Yakuza Kiwami

Plus le temps passe, et plus la saga Yakuza s'impose comme un incontournable du paysage vidéoludique. Yakuza Kiwami fait office de porte d'entrée idéale pour quiconque n'ayant jamais touché à un jeu de la série. Il offre une expérience unique entre bastons jouissives, humour décalé et héros ultra charismatiques. Les fans trouveront leur compte avec un remake de très grande qualité qui ajoute une tonne de contenu, en plus de visuels entièrement refaits. Tentez l'expérience Yakuza, et vous nous en remercierez. On est tout simplement face à un grand jeu vidéo.
Les plus
  • Vrai remake graphique, 1080p/60fps
  • L'esprit unique des jeux Yakuza
  • Kazuma Kiryû, l'homme que l'on rêve tous d'être
  • Les combats toujours aussi grisants
  • Tellement de choses à découvrir
Les moins
  • Pas l'épisode le plus dense en activités annexes
  • Uniquement en Anglais
  • Certains affrontements traînent en longueurs
Contenter fans et nouveaux venus

Phénomène au Japon, la saga Yakuza (ou « Ryu ga Gotoku ») est longtemps resté un plaisir de joueur de niche en Occident. Par chance, nous avons eu le droit à tous les épisodes canoniques chez nous, bien que seul le premier fut traduit en Français. Cela dit, on sent une volonté très forte de Sega de pousser sa série en Occident depuis le début d’année. La sortie de Yakuza 0 en Janvier, excellent préquel de la saga et bien reçu par la critique et les joueurs en témoigne. Le 20 mars 2018, c’est Yakuza 6 qui débarquera sur nos Playstation 4. Et puis, peut-être aurons-nous droit au prochain Yakuza Kiwami 2, et surtout « Hokuto ga Gotoku », improbable cross-over entre Ken le survivant et Yakuza. En attendant, il n’y a aucune excuse pour passer à côté de la série en ce moment. Yakuza Kiwami, remake total du premier épisode, est la porte d’entrée idéale pour le nouveau venu. De plus, le titre est vendu 35€ seulement.

Comme un dragon

Kazuma Kiryu, L’homme de ma vie

La totalité de la série Yakuza repose sur deux choses : un quartier et un homme. D’abord, le quartier de Kamurochô. Très largement inspirée du quartier de Kabukicho de Tokyo, c’est une zone hostile où le trafic de drogue, la prostitution, les jeux d’argent et la violence sont le quotidien des habitants. Le jeu fait un formidable travail de mise en ambiance. On croise des racoleurs, des SDF et des ivrognes à tous les coins de rues. On ne traverse pas une ruelle sans qu’un groupe de yakuzas ou de petites frappes ne veuillent s’attaquer à vous. Il se déroule intégralement de nuit (à l’exception d’une poignée de séquences), et ouvre sur une extorsion d’argent à base de coups de poing dans la tronche. Il n’y a pas un seul instant où l’on a l’impression de sortir du contexte, même dans les moments les plus fous du jeu.

À la tête du business local se trouve un clan de yakuzas : le clan Tojo. Il regroupe de nombreuses familles qui travaillent ensemble et se partagent l’argent et le territoire. Au sein de la famille Dojima se trouve un homme craint et respecté de tous : Kazuma Kiryû. Surnommé « le Dragon des Dojima », il est tout autant le héros que l’incarnation même de l’esprit de la saga. Badass ultime aux sourcils constamment froncés, bad guy au grand cœur, criminel avec la notion du bon et du mauvais, Kiryû est un personnage grandement réussi que l’on se réjouit de retrouver à chaque épisode. Il est entouré d’un casting tout aussi intéressant, même lorsque le jeu use d’archétypes un peu trop marqués. L’autre grande star de la série, Goro Majima, est bien plus présent que dans le jeu d’origine. Il est susceptible de vous tomber dessus à n’importe quel moment pour vous affronter, souvent après une mise en scène grandiloquente dont il a le secret. Et qu’importe si cela peut mener à quelques incohérences scénaristiques, on est toujours content de croiser Majima.

