Magnavox Odyssey : quand la première console de salon fait sa pubNi Science, Ni Art

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Au cours des années 1960, un ingénieur nommé Ralph Baer eut l’idée de créer une machine capable de rendre les téléviseurs interactifs. Il proposa son idée à ses patrons de Sanders Associates mais ces derniers n’ont pas été intéressés. Dommage pour eux…

Ralph Baer

Ralph Baer

Ralph Baer produit six prototypes avant de mettre au point la version finale de son projet qu’il appelle « Brown Box » (boîte brune) en raison de sa couleur. Il la montre à des fabricants de téléviseurs dans le but de la faire commercialiser et signe finalement un accord avec Magnavox à la fin de l’année 1970.

Après 18 mois durant lesquels le design et le nom de la machine évoluèrent, Magnavox annonce la sortie prochaine de l’Odyssey en mai 1972. En septembre de la même année, la première console de salon de l’Histoire est disponible chez les revendeurs Magnavox.

Vient donc le moment de faire la publicité de cette toute nouvelle machine capable de faire de votre téléviseur un véritable jeu de société interactif et familial.

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La Magnavox Odyssey et ses 2 manettes

La Magnavox Odyssey et ses 2 manettes

Comme vous pouvez le lire dans la publicité ci-dessus, on ne parle pas encore de jeu vidéo mais plutôt de « Centrale de jeu électronique« . Et on peut dire que cette définition convient très bien à l’Odyssey. En effet, contrairement aux consoles de jeu actuelles, l’Odyssey n’est composée que d’électronique analogique. Pas de processeur ni même de logiciel, l’Odyssey fonctionne un peu comme un oscilloscope, à l’ancienne comme les vrais, les purs, les durs.

Les « graphismes » étaient plus que simplistes puisqu’ils se limitaient à deux carrés représentant les joueurs et un troisième plus petit en guise de balle ou de cible. Un jeu de tennis était inclus, un Pong avant l’heure puisque la célèbre console d’Atari n’est sortie qu’en 1975. Il y avait aussi un jeu de chasse très rudimentaire qui consistait à tirer avec un fusil sur un carré blanc qui se déplaçait à l’écran (encore une fois, la Magnavox Odyssey pose les bases d’un futur hit : Duck Hunt sur NES et son fameux Zapper). On pouvait également jouer avec une ligne verticale pouvant être réduite en hauteur et déplacée sur les côtés. En résumé, l’Odyssey affichait quelques carrés blancs sur un fond noir… youpi…

Quelques feuilles à appliquer sur le téléviseur pour jouer à l'Odyssey (Tennis, Hockey, Simon Says, etc.)

Quelques feuilles à appliquer sur le téléviseur pour jouer à l’Odyssey (Tennis, Hockey, Simon Says, etc.)

Les plus malins d’entre vous ont pourtant remarqué que le téléviseur visible sur la publicité affiche quelques éléments de couleur (Pour ceux qui n’ont pas remarqué : vous serez fouettés en place publique). Et c’est là que les publicitaires se sont montrés malins puisque l’affiche n’indique pas que les couleurs se trouvent sur une feuille que les joueurs doivent coller sur leur écran. Cependant, ce détail sera explicitement montré dans les spots TV. C’est d’ailleurs pourquoi les publicités papier et TV précisent que la console « fonctionne avec tous les écrans de TV de 18 à 25 pouces« . C’est aussi une autre raison pour parler de l’Odyssey comme d’une « Centrale de jeu électronique » et non pas comme d’une console de jeux vidéo. Il n’y a pas vraiment de jeu vidéo dans le cas de l’Odyssey, mais plutôt une sorte de jeu de société interactif avec un téléviseur comme support pour appliquer les différents plateaux de jeu (excepté le jeu de tennis qui ne nécessite pas de décor sur feuille).

Simon Says

Simon Says

Enfin, derniers détails croustillants concernant l’Odyssey.
Sachez qu’elle fonctionnait avec des piles. Cela paraît incroyable aujourd’hui mais les blocs secteur n’étaient pas monnaie courante à l’époque.

L’un des jeux disponibles était le Simon Says. Le fameux jeu électronique à 4 couleurs tel que tout le monde le connaît aujourd’hui fut en fait inventé en 1978, soit 6 ans après la sortie de l’Odyssey, par deux ingénieurs nommés Howard Morrison et… Ralph Baer.

Egalement, la console ne disposait d’aucune fonction sonore. D’autres versions de la machine comme l’Odyssey 200 (sortie en 1975) seront dotées de haut-parleurs qui ne feront cependant que des « touc touc » pour simuler les bruits de rebond. C’est un petit pas pour l’Odyssey, mais un bon de géant pour le jeu vidéo.