Castlevania, la série Netflix

Les jeux vidéo et les adaptations ciné/série, ça n’a jamais vraiment créé de bons souvenirs. Récemment encore, la purge Assassin’s Creed et le terrible échec artistique du film Warcraft l’ont prouvé. Mais quand Netflix annonce fin 2016 une adaptation en série animée de Castlevania, produite par l’excellent Adi Shankar (déjà derrière les très bons « Dredd » (2012) et « The Voices » notamment), impossible de contenir notre hype. Les promesses dont rêver : une adaptation fidèle de Castlevania 3, une série destinée aux adultes et un casting 5 étoiles. Nous avons « Binge Watché » la série, et, après l’avoir laissée reposer quelques jours dans nos têtes, voici notre avis sur cette adaptation de la saga culte de Konami.

Celle-ci reprend l’histoire de Castlevania 3 Dracula’s Curse, sorti sur NES en 1992 en Europe. Logique chronologiquement parlant (il est généralement considéré comme le premier épisode de la timeline de la série), cela reste un choix osé étant donné qu’il est loin d’être l’épisode le plus populaire de la série. Cette première saison s’étend sur 4 petits épisodes d’une vingtaine de minutes chacun. L’histoire est parfaitement respectée et se permet même d’étendre le développement de ses personnages. Le premier épisode (le meilleur), entièrement dédié à Dracula, est aussi surprenant que maîtrisé. De la narration au développement des personnages, il parvient même à créer de l’empathie pour l’antagoniste d’une saga, chose presque jamais vue dans les jeux.

On peut aussi se satisfaire de l’ambiance et de l’univers. Résolument mature, à aucun moment Castlevania ne fait dans la dentelle. Les affrontements sont particulièrement violents. Le sang gicle, les membres volent, les insultes fusent... La vulgarité des dialogues donne parfois l’impression d’être là juste pour jouer à fond la carte du « cartoon pour adultes », au risque de décrédibiliser le très bon travail du casting vocal. Graham McTavish (notamment vu dans la série Preacher) campe parfaitement Dracula, alors que Richard Armitage (Thorin dans Le Hobbit) s’en donne à cœur joie en Trevor Belmont.

Bien qu’inégale visuellement, la série nous offre quelques superbes panoramas, notamment ceux du château de Dracula. Les créatures sont terrifiantes et la brutalité de la série est parfaitement mise en valeur à l’écran. En revanche, une partie des dessins auraient mérité un petit coup de poliche. Tout comme l’animation, très hachée et pas toujours agréable à regarder. Toujours au rayon des déceptions, sur quatre épisodes, deux sont excellents (le premier et le dernier), tandis que les deux autres montrent quelques faiblesses. L’horripilante scène du bar fait peine à voir et frôle clairement le malaise, tout comme le personnage de Trevor qui risque d’agacer plus d’un spectateur. Enfin, difficile de voir en cette première saison autre chose qu’un prologue à ce qui nous attend. L’épisode 4 se termine sur ce qui pourrait être la fin du pilote de la série.

Forcément trop courte, cette première saison de Castlevania reste amplement satisfaisante. Loin de se contenter de respecter l’oeuvre originale, la série prend des libertés et étend l’univers et les personnages du jeu avec brio. Néanmoins impossible de ne pas rester sur sa faim avec cette amère impression d’avoir regardé le prototype de ce que devrait véritablement être Castlevania, notamment avec cette animation en dents de scie. Heureusement la saison 2 est déjà officialisée, et nous gratifiera de 8 épisodes. De quoi corriger les quelques petits défauts d’une adaptation qui est déjà la meilleure jamais vue pour un jeu vidéo en film/série.

Toothpick

, rédacteur

Rageux du framerate au bon goût auto-prononcé. Du genre à acheter une Vita quand la hype est autour de la Switch.