Total War : Rome II

Avec Rome II Total War, ne vous attendez pas à un simple jeu de stratégie dont la seule et unique motivation consisterait en l'annihilation du monde, il s'agit ici d'une plongée dans un univers antique fidèlement reproduit qu'il faudra modeler à votre image. Passé outre les quelques problèmes techniques qui seront oubliés d'ici quelques semaines, retenons ce nouvel opus comme étant un nouveau moyen d'explorer l'histoire dans toute sa subtilité et sa barbarie... Total War reste et restera encore pour longtemps LA série de stratégie historique.
Les plus
  • L'aspect visuel
  • L'ambiance sonore
  • L'équilibre stratégie/wargame
  • Les possibilités de ces deux modes
Les moins
  • Très instable (Crash, chute de FPS, etc.)
  • De petits bugs graphiques
  • Pas de nouveauté bouleversante

On l’attendait au tournant, il est enfin là, le jeu ayant reçu pléthore de nominations à l’E3. Successeur des titres à grand succès de la série Total War, Rome II. Une nouvelle fois, la question du travail minutieux de Creative Assembly se pose, studio qui a toujours fait mouche jusqu’alors, peut-il manquer le coche et nous proposer une expérience fade de l’antiquité ? Réponse maintenant.

De solides bases, d’honorables nouveautés

Morituri te salutant

Morituri te salutant

Rappelons tout d’abord rapidement le fonctionnement d’un Total War. Il s’agit d’une série ayant depuis ses prémices fonctionné sur un système d’alternance entre wargame tour par tour et stratégie temps réel. En somme, vous devez mener une faction de son éclosion jusqu’à une gloire atemporelle, usant de moyens politiques, diplomatiques, militaires. Bref, les paramètres pour accéder au sommet du monde sont légion dans un Total War et le joueur novice devra prendre un certain temps pour s’acclimater à ce jeu riche de possibilités. Nous l’avons dit, une phase de stratégie temps réel fait, elle aussi, partie intégrante du jeu. Dans celle-ci, vous contrôlerez des unités de troupes diverses, et encore une fois, le stratège sommeillant en vous aura intérêt à se réveiller. En effet, chaque paramètre compte, du dénivelé du terrain jusqu’au moral de chaque unité en passant évidemment par les caractéristiques propres à chaque corps d’armée. Enfin, tout ceci ne serait pas aussi attractif sans un enrobage aux petits oignons, c’est pourquoi la série Total War fait partie de ces jeux dits « vitrine technologique » de par son aspect ultra-réaliste, et ce, dans la dimension des batailles comme dans le visuel.

Rome Total War screen 5

Une faction détruite peut en cacher une autre

Après ce petit retour en arrière, concentrons-nous sur ce nouvel opus, très attendu par les fans de la série, n’ayant donc pas le droit à l’erreur. Il est important de rappeler que la saga reste sur des bases identiques d’un épisode à l’autre, Creative Assembly n’a jamais opéré de changement complet du système de jeu, préférant les améliorations progressives. Et c’est donc sans réelle surprise que cette formule gagnante se retrouve à nouveau dans Rome II. Pas de surprise ne signifie pas nécessairement échec ou désillusion. Rien n’est révolutionné encore une fois mais tout est remis au goût du jour.
Ainsi, au tableau des nouveautés, nous pourrons par exemple évoquer une gestion de politique interne plus poussée qu’auparavant où il faudra obtenir des voix dans son camp, mais aussi une politique externe, qui, pour les factions Gauloises par exemple, leur permettra de former des confédérations et autres formations géo-politiques uniques. L’IA semble également plus cohérente dans ses choix diplomatiques, mais aussi en bataille, peut-être serait-elle même un poil trop frileuse à présent, nous laissant trop souvent prendre l’avantage de la surprise. Mais régler les paramètres sur « Très difficile » rendra le problème moins véridique. Notez aussi que les armées ne peuvent plus se déplacer sans général, le nombre de généraux étant limité en fonction de votre influence, il faudra être minutieux dans vos choix militaires. La gestion du territoire a elle aussi été remaniée, dorénavant, la carte est divisée en multiples « régions » comportant elles-mêmes plusieurs villes dont une capitale. Ces cités sont évolutives et disposent de slots de bâtiments limités. Un slot pourra par exemple accueillir une caserne ou une ferme, à vous de vous orienter plutôt sur du militaire, du culturel ou du productif pour conserver un bon équilibre global de votre région. Une bonne croissance octroiera à cette dernière davantage de slots. Si toute une région vous appartient, alors vous pourrez proclamer des édits, bonus divers qui prendront effet dans la région en question.
Les batailles affichent, elles aussi, un certain nombre d’innovations. Les conflits Terre/Mer sont ajoutés et décuplent la variété des batailles côtières ou portuaires. L’autre innovation qui a son importance est l’ajout d’un « brouillard de guerre » ne masquant que les unités ennemies tant qu’elles ne sont pas dans le champ de vision d’une de vos unités. Ainsi, une simple colline pourra rapidement devenir un atout stratégique indéniable. Ces deux nouveautés raviront les puristes. Plus anecdotique, on remarquera la présence d’une nouvelle interface de bataille que l’on pourrait résumer à une grande map plein écran… peu visuel, peu ergonomique, on l’oubliera la majeure partie du temps.

