Les cheat codesHistoires du Jeu Vidéo

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A l’époque des cartouches de jeux, où, sauf exception, il n’y avait pas de mémoire intégrée afin de sauvegarder sa progression dans des jeux à la difficulté parfois très élevée, nous, pauvres joueurs, avions un ultime recours : les cheat codes.

Les origines

cheat_code_7A l’origine, les codes de triche ont été créés par les programmeurs chargés de tester les softs en modifiant leurs règles, comme la vulnérabilité du héros, afin d’explorer plus facilement l’ensemble des interactions du jeu dans les différents niveaux. Le premier exemple de cette méthode est Manic Miner, jeu de plateforme sorti en 1983 sur ZX Spectrum, dans lequel on pouvait entrer le code « 6031769 » qui était en fait le numéro de permis de conduire du développeur Matthew Smith.

Les premiers codes ont involontairement été intégrés dans les versions de jeux destinées à la vente. Tout d’abord fréquente sur jeux PC, l’utilisation de code s’est ensuite répandue à toutes les plateformes, puis est devenue partie intégrante des softs, notamment sur consoles 16 bits. Leur popularité a explosé grâce aux magazines spécialisés, on se souvient tous s’être jetés sur les dernières pages de Mégaforce ou Player One, plus récemment sur etajv, en quête d’une astuce. Les développeurs ne se servaient plus seulement de cheat pour vérifier le bon fonctionnement du jeu, mais également pour créer une part de mystère, ainsi qu’un coup marketing lors de la divulgation de l’astuce au grand public.

Comment ça marche ?

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« Noclip mode » dans Skyrim

Les codes se présentaient souvent sous la même forme, comme une combinaison de touches pour les jeux de plateforme. Dans les FPS, les codes s’entraient, en règle générale, dans la boîte de dialogue permettant d’activer le God Mode, les munitions illimitées ou de supprimer le clipping accordant la possibilité de traverser les murs et de « voler ». D’autres avaient des effets plus inattendus, comme se frapper soi-même dans Wolfenstein 3D.
 

cheat_code_8Parfois, les codes se substituaient aux cartes mémoire en autorisant le franchissement des niveaux déjà effectués dans une précédente partie, comme dans Flashback par exemple. Il était également possible de tricher grâce à l’ajout de programmes ou la modification de fichiers, ainsi qu’à l’usage de cartouches spéciales telles que le Game Génie ou l’Action Replay. Ces dernières, ouvrant la création de triches aux joueurs, ont contribué à la désuétude des codes insérés par les programmeurs et du même coup, tout l’intérêt qu’ils suscitaient.

Les cheat codes les plus connus

Le nombre de cheats connu à ce jour étant colossal, nous allons nous concentrer sur quelques spécimens notoires.

Le code Konami

cheat_codes_1Il est bien sûr impossible de parler des cheat codes sans citer le « code Konami », combinaison de touches universelle datant de 1986 qui ne sert pas à ouvrir un cryptex mais à débloquer différentes options cachées dans plusieurs jeux de la marque nippone. Initialement, ce code fournissait des power-up dans la version NES du shoot’em up Gradius (parfois appelé Nemesis). Son développeur, Kazuhisa Hashimoto, l’estimait en effet trop difficile. On le retrouve ensuite, toujours sur NES, dans Contra (ou Probotector) en 1988 pour décupler le nombre de vies. Cette combinaison de touches internationalement célèbre a fait l’objet de nombreux clins d’oeil par plusieurs groupes de rock notamment Deftones en 2006, à la télévision dans Bref ou Family Guy et évidemment dans d’autres softs comme Assassin’s Creed 3, le cheat permettant d’apprivoiser un dindon, puis de le parer d’une capuche d’assassin…

On peut retrouver diverses utilisations du Konami Code sur la Toile (à tester avec le son sur digg.com), mais également dans la Free Box Revolution afin de dézoner le lecteur Blu-Ray et DVD (à entrer dans la rubrique « Réglages/Blu-Ray »). Free a caché une petite animation dans le player à visualiser grâce au même code.

 

Le déblocage de la censure dans Mortal Kombat

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POP!

La seconde astuce apparait dans Mortal Kombat. La version console ayant été censurée par rapport à l’arcade, les développeurs ont inséré un message d’accueil sous-entendant qu’il y avait un code secret. En effet, en appuyant sur « A, B, A, C, A, B, B » sur ce même écran, on débloquait le mode Gore, incluant le sang et les fatalités ou fatality d’origine, sans lesquelles, il faut reconnaître, le soft perdait tout son intérêt.
 
 

La bidouille de fichiers sur PC

cheat_code_5Passons à un game trainer bien connu : la modification du fichier rules.ini du jeu de stratégie Command & Conquer : Alerte Rouge, sorti sur PC et Mac en 1996. Le bidouillage du fichier grâce à un simple éditeur de texte ouvrait des possibilités énormes en changeant les caractéristiques de chaque unité ou bâtiment, permettant, par exemple, de transformer un grenadier en bombe nucléaire ou rendre un tank invincible.
 
 

Et aujourd’hui ?

cheat_code_4Depuis les consoles de cinquième génération, l’utilisation des codes tend à disparaître au profit des easter eggs (qui font le bonheur d’Onilane et Ristou) et d’objets à collecter (les plumes et coffres d’Assassin’s Creed, les médailles dans Gears of War, etc.).

Néanmoins, il existe des exceptions, notamment la série des Grand Theft Auto qui conserve ce système pour permettre aux joueurs de s’éclater en faisant apparaître des tanks ou en s’octroyant les armes à volonté. Il faut quand même préciser que l’utilisation des cheats enlève généralement une grande partie du plaisir de jeu, surtout quand il s’agit de sauter les niveaux ou de rendre son perso invincible (dans GTA, c’est plus pour le délire). Les jeux récents étant bien plus simples à terminer, notamment grâce aux sauvegardes à tout moment et à l’abolition des vies, amputant par la même occasion la sensation de réussite (théorie du paradoxe du joueur), les codes sont devenus obsolètes. Les rares qui subsistent servent à prolonger un peu la durée de vie d’un soft en proposant de nouvelles approches de gameplay et sont parfois même directement implémentés en guise de bonus : pas besoin de manipulations, il suffit d’aller dans le menu pour activer un mode miroir ou un mode sans pesanteur comme dans Uncharted 2.

Conclusion

D’abord utiles aux développeurs, les cheat codes sont vite devenus des bonus cachés pour le plaisir des joueurs. Passer un niveau, s’octroyer des vies à l’infini ou disposer d’un arsenal digne de Schwarzenegger, les cheat codes permettaient de rendre un jeu plus facile, de reprendre une partie non sauvegardée ou juste de fournir quelques minutes de fun en plus. Aujourd’hui, cette mode qui a même donné lieu à des livres de plusieurs centaines de pages entièrement dédiées aux cheat codes est passée. Alors on se souvient du bon temps avec nostalgie, le temps où on cherchait un code pour jouer à Tomb Raider avec une Lara Croft nue (spoiler : ce code n’existe pas). Et on finit en musique avec le code « disco » de Warcraft 2.