Under Night In-Birth EXE:Late

Under Night In-Birth EXE:Late est sans aucun doute l’un des tout derniers bons jeux de baston de la PS3. Certes, le design des personnages et les décors sont communs, et il manque un mode de jeu solo plus inventif. Mais le titre surprend grâce à un gameplay à la fois accessible et riche, servi par seize personnages tous très différents. On prend donc son pied (et celui de son adversaire) dès la première partie. Enfin, les combats en ligne ne souffrent d’aucun ralentissement et promettent de nombreuses heures remplies de bourre-pifs.
Les plus
  • Un gameplay à la fois accessible et riche
  • Un mode online stable et fréquenté
  • Du plaisir dès la première partie
  • Des combats nerveux et intenses
Les moins
  • Des modes de jeu trop classiques
  • Des graphismes pas assez travaillés (décors et personnages)

Avec son nom à rallonge, on se dit que Under Night In-Birth EXE:Late est encore un jeu de baston japonais comme on en trouve par palettes. Comme tout jeu de baston japonais qui se respecte, le soft est d’abord sorti sur arcade avant d’être porté sur PlayStation 3 au travers d’une version retouchée. Bref, on est parti pour une nouvelle séance de bourre-pifs en 2D.

Un peu d’histoire

Nom à rallonge = logo illisible

Nom à rallonge = logo illisible

Comme tout bon jeu de baston japonais, l’histoire du développement de Under Night In-Birth EXE:Late est un peu compliquée. Accrochez-vous. Under Night In-Birth est d’abord développé par Ecole Software et French-Bread. Le jeu est édité par SEGA sur borne d’arcade en 2012. L’année suivante, une version retouchée, nommée Under Night In-Birth EXE:Late, est à nouveau éditée sur arcade (les jeux de baston sur arcade bénéficient souvent de nouvelles versions avec notamment un rééquilibrage du gameplay et des rapports de force entre les personnages). En 2014, Arc System Works porte le jeu sur PlayStation 3, pour une sortie uniquement japonaise. Il faut alors attendre jusqu’à février 2015 pour voir débarquer le jeu en Amérique du Nord et en Europe. La version américaine est éditée par Aksys Games, tandis que la version européenne est assurée par NIS America.

Le scénario a peu d’importance mais justifie le gameplay.

L'histoire est narrée avec des images fixes.

L’histoire est narrée avec des images fixes.

Typiquement japonais, le scénario n’a que très peu d’importance mais il justifie quelque peu le gameplay. Il faut d’ailleurs se reporter au manuel du jeu pour le lire puisque les quelques dialogues échangés entre les combats ne sont en fait que de pauvres punch-lines. Des textes bien plus détaillés concernant les personnages apparaissent sur l’écran d’introduction des combats, mais ils sont bien trop longs et écrits bien trop petits pour être lisibles…
 

est narrée avec des images fixes.

Hyde, le héros principal et donc personnage le plus abordable.

L’histoire se situe courant XXIème siècle. Depuis plusieurs siècles, un phénomène appelé Hollow Night enveloppe des régions du Japon une fois par mois. Ces zones sont occupées par des monstres, les Voids, qui utilisent et nourrissent un pouvoir nommé « Existence », ou EXS (on y reviendra plus bas). Normalement, les humains ne peuvent pas voir ou entrer en contact avec ces créatures, mais certaines personnes y arrivent tout de même. Les Voids tentent donc de les éliminer. Il arrive parfois qu’un humain survive à l’attaque d’un Void et devienne un « In-Birth », un être ni mort ni vivant qui peut lui aussi contrôler Existence. Deux organisations rivales se forment alors pour protéger les humains : le groupe Yato chasse les Voids tandis que le groupe Licht Kreis tente de mettre en place des lois. Une troisième organisation, Amnesia, cherche à détruire Yato et Licht Kreis.

Une première impression toute en déjà-vu…

Les combats permettent d'engendrer des points pour débloquer de nouvelles couleurs de costumes et quelques illustrations.