Un contenu étoffé

Rome Total War screen 6

Une armée Lybienne en formation

Le retour des unités personnalisées en fonction des factions est une bénédiction. En effet, là où l’ère de la standardisation traitée dans Shogun et Empire n’apportait que le strict minimum, Rome II met les petits plats dans les grands et nous sert pour chaque faction (qui rappelons-le, sont particulièrement nombreuses) des types de troupes propres. Ainsi, les Celtes n’auront pas les mêmes unités de lanciers que les tribus d’Espagne ou Germaniques. Ce thème qu’est la diversité se retrouve également sur le champ de bataille. On se souvient de Rome premier du nom et ses soldats tous identiques (jusqu’au visage), dorénavant, chaque unité celte a sa moustache, chaque égyptien a son maquillage, sans compter les coloris des vêtements et les armures tantôt cabossées, tantôt rutilantes. Les unités de la carte de campagne que sont les espions, les champions, les généraux et dignitaires n’auront pas le même degré d’allégeance à votre faction, certains seront plus ambitieux que d’autres, à vous de ruser pour les conserver auprès de vous ou de les écarter par l’entremise d’un large panel de manipulations. Diversité et authenticité.
Si un Total War, c’est une image époustouflante, c’est également une claque sonore. Chaque épisode nous replonge par ses compositions dans l’époque parcourue. Et soyez sûrs qu’avec Rome II les cuivres et tambours vous feront repenser aux vieux péplums. Tant pour la simple musique d’ambiance que celle de bataille, le spectacle est grandiose et l’immersion totale. Ajoutez à cela une VO exceptionnelle et une VF très correcte (outre les accents parfois ridiculement forcés des factions étrangères à Rome).

Rétropédalage pour le multi-joueurs.

Rome Total War screen 3

Qui veut de la brochette hispanique ?

Le multi-joueurs quant à lui a subi quelques mutations controversées. Alors que Shogun 2 proposait une véritable progression solo à l’intérieur même de son système multi-joueurs, Rome II revient aux sources en oubliant le fameux mode « Conquête de l’avatar ». Plus de sélection d’unités vétérans et de capacités ultra-spécifiques à vos unités, finis également les ninjas en combinaison de camouflage rose bonbon, on choisit ses troupes et en avant ! Évidemment, les paramètres de la carte sont toujours aussi complets. On retrouve également le système de campagne multi-joueurs, fonctionnant au tour par tour, comme le solo, mais à deux !
L’idée fonctionne parfaitement, même en vous retrouvant en bataille contre une IA, votre camarade ne s’ennuiera pas puisqu’il pourra être spectateur si vous choisissez la campagne coop (auquel cas vous pourrez lui confier le commandement de n’importe quelle unité) et pourra même jouer l’IA adverse si vous avez choisi une campagne d’affrontement.

Quelques fausses notes

Évoquons à présent les points négatifs, car il y en a quelques-uns. On se souvient de la « sauvegarde facile » dans Shogun 2 qui permettait de sauvegarder avant chaque bataille pour recommencer en cas de perte, solution de facilité qui fut retirée. Mais voilà qu’on retrouve une nouvelle fausse note à l’engagement des batailles (qui on le rappelle peuvent être réalisées sur carte ou gérées automatiquement pour gagner du temps). Si vous laissez combattre l’IA, vous aurez la possibilité de choisir une IA offensive, équilibrée ou défensive. Pourquoi pas, si seulement il n’y avait pas eu le pourcentage de pertes inhérent à chaque choix indiqué juste à côté ! Du coup on se retrouve forcément à choisir la solution la moins coûteuse en hommes et ce semblant de choix devient complètement inutile. Notons également les problèmes techniques qu’ont rencontré bon nombre d’utilisateurs équipés d’un crossfire. Le jeu souffrait d’artefacts, de clignotements et de problèmes de framerate parfois très handicapants, problèmes disparaissant à la désactivation du crossfire ou du SLI. Gageons qu’ils seront retirés dans les semaines à venir, c’est en bonne voie.

, rédacteur

Etudiant en Game Design. Partisan de la PC Master Race malgré une tolérance certaine pour les Console Peasant (Metal Gear addict oblige).