le forçant à utiliser un sérum maintenant la stabilité de l’ensemble au maximum des capacités. Ironiquement, ce sérum est également sa plus grande faiblesse, utilisé à trop fortes doses, il l’affaiblira grandement et présente de très forts risques d’empoisonnement.

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Mais rien de suffisamment inquiétant pour Wesker qui ne voit pas comment on pourrait retourner ça contre lui. Après son apparition dans Code : Veronica, il n’apparaîtra que lors de très rares occasions. Chacune de ses apparitions montre qu’il monte en grade au sein de « l’Organisation » et qu’il continue sa vendetta à son rythme. Le côté manipulateur et calculateur du personnage est flagrant dans Resident Evil 4 où un simple caméo suffit pour mesurer l’ampleur de son rôle : Wesker est l’élément central qui lie les épisodes de la série entre eux, il est celui qui fait évoluer le background et maintient la cohérence des scénarios.

Dans Resident Evil 4, le côté "Matrix" est déjà bien présent

Dans Resident Evil 4, le côté « Matrix » est déjà bien présent

Il traque Oswell Spencer et apprend la vérité sur ses origines. Après avoir tué son « créateur », il prend le relai du plan originel des fondateurs d’Umbrella. Il rejoint une nouvelle organisation nommée Tricell, puis prend possession de l’ensemble des virus connus de la série afin d’en créer un pour les dominer tous : le virus Uroboros. Son but est de le répandre sur la Terre entière afin d’effectuer une nouvelle sélection naturelle. En effet certains porteurs sont capables d’assimiler le virus et de garder le contrôle total de leur corps et de leur esprit. Ils rejoindraient ainsi Wesker, nouveau Dieu auto-proclamé, dans un nouveau monde créé pour l’élite absolue de la génétique. Il faudra finalement attendre Resident Evil 5 pour le voir endosser pleinement le rôle d’antagoniste principal et le voir mettre son plan à exécution.

Un Dieu prétentieux…

Le look que le monde retiendra, Resident Evil 5

Le look que le monde retiendra, Resident Evil 5

13 ans après la sortie du premier épisode de la série, enfin, Albert Wesker endosse le rôle de boss final d’un jeu Resident Evil. C’est d’ailleurs l’apparence physique qu’il arbore dans cet épisode qui restera dans les mémoires. Encore une fois tout en noir, avec un immense manteau tout droit sorti de Matrix, il trouve enfin un doubleur à la hauteur de sa vilenie : DC Douglas qui campe le personnage depuis. Évidemment le joueur contrôle son grand rival Chris Redfield, et c’est lors de l’affrontement final que Wesker finit par dévoiler ses véritables intentions au joueur. Son grand plan pour sauver le monde à sa façon. Mais Wesker est prétentieux, trop prétentieux. Ce trait de sa personnalité lui viendrait de Spencer qui a intégré des parties de son ADN au virus Progenitor. Il adore se vanter et démontrer l’étendue de ses capacités. Il est toujours extrêmement sûr de lui et prend son temps pour s’amuser avec ses victimes. À cela vient s’ajouter une soif inextinguible de pouvoir. Wesker a beau être l’homme le plus puissant au monde, c’est largement insuffisant pour lui et il ne refuse jamais une possibilité de devenir plus fort.

Tous ces éléments combinés le mèneront à sa perte au cours de Resident Evil 5. Plutôt que d’éliminer Chris et sa partenaire Sheeva lors des multiples occasions qui lui sont données,

Mais regardez cette méchanceté !

Mais regardez cette méchanceté !

il préfère laisser mijoter, leur envoyer des grosses bestioles pas très sympa. Quand il décide enfin de prendre les choses en main, il démontre une surprenante perte de sang-froid et un agacement grandissant en voyant que Chris résiste et lui donne bien plus de mal qu’il ne l’aurait imaginé, parvenant à lui injecter une grande dose de sérum baissant drastiquement ses pouvoirs. Après avoir vu son plan encore une fois ruiné par ce même homme qui l’avait déjà vaincu auparavant, Wesker fou de rage absorbe le virus Uroburos. Encore une fois, il parle plus qu’il n’agit et perd beaucoup de temps laissant le virus prendre le dessus sur lui. Complètement obsédé par son envie de tuer Chris, il commet de nombreuses erreurs lors de l’affrontement final et succombe après un coup de lance-roquettes et une chute dans la lave (oui le combat final se déroule au milieu d’un volcan aussi). Albert Wesker meurt donc des mains de l’homme qu’il s’était juré de tuer, laissant derrière lui un échantillon de son virus Uroboros et un fils nommé Jake Muller, l’un des personnages principaux de Resident Evil 6.