Les combats permettent d’engendrer des points pour débloquer de nouvelles couleurs de costumes et quelques illustrations.

Dès les premiers instants, on se retrouve en terrain connu. On a bien sûr droit à une cinématique d’introduction tout ce qu’il y a de plus classique pour présenter les personnages. Le style graphique manga, simple et épuré, ne surprend pas. D’ailleurs, les seize combattants que comporte le jeu sont disponibles dès le départ. Les seuls éléments à débloquer sont des couleurs d’habits ou des images…

Les décors, eux aussi, sont communs et manquent de détails. On se bat donc, comme d’habitude, dans un parc, sur le toit d’un immeuble, devant une résidence, sur un parking, au bord d’un cours d’eau… C’est dommage car graphiquement le jeu tient la route. L’animation est fluide et on a droit à de beaux effets visuels lors des impacts, même si les grosses furies auraient mérité un peu plus de folie.

Entièrement sous-titré en anglais, le jeu offre tout de même les voix japonaises. Les musiques sont variées, de l’électro au métal, mais pas transcendantes.

On enchaîne les bastons, on obtient un classement, puis c’est game over. Un café, l’addition, merci…

Des menus simples pour des modes de jeu trop classiques.

Des menus simples pour des modes de jeu trop classiques.

Enfin, les menus sont clairs et simples. On retrouve les modes de jeu classiques : Arcade, Versus, Time Attack, Score Attack, Survie, Entraînement, En Ligne, Galerie… Le mode Arcade consiste à enchaîner des bastons entrecoupées de petites scènes fixes, pour terminer face à un boss qui change en fonction du personnage choisi en début de partie. Et c’est tout. Une petite ébauche de mode Histoire. Le Time Attack n’est pas mieux, on enchaîne les bastons, on obtient un classement à la fin de la partie, puis c’est game over. Un café, l’addition, merci…

… mais un mode Online et un gameplay aux petits oignons

Vous trouverez toujours un adversaire en ligne.

Vous trouverez toujours un adversaire en ligne.

Le mode En Ligne est l’un des gros points forts de Under Night In-Birth EXE:Late. La présentation des combattants avant un combat souffre de ralentissements, mais les affrontements sont bien fluides et on trouvera toujours un adversaire. Le mode offre également quelques options non négligeables comme la possibilité de s’entraîner en attendant de trouver une partie ou encore la sauvegarde des combats qui permet de revivre ses prouesses (ou la raclée qu’on vient de se prendre).

La prise en main est rapide et le plaisir immédiat.

Certains coups ont une portée impressionnante.

Certains coups ont une portée impressionnante.

Autre bon point, et pas des moindres, l’accessibilité du gameplay favorise l’apprentissage des combos. Contrairement à beaucoup de ses semblables, les premières heures de jeu de Under Night In-Birth EXE:Late ne sont pas que défaites et souffrances. La prise en main est rapide et le plaisir immédiat, que l’on soit un habitué du genre ou au contraire un débutant. En effet, bien qu’accessible, le gameplay n’en est pas moins profond. Une belle performance. Ainsi, chacun des seize personnages possède un rythme, des combos et des coups uniques, s’adaptant à tous les profils de joueurs. On a l’impression d’avoir déjà vu des personnages avec les mêmes combinaisons de touches dans pléthore d’autres jeux (Vatista ressemble à Dizzy de Guilty Gear, Orie rappelle Charlotte de Samouraï Shodown, etc.), mais cela ne gâche pas le plaisir et aide la prise en main.

