25 ans de Game BoyHistoires du Jeu Vidéo

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A l’origine de nom masculin, le Game Boy est généralement appelé « la » Game Boy par abus de langage. C’est aujourd’hui plus que toléré et devenu langage courant. Au final, chacun dit comme il veut.

Création

Le Game Boy n’est pas le premier résultat de la réflexion autour d’une console de jeu portable. Avant lui, les Game&Watch proposaient déjà des consoles mobiles mais à jeu unique. Leur créateur n’est autre que Gunpei Yokoi, à l’origine de l’écran LCD mais surtout, futur concepteur du Game Boy…

L’onéreuse performance VS la maîtrise bon marché

Chez Nintendo, deux visions s’opposent avec d’un côté Saturo Okada, plus tourné vers une machine puissante et de l’autre, Gunpei Yokoi qui au contraire préfère se reposer sur une technologie maîtrisée pour diminuer les coûts et se concentrer sur la qualité des jeux. Ce second projet retient toute l’attention du président de Nintendo et tout particulièrement Minoru Akawa président de Nintendo Of America qui voit un fort potentiel dans un lancement accompagné du jeu Tetris.

Gunpei Yokoi, à l'origine du Game Boy

Gunpei Yokoi, à l’origine du Game Boy

Tout porte à croire que le Game Boy sera un succès commercial ; les développeurs connaissent la technologie déjà présente pour la console de salon Nintendo de l’époque, la Famicom, et cela en réduit les dépenses, permettant une vente à un prix abordable. Cette première facilité se heurte cependant à deux interrogations ; comment incorporer un écran à cette NES portable et de quelle manière garantir une autonomie satisfaisante ? Pour répondre à la première, Yokoi décide d’utiliser un écran de basse qualité afin de ne pas augmenter les coûts de production et donc de vente. Pour la consommation d’énergie, il décide d’associer une batterie sur secteur et des piles R6 pour une capacité de trente heures de jeu.

La bête

Nintendo GameboyLa version finale du Game Boy est une console 8-bits, munie d’un écran LCD monochrome, un processeur CPU Z80 modifié très proche de celui de la NES niveau capacités avec une cadence de 4,2 Mhz. Les boutons restent proches de ceux de son équivalent en salon ; une croix directionnelle, deux boutons d’actions, un select et un start ainsi que deux molettes pour les réglages de son et de luminosité. Enfin, les cartouches interchangeables variaient entre 32 Ko et 8 Mo.

Sortie

En quelques chiffres

Le Game Boy est sorti au Japon et aux USA en 1989 puis en 1990 en Europe. Elle était alors vendue 12 500 yens soit une petite centaine d’euros. Depuis sa première apparition, le Game Boy et le Game Boy Color se sont écoulés à 118,69 millions d’unités. Un record pour l’époque.

Une concurrence vite dépassée

Les principaux constructeurs concurrents tentent de riposter dès 1990 avec la Game Gear de SEGA qui s’est vendue à 10 millions d’exemplaires, la Lynx d’Atari avec 6 millions ou encore la PC-Engine GT de NEC avec seulement 1,5 millions d’unités vendues. Si celles-ci étaient plus puissantes et dotées d’un écran couleur, leur prix de vente pouvait atteindre le double du prix du Game Boy et leur autonomie était jusqu’à dix fois moins longue.

La Lynx d'Atari

La Lynx d’Atari

Un succès sans précédent

25-ans-de-game-boy-contenu4Si on met de côté la technique, le premier atout du Game Boy est le jeu Tetris. Un casse-tête chronophage, une prise en main facile et une bande son impossible à oublier, c’est LE jeu qu’on emmène partout. A cela s’ajoute un dernier détail pour le moins avantageux : mise à part la borne d’arcade Atari, toutes les autres versions antérieures du jeu Tetris ont été retirées du marché car non légales.

