Davis Cup World Tour : le machisme s’inviteNi Science, Ni Art

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La publicité a pour objectif d’utiliser des représentations sociales pour vendre en osant beaucoup quitte à créer un buzz afin de marquer le coup et devenir ainsi intemporelle. Le sexisme dans la publicité existe encore fortement de nos jours. Le corps de la femme se voit assurément instrumentaliser devenant un objet de désir. Quoi de plus symbolique que de vous parler de la publicité machiste dans le jeu vidéo et plus particulièrement de celle du jeu Davis Cup World Tour sur Megadrive au lendemain de la Journée internationale de la femme ?

La femme : un objet de désir.

La publicité machiste peut légitiment être vue comme une propagande commerciale usant de clichés sexistes et mettant en avant des représentations nues de la femme devenant un objet de désir. Cet objet de désir, véhiculé dans les publicités, se renforce dans ce cadrage qui découpe généralement le corps de la femme pour en dévoiler ses parties les plus intimes : les fesses, les seins, la bouche, les jambes. La femme, mise en valeur dans une posture sexy et dévoilant bien souvent son anatomie, devient alors une femme-objet où s’exerce un certain voyeurisme chez les hommes en tant que produit de consommation.

Si la publicité sexiste est très présente dans notre société alors qu’on tend irrémédiablement à mettre en avant les valeurs d’égalité entre homme-femme, elle est encore bien plus envahissante dans les jeux vidéo où sa communauté se compose essentiellement d’hommes. La mentalité masculine et sexiste reste très présente dans ce milieu bien que de plus en plus de femmes jouent aux jeux vidéo.

Davis Cup World Tour : entre hypocrisie et machisme.

La publicité Davis Cup World Tour (Megadrive – Loriciel – 1993) a fait beaucoup couler d’encre à son époque et est encore sujet à débat aujourd’hui, devenant donc intemporelle, surtout quand des allusions à la sexualité sont exprimées sans aucune relation avec le produit prôné. Si à première vue cette publicité peut paraître anodine avec les notes et commentaires de la presse spécialisée vantant le produit illustré par des images du jeu, notre regard se focalise essentiellement sur cette tenniswoman (la joueuse de tennis avec sa jupe courte et ses cris, un fantasme pour les hommes). Vue de dos, elle fait esquisser chez l’homme un petit sourire pervers puisqu’on peut apercevoir les fesses de cette jeune femme qui relève intentionnellement sa jupe de sa main gauche et en ayant dans celle-ci le jeu de tennis Davis Cup World Tour.

Si l’on compare cette publicité avec le jeu en lui même, on peut très vite noter que le produit vanté est une publicité mensongère. Non pas que le jeu Davis Cup World Tour ne mérite pas ses notes, il est considéré encore de nos jours comme une excellente référence en matière de jeu de tennis, mais dans le roster du jeu.

En effet, le jeu ne contient aucune joueuse féminine comme pourrait le suggérer l’affiche de cette publicité. La Davis Cup World Tour étant une compétition internationale de tennis masculin, on se demande alors ce que fait cette jeune femme si ce n’est pour aguicher le consommateur… Hypocrite et machiste, cette publicité est le symbole même de la publicité subversive qui fait allusion à la sexualité féminine sans aucun lien avec le produit vanté.

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Une publicité subversive qui fait allusion à la sexualité féminine sans aucun lien avec le produit vanté.