Game Gear : de la publicité… en couleursNi Science, Ni Art

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Pubs d'antan : Game Gear
Pubs d'antan : Game Gear

Aujourd’hui, cela fait 24 ans que la Game Gear, console portable avec écran couleur rétroéclairé de Sega, est sortie au Japon. Et pour célébrer cet anniversaire, pourquoi ne pas revoir les pubs qui, à l’époque, ont permis de la faire connaitre au grand public ? Au programme : dénigrement, trip sous LSD, recyclage, virus et habillage… Attachez vos ceintures !

On se souvient tous de la guerre des consoles. Même si la France et la Belgique (ne l’oublions pas !) ont été relativement épargnées par cette guerre publicitaire, Sega ne s’est pas gêné pour dénigrer son concurrent outre-Atlantique où les publicités sont bien plus permissives (pour rappel, aux États-Unis la comparaison d’un produit avec celui d’un concurrent est autorisée). C’est grâce à cette permissivité que des publicités parfois spéciales ont vu le jour. Fort de sa première place en ce qui concerne la vente de consoles de salon avec sa Genesis (MegaDrive chez nous) sortie un an plus tôt, Sega n’a pas hésité à s’attaquer à la reine des consoles portables : la Game Boy.

Trip sous LSD avec écureuil décédé

Ce premier spot diffusé aux US montre une piètre image des possesseurs de Game Boy. Gros et stupides, seul un choc à la tête avec un écureuil mort leur permettra de jouer avec des couleurs. Oui vous avez bien lu : écureuil, mort, choc. Putain c’est glauque…

Le recyclage selon Sega : du pare-soleil au ramasse-crottes

Le second spot quant à lui se montre beaucoup plus agressif envers la firme Nintendo toute entière : « Save the planet, buy a Game Gear ». Certain de sa suprématie, Sega prie les possesseurs de Game Boy de trouver une utilité à leur ancienne console plutôt que de les jeter. La provocation va très loin puisqu’on nous suggère de ramasser des crottes de chien avec nos vieilles Game Boy ! Mais soyons sérieux, qui jetterait une console pour en acheter une autre?

Game Boy : le virus anti-virilité

Dans ce troisième spot, Sega monte encore d’un cran. La Game Boy n’est plus seulement une console dépassée mais un véritable virus se propageant à travers le monde ! Mais heureusement, Sega est là ! Telle la lueur perçant les ténèbres, la console couleur de Sega n’est plus juste une console en avance sur la concurrence mais elle est porteuse d’espoir et de virilité dans ce siècle monochrome. Ouais, ça tacle sévèrement.

Robes rose à fleur et appât en pain frais

Et enfin, dans le dernier spot, sorti en 1995 (soit 2 ans avant l’arrêt de la production de la Game Gear), Sega tourne la Game Boy en ridicule, dénonçant au passage la tentative de Nintendo de rendre sa Game Boy plus colorée alors que l’écran est toujours monochrome. Les ventes n’ayant jamais vraiment décollées (seulement 10 millions d’unités vendues entre 1990 et 1997 contre plus de 50 millions pour la Game Boy), Sega tente le tout pour le tout. Malheureusement, cela n’a pas marché.

Tant de haine, en vain

Si la Game Gear n’a jamais su s’imposer malgré son écran couleur et son rétroéclairage, c’est à cause de sa gourmandise en piles (6 piles AAR pour seulement 4 heures d’autonomie, et encore, des piles de marque !), son poids et son prix de 1290 F (prix justifié par les composantes permettant l’éclairage et l’écran couleur). Pourtant, cette console portable était une avancée de taille à l’époque, il fallut attendre 8 ans avant que Nintendo passe à un écran couleur et encore 5 de plus pour qu’on ait le droit à un écran couleur rétroéclairé. La Game Gear, en plus de proposer son écran couleur rétroéclairé, proposait aussi un adaptateur permettant de jouer aux jeux Master System (accessoire vendu séparément !). Une chose que le marché d’aujourd’hui nous promet toujours, la possibilité de jouer à nos jeux de salon sur console portable, sans pour autant le faire réellement. En fin de compte, la Game Gear était trop en avance sur son temps.