Des effets de lumière de toute beauté

Des effets de lumière de toute beauté

Les coups sont distribués avec trois touches : coup faible, moyen, et fort. Un quatrième bouton permet de lancer les actions EXS, des furies qui s’exécutent grâce à une barre à charger au préalable en donnant ou recevant des coups. Quasiment tous les coups peuvent alors se transformer en furies lorsqu’ils sont exécutés avec la touche de coup fort. Une furie peut être lancée lorsque la barre est remplie à 100%, sachant qu’on peut cumuler jusqu’à 200%. Chaque personnage possède aussi une grosse furie, exécutable en mode « Veil off » (qu’on active en pressant les trois touches d’attaque en même temps) ou lorsque la barre est chargée à 200%. Les combattants possèdent également une autre furie, exécutable en pressant les quatre touches d’action en même temps, uniquement lorsqu’il leur reste moins de 30% de barre de vie et une barre EXS chargée à 200%, ou le mode Veil off activé. On imagine alors ce que peuvent donner des affrontements sur borne d’arcade, avec des joueurs en pleine bourre qui frappent tous les boutons d’un seul coup de poing…

Une dimension stratégique au-delà d’un simple chargement de barre de furie.

La barre EXS et la jauge GRD permettent d'enrichir la liste des coups.

La barre EXS et la jauge GRD permettent d’enrichir la liste des coups.

Autre utilité, la touche EXS peut remplir une jauge GRD. C’est là que le gameplay du jeu s’approfondit. Chaque joueur dispose d’une jauge GRD au centre en bas de l’écran avec un minuteur dans le fond. Cette barre se remplit ou se vide en fonction des coups donnés ou reçus, et peut être chargée en maintenant la touche EXS. Une fois le minuteur à zéro, le joueur ayant le plus de GRD passe en mode « Vorpal ». Le Vorpal procure au personnage une aura bleue et des dommages accentués. Il est possible dans cet état d’effectuer de nouvelles actions : le « Guard Thrust » qui est une garde suivie d’une contre-attaque imparable, et le « Chain Shift » qui gèle l’action et convertit le stock de GRD en EXS. Ce petit temps d’arrêt provoqué par le Chain Shift permet aussi de casser un combo et prend donc une dimension stratégique au-delà d’un simple chargement de barre de furie.

Notons également que la barre EXS peut servir à effectuer une garde infranchissable pendant quelques secondes. Attention toutefois aux prises au corps à corps et aux coups bas si vous êtes en position garde haute. Si l’adversaire franchit votre garde parfaite, votre barre GRD se brise et devient inutilisable pendant un laps de temps.

Un jeu pour tous les bastonneurs

Certains personnages favorisent le corps à corps, alors que d'autres préfèrent frapper de loin.

Certains personnages favorisent le corps à corps, alors que d’autres préfèrent frapper de loin.

Under Night In-Birth EXE:Late donne ce sentiment de déjà-vu parce qu’il semble reprendre des éléments de beaucoup de jeux de baston : des enchaînements de touches qu’on dirait tout droit sortis de Samouraï Shodown ou BlazBlue, des dash aériens et un rythme soutenu comme dans Guilty Gear, du King of Fighters avec ses enchaînements de combos, du Street Fighter avec des combos simples à base de quarts et demi-cercles, etc.

Mais le soft se révèle finalement très équilibré, accessible, et divertissant dès la première partie. Les personnages sont tous vraiment différents, au niveau du design, mais aussi des coups et du rythme (Hé Capcom ! Ça c’est pour ton petit cul !). Chaque joueur y trouvera au moins un avatar qui le contentera.

Sans aucun doute l’un des tout derniers bons jeux de baston de la PS3.

Des combats nerveux et intenses.

Des combats nerveux et intenses.

Il manque toutefois un mode solo un peu plus intéressant (par exemple un mode Missions ou Défis), et peut-être un Entraînement un peu plus poussé pour apprendre des combos meurtriers sans être obligé de chercher sur Internet.

Bref, bien que souffrant de quelques petits défauts, Under Night In-Birth EXE:Late est sans aucun doute l’un des tout derniers bons jeux de baston de la PS3.
 
 

Critique co-écrite avec Vaihansson. Merci pour ton aide !
Images et jeu PS3 fournis par l’éditeur.

Ristou

, rédacteur

Addict à Guns N' Roses et aux Pépito. Joueur depuis 1988 (NES). J'imite super bien le chameau et le vélociraptor de Jurassic Park.