Marcus : Pixel Mania – De l’idée à la création

A l’occasion de la sortie du livre Pixel MANIA : 50 projets pour réinventer les jeux vidéo, nous avons eu l’immense privilège d’interviewer Marcus, journaliste et animateur spécialisé dans l’univers du jeu vidéo (Game One, Nolife) et auteur de Pixel Mania.

[N.B] Notre Marcus national étant très bavard, nous avons décidé de scinder l’interview en deux parties. Une premiere nommée Pixel Mania – De l’idée à la création se concentrant sur le livre Pixel MANIA : 50 projets pour réinventer les jeux vidéo et une seconde qui traitera du jeu vidéo entre présent et avenir

 

[A Lire ] Critique du livre Pixel MANIA : 50 projets pour réinventer les jeux vidéo

 

I- Pixel Mania – De l’idée à la création

 

  • D’où vient cette idée de livre ?

Ce livre est tout d’abord une commande d’éditeur. Concernant mon implication, j’ai écrit les titres des chapitres, les paragraphes introduisant chaque projet et la préface. Par exemple, j’ai expliqué ce que c’était Portal, ce qui n’est pas forcément évident pour tout le monde contrairement à Mario ou Zelda.

  • Comment ont été collectés les différents tutoriels/projets ?

Le projet étant validé, mon éditeur et moi-même avons listé ensemble les licences à évoquer puis on a fait le tri. Certaines choses viennent de Pinterest, d’autres de magazines. On a sélectionné cinquante projets avant de contacter chacun des créateurs pour qu’ils nous envoient des photographies des différentes étapes de la création.

  • Un seul tutoriel sur le cosplay, est-ce une volonté de votre part pour mettre en avant d’autres loisirs créatifs moins connus ?

La difficulté première a été de faire un choix. Avec cinquante projets au total, on ne peut pas tout mettre. Je respecte le cosplay, je suis même admiratif de cette passion et de l’imagination débordante de ceux qui s’adonnent à ce passe-temps. Si j’avais pu en mettre davantage, j’en aurais mis plus. Ça fait partie de la culture geek, seulement la culture geek est un imaginaire qui dépasse le stricte cadre du jeu vidéo. Il y a un véritable faisceau qui va de la bande dessinée au cinéma en passant par les animés.

  • Ce livre est-il une manière de décloisonner encore un peu plus le jeu vidéo pour l’ouvrir davantage à tous les sexes et tous les âges ?

Pour moi, le livre s’adresse principalement aux geeks. Les gens sont fiers de l’être et de le montrer. Un gamer veut faire des clins d’œil aux initiés et cela peut passer par la décoration de son intérieur. C’est presque un signe de reconnaissance entre geeks, à la manière d’une private joke même si le livre s’inscrit dans une culture, une tendance qui dépasse le cadre du simple joueur.

J’ai toujours milité pour dédiaboliser le jeu vidéo, expliquer que ce n’est pas un truc violent et que bien souvent lorsqu’il y a de la violence, il faut la prendre au deuxième degré (Mortal Kombat pour ne citer qu’un exemple). Il est important de montrer aux non-initiés qu’on joue en famille depuis longtemps, que le jeu vidéo réunit les générations. A mon échelle, je joue à tous les jeux vidéo Lego avec mon neveu. Les médias de masse disent que les jeux vidéo isolent les enfants, les rendent idiots. Je combats cette image.

  • Peut-on faire du loisir créatif estampillé jeu vidéo à moindre coût ?

Oui, les premiers tutoriels du livre sont accessibles aussi bien au niveau du temps que de l’argent. On trouve des cartes de vœu, des tampons Space Invaders voire des gâteaux comme celui de Portal (The Cake is a lie).

  • Pourquoi la plupart des licences proposées dans le livre sont-elles issues du catalogue Nintendo ?

Ce n’est pas une volonté particulière, on n’a pas de partenariat avec Nintendo ! Seulement, ce sont les pionniers du jeu vidéo et leurs licences sont les plus emblématiques. Le titre Pixel Mania dessine d’ailleurs notre champ d’action, utiliser cette esthétique que j’adore pour créer n’importe quoi. Dès qu’on fait quelque chose avec le pixel, ça devient vite complexe. La facilité n’est qu’apparente.

  • As-tu réalisé la plupart des tutoriels proposés ?

Seul celui sur Portal a été réalisé avec mes gros doigts.

  • Y aura-t-il un tome 2 ?

L’éditrice est partante pour un tome 2 et je serais fier de faire ça avec les gens qui me suivent. J’ai une relation géniale avec ceux qui me regardent depuis longtemps, une réelle connivence. Par exemple, j’avais imaginé enfant un super-héros, “l’intrépide”, mes fans ont aimé, ont envoyé des dessins, réalisé des cosplays, etc. Parmi eux, de vrais dessinateurs de bande dessinée se sont prêtés au jeu. Au final, mon héros a été publié chez Ankama. Ca fait quelque chose de voir sa création à côté d’Iron Man à la FNAC. C’est un peu un conte de fée. Bref, si je fais un tome 2 de Pixel Mania, ce sera avec eux.

Je ne tiens pas ici à flatter mes fans mais à montrer l’imagination de la communauté geek. Pour prendre un exemple concret, on a fait un concours sur ma page Facebook. Les gens devaient mettre des photographies de leurs bricolages; les trois meilleurs, ou plutôt mes trois favoris, gagneraient le livre Pixel Mania. On a eu plus de quatre cents commentaires, deux cents bricolages. Ça allait de Game of Throne à d’autres licences populaires. On pourrait faire un deuxième tome rien qu’avec ça. J’ai vu un projet d’overboard tiré de Retour vers le futur, une lampe Zelda. Les geeks sont fascinants.

Seulement, une suite dans le monde de l’édition, c’est avant tout une question de chiffres. Même s’il est trop tôt pour avoir des retours chiffrés précis, a priori le tome 1 marche bien. J’ai fait un salon à Lille, on en a vendu quinze en un week-end. S’il y a un tome deux, on dépassera la contrainte du pixel voire du jeu vidéo car au-delà du jeu vidéo, il y a la culture geek.

Nous remercions Marcus d’avoir pris le temps d’avoir réalisé cette interview goupillée par Alfoux.