 

Shoryuken

Les rencontres avec Majima sont loin d’être insignifiantes. Après avoir passé 10 ans en prison pour un crime qu’il n’a pas commis, Kiryû n’est plus que l’ombre du Dragon qu’il était auparavant. Les combats et nombreuses quêtes et activités annexes rapportent de l’expérience. Cette dernière se répartit en trois catégories sur différents « sphérier ». Ses trois premiers styles de combat (Rush, le plus rapide, Beast, le plus bourrin, et Brawler, l’entre-deux) reviendront naturellement, mais le style signature de Kiryû, le style « Dragon », ne reviendra qu’en affrontant Majima car lui seul sait attiser la soif du combat de Kiryû. On prendra de plus en plus de plaisir à tabasser le premier groupe de malfrats venue, notamment grâce à des finishers brutaux et jouissifs. La surabondance de combats est heureusement adoucie par une transition instantanée entre exploration et baston. On sera plus réservé sur certains combats de boss qui ont tendance à traîner en longueur, notamment à cause d’une régénération magique des PV de ces derniers.

Kazuma Kiryu est l’incarnation de l’esprit des jeux Yakuza

La quête principale est découpée en chapitres avec un rythme récurrent: une cinématique, un trajet/un combat, une cinématique, un trajet/un combat etc… L’histoire se suit avec beaucoup de plaisir et n’est jamais noyée par son vaste casting. On s’attache rapidement à une bonne partie des personnages et on est happé par l’histoire de ces mafieux pas si mauvais dans le fond. L’amateur de cinéma asiatique y trouvera parfaitement son compte. Attention tout de même, le jeu est bavard et uniquement traduit en Anglais. Il n’est pas non plus intégralement doublé, ce qui est malheureux au vu de la qualité de la prestation des acteurs japonais.

L’esprit Yakuza

Flechettes, billiards, bowling, arcade… Il y a de quoi s’amuser

Vous l’aurez compris, dans Yakuza, on résout tous les problèmes avec des coups de pied retournés. Dans un monde ouvert restreint et qui offre finalement assez peu de libertés, on se retrouve parfois dans des situations particulièrement saugrenues. Si le scénario principal est très premier degré, le jeu se débride totalement dans les 70 quêtes secondaires et multiples activités annexes à réaliser. Billard, fléchettes, course de voitures télécommandées et même pierre-feuille-ciseau avec des filles en déguisement d’insectes sexy (en cartes à collectionner, bien évidemment), il y a de quoi faire. Bien qu’inégales qualitativement, la plupart amuseront le temps de quelques parties entre deux tabassages de gangsters. Le fan de la série sera peut-être plus réservé, car cet épisode est loin d’être le plus fourni en activités. Par exemple, il n’y a que deux hôtesses pour le mini-jeu de drague, et aucun vrai jeu d’arcade disponible mais l’humour et le fun ressenti tout au long du jeu tiendra largement en haleine le joueur sur la grosse quarantaine d’heure nécessaire pour en faire le tour (en ligne droite, comptez 15 heures).

 

En sortant ce remake à prix réduit, Sega invite tout le monde à donner une chance à une licence méconnue dans nos contrées. Yakuza Kiwami est un remake réussi du premier épisode de la série. Techniquement au point avec une grosse couche de contenu supplémentaire, il fait office de porte d’entrée idéale pour le néophyte. Le vétéran lui, arpentera les rues d’un quartier qu’il connaît sûrement mieux que sa ville natale, et prendra plaisir à revivre l’histoire par laquelle tout a commencé. Sans être l’épisode le plus fou, ou le plus abouti de la série, Kiwami reste un indispensable et une invitation à plonger dans ce monde fou et inoubliable.

Toothpick

, rédacteur

Rageux du framerate au bon goût auto-prononcé. Du genre à acheter une Vita quand la hype est autour de la Switch.