En 1996, un second souffle est donné à la machine avec la création de la licence Pokémon. La sortie simultanée de deux cartouches remporte un vif succès et donne naissance à une véritable communauté de joueurs qui s’échangent leurs créatures. Au-delà de ces deux gros succès, la console possède une ludothèque de rêve : on retrouve tous les grands titres qui faisaient le succès de la Famicom ; Mario, Zelda, Castlevania, Metroid, Kirby, etc.

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Les accessoires quant à eux se multiplient avec en premier lieu le fameux câble link idéal pour le multijoueur et prenant tout son sens avec Pokémon. S’en suit des gadgets plus ou moins utiles ; la loupe Light Max qui bien que peu esthétique avait l’avantage de palier le manque de lisibilité de l’écran ; le Game Boy Printer permettait d’imprimer certaines images de jeu ou captures via la Game Boy Camera.

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Qui dit succès dit marché parallèle. En effet, de nombreuses cartouches de contrefaçon voient le jour notamment dans des usines en Asie. Sans zonage sans protection du logiciel, les jeux Game Boy sont très facilement piratés. La console elle-même est copiée maintes et maintes fois, avec des noms sans originalité : Game Pocket, Happy Boy, etc.

Déclinaisons et successions

Un Game Boy revisité

Lancé sur la voie de la réussite, Yokoi entreprend un autre chantier, celui du Virtual Boy. Sa sortie en 1995 est un véritable échec, aussi le président de Nintendo demande la production l’année suivante du Game Boy Pocket, une version redessinée et plus compacte de la portable à succès.

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25-ans-de-game-boy-contenu8En 1998, afin d’assurer la transition vers le futur Game Boy Color, la variante Light offre une véritable nouveauté avec son écran rétroéclairé et une batterie plus économe. Finalement, elle est retirée du marché quelques mois après sa sortie, Nintendo estimant qu’elle handicaperait les ventes du prochain nouveau Game Boy. Cela en fait aujourd’hui une console rare, prisée par les collectionneurs.

Game Boy Color

Le Game Boy Color présente en plus de son frère aîné un écran en couleurs, un processeur plus costaud et une connexion sans fil qui doit beaucoup encore une fois aux doubles cartouches Pokémon et aux échanges entre dresseurs.

Un game Boy Color sur mesure

Un Game Boy Color sur mesure

Game Boy Advance

En 2001 sort le Game Boy Advance, une console 32-bits rétrocompatible avec les jeux du premier Game Boy. Deux ans plus tard, il est décliné sous le nom de GBA SP avec la particularité d’avoir un écran pliable et un système de rétroéclairage. Enfin, en 2005, une ultime réédition de taille réduite mais avec un écran nettement amélioré voit le jour : le Game Boy Micro.

Une nouvelle famille

L’année 2004 est celle d’une toute nouvelle famille de console portable Nintendo, à l’architecture bien différente ; la Nintendo DS puis la Nintendo 3DS en 2011. Pensées sur deux écrans dont un tactile et pour la seconde la technologie de 3D stéréoscopique, celles-ci offrent une nouvelle expérience de jeu. Mais ça, c’est une autre histoire…

Game Boy, 25 ans plus tard

Cartouche ou préservatif, même combat… Emboitez !

Symbole d’une époque, le Game Boy a survécu aux années 1990 et aux effets de modes. Il est aujourd’hui à la fois culte et objet de collection. Ses jeux les plus célèbres sont réactualisés sur de nouveaux supports et ses cartouches se vendent toujours notamment entre particuliers sur le web. La console quant à elle a été de nombreuses fois redessinée, offrant parfois de très belles pièces. Elle est aussi devenu instrument de musique lors de concerts de chiptunes. Son design épuré mais efficace lui vaut aujourd’hui le rang d’icône de la pop culture et se retrouve imprimé sur les vêtements, les coques de smartphones et autres objets de la vie courante.

Finalement, bien que peu expérimentée dans la construction de ses propres machines, Nintendo relève l’industrie du jeu vidéo grâce à la NES après le crash de 1983 et écrase toute concurrence en sortant la première console portable abordable et de qualité pour la grande consommation, s’ouvrant à un public large de joueurs et de non-joueurs.