… à l’influence très limitée

Ce qui devait être l’apothéose du personnage laisse un véritable goût d’inachevé. Wesker est certes le grand méchant de la saga Resident Evil, mais de nombreux points dérangent.

Wesker dans Marvel vs capcom 3 qui s'en prend au Phoenix, tranquillement

Wesker dans Marvel vs capcom 3 qui s’en prend au Phoenix, tranquillement

Premièrement, c’est un personnage qui empile les clichés de méchant et qui manque cruellement de profondeur. Un surdoué froid et calculateur qui préfère tirer les ficelles et n’intervient que quand il le juge nécessaire, prêt à trahir et tuer n’importe qui si le besoin s’en fait ressentir. Il ne connaît ni scrupule, ni remords et n’hésite jamais. Il est éternellement insatisfait par ses capacités et en veut toujours plus, ce qui ne l’empêche pas de se prendre pour un dieu bien qu’il clame une philosophie très darwiniste selon laquelle seuls les plus forts méritent de survivre. Le plus énervant est qu’il tombe complètement dans le cliché du méchant qui passe son temps à parler plutôt que d’agir. Alors certes le doubleur fait un excellent travail dans Resident Evil 5, mais c’est vraiment redondant à force. 13 ans de Resident Evil ont mené à cet affrontement final, et on se retrouve face à un personnage avec lequel le joueur n’a jamais vraiment créé d’affect. Pourtant il y avait largement la place de le développer avec son background rempli de mensonges et sa jeunesse volée. Mais pas même la scène dans laquelle il retrouve et tue son créateur ne laisse entrevoir une once d’humanité ou même un semblant d’émotion en lui. Comment s’y identifier ou ressentir quoi que ce soit pour lui ? Et puis il ressemble beaucoup à un autre personnage influent de la pop-culture bien plus développé que lui, le terrible Ozymandias de Watchmen. Rien d’officiel ne vient confirmer ce rapprochement, mais les deux personnages partagent aptitudes, personnalités et ambitions.

Wesker dans le REmake

Wesker dans le REmake

Et pourtant, Albert Wesker est probablement l’un des meilleurs personnages de la licence. On sait que ses apparitions sont synonymes de problèmes à venir. Et ces clichés qu’il empile encore et encore, il finit par les embrasser totalement. Ils deviennent la fondation même du personnage, sa force principale. Est-ce une volonté de la part des développeurs ? Rien n’est moins sûr, mais c’est probablement ce qui rend chacune de ses interventions aussi jouissive pour le joueur. Il est presque trop méchant, il vit, parle, respire méchant. Et puis sa tendance à s’enorgueillir constamment est vraiment amusante. Son look exagéré avec ce manteau noir interminable et ces satanées lunettes de soleil serait certainement ridicule sur n’importe qui d’autre, mais ici ça marche ! Son style de combat spectaculaire est jubilatoire, et plus encore quand on a la chance de pouvoir le contrôler dans le mode Mercenaries (mini-jeu présent dans Resident Evil 4 et 5). On nous offre enfin l’opportunité de tester sa toute-puissance grâce a son équipement largement supérieur à celui des autres personnages, et ses attaques au corps-à-corps ravageuses qui envoient valdinguer les ennemis à des dizaines de mètres de distance. Il est également jouable dans Marvel vs Capcom 3 aux côtés de Chris et Jill. En dehors de ça, il n’existe pas ailleurs qu’au sein de la licence Resident Evil. Il n’est dans aucun autre cross-over de Capcom, mais il reste très populaire aussi bien auprès des fans de la saga que dans le monde des jeux vidéo.

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Au final, il est difficile de ne pas apprécier Albert Wesker pour ce qu’il est, l’archétype du grand méchant. Son seul propos est de faire le mal, et à aucun moment on ne vient s’embêter à justifier cela par un aspect émotionnel complètement survolé. Il ne supporte simplement pas la médiocrité, ça s’arrête là. Entre son style tout droit sorti de Matrix et son égo surdimensionné, il est l’élément déclencheur de tous les événements majeurs de la série. On attend chacune de ses apparitions avec impatience car il est capable de faire des choses qu’aucun autre personnage de la série n’est capable de faire. L’histoire de Resident Evil ne ressemble peut-être plus à grand chose, mais on peut toujours faire confiance à ce bon vieux Wesker pour revenir une énième fois d’entre les morts et dynamiter tout ça. C’est un personnage tellement simple sur le fond, et pourtant tellement démesuré dans le contexte de sa série qu’il s’est imposé comme un méchant majeur dans l’histoire des jeux vidéo.