Titanfall 2

Sur les bases très solides de son prédécesseur, Titanfall 2 étoffe son contenu et ajuste son gameplay. Toujours axé multijoueurs, cette suite a le bon goût de nous offrir une campagne solo maîtrisée et efficace bien qu'un peu trop courte. Son mode en ligne comblera les amateurs du genre qui trouveront un vrai bon fps moderne avec un concept toujours aussi grisant. Moins nerveux, mais plus équilibré, Respawn Entertainement a su apprendre de ses erreurs et bonifier son titre. Le studio se paie même le luxe de ne pas facturer le moindre contenu additionnel, et ça, c’est très honnête.
Les plus
  • Campagne solo efficace
  • Gros contenu multijoueur
  • La DA toujours bien badass
  • La fusion parfaite des gameplays pilote/titan
  • Le futur contenu entièrement gratuit
Les moins
  • L'IA pas des plus futées
  • Bien moins nerveux que son aîné
  • Cartes pour multijoueurs trop espacées pour du Titanfall
L'art de faire évoluer une licence

Note : Test réalisé sur la version PlayStation 4 Pro en 1080p. Une version beaucoup plus propre techniquement et avec un 60fps archi-solide que rien ne vient contrarier.

Gamescom 2013, au sortir du salon malgré la toute première apparition publique de la Xbox One et de la PlayStation 4, un seul et unique jeu est sur toutes les lèvres: Titanfall. Et j’en sais quelque chose, j’y étais ! J’étais le premier à crier haut et fort « Titanfall, c’est la nouvelle référence du fps » et ça aurait dû être le cas ! Grosse vague de fraîcheur dans un genre cantonné aux clones de Call of Duty, son gameplay ultra nerveux et ses fameux titans en faisaient l’outsider idéal dans le monde du fps. Et pourtant il n’en fut rien. La faute à un contenu bien trop limité, un matchmacking d’un autre âge et un titre pas très équilibré. Finalement, le titre est vite tombé dans l’oubli. Une véritable injustice que sa suite entend bien corriger avec un contenu rehaussé.

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Jack Quiper ?

J'aime les panoramas

J’aime les panoramas

Mais non, Jack COOper ! Mais si, vous savez, c’est le héros de la campagne solo du jeu ! La grosse nouveauté de cette suite, c’est la présence d’une véritable campagne solo. Le premier s’était vu reprocher l’absence de mode solo et sa « campagne en ligne » qui se résumait à des parties rapides avec quelques phrases balancées au joueur, qui ne les écoutait qu’à moitié. Ici, on incarne Jack Cooper, un personnage aussi vide et générique que son nom pouvait le laisser entendre. Apprenti pilote, il se retrouve aux commandes d’un Titan, sans avoir la moindre expérience du terrain, après que son mentor tombe sur le champ de bataille. Le voilà ainsi à piloter BT-7472. Très rapidement, on comprend que le vrai héros, c’est lui et pas vous ! C’est lui qui prend la parole au cours des cut-scene, c’est lui qui sait ce qu’il faut faire et quand, et c’est lui le plus cool du duo ! Les interactions entre les deux personnages donnent lieu à des dialogues assez bien sentis et parfois franchement drôles. On peut même choisir ses réponses, que d’innovation ! Mais la sensation de ne pas du tout exister au milieu des autres PNJ est parfois assez frustrante. Les boss quant à eux s’enchaînent, sans trop se soucier de leur identité et du pourquoi du comment ils sont arrivés là. On retiendra tout de même un traitement des personnages plutôt inspiré.

En solo, on a un sacré sentiment de puissance

En solo, on a un sacré sentiment de puissance

Jack et BT ont pour mission de se rendre à un point de rendez-vous alors qu’ils sont livrés à eux-mêmes sur une planète hostile peuplée par des troupes de l’IMC (les méchants quoi). Un peu dommage quand on sait que le jeu prend place au milieu d’une guerre qui implique des dizaines de planètes différentes. Ainsi, malgré quelques jolis paysages, il ne faut pas s’attendre à un véritable dépaysement. Si on met de côté le scénario rapidement oubliable, la campagne est une belle réussite. Bien qu’elle ne soit pas bien longue (à peine cinq heures), elle est savamment rythmée et dispose de quelques très bonnes idées, malgré une IA un peu à la ramasse, même en difficile. La mise en scène est hautement spectaculaire et tire parfaitement profit de l’univers de la série. L’équilibre entre phases en Titan et phases à pied est idéal, on trouve même quelques sections de plateforme bien senties. Mais c’est surtout une poignée de moments brillants qui rend le tout aussi plaisant. Sans spoiler, quelques missions intègrent des éléments de gameplay qui viennent totalement redéfinir le level design et la façon de penser le jeu. Malheureusement, les développeurs ont choisi de ne pas pousser ces éléments aussi loin qu’ils l’auraient mérité. Le reste de la campagne est largement au niveau de ce qui se fait de mieux dans le genre et prouve que Respawn sait y faire en matière de solo.

Titan falls again

J'aime le bruit blanc de l'eau

J’aime le bruit blanc de l’eau

Au-delà de son contenu, Titanfall a aussi fait évoluer son gameplay. De très loin la plus grande force de l’original (pour preuve, Call of Duty essaie de faire la même chose depuis trois ans, en vain) Titanfall avait marqué par son dynamisme et sa nervosité. Combiné aux titans, c’est ce qui en avait fait un jeu unique en son genre et une réussite. Cette suite revoit, réajuste et rééquilibre la formule. Ce qui saute tout de suite aux yeux, c’est que l’action est globalement bien moins nerveuse. Les déplacements sont plus lents, et surtout les maps sont beaucoup plus ouvertes que par le passé. Le résultat c’est plus d’espace pour les affrontements de titan et les combats à mi-distance, mais moins de parkour et de kill réflexe à tout va. Cette modification a probablement été faite dans une volonté de plaire à un plus large public, mais malheureusement, on perd ce qui faisait l’essence même de l’original. Passer d’une fenêtre à l’autre avec des gros virages à 90 à pleine vitesse en sautant de mur en mur, et en ramassant 3-4 kills sur les chemins au passage. Évidemment, c’est toujours possible, mais ce n’est clairement plus le cœur du jeu.

ça manque un poil d'options de personnalisation

ça manque un poil d’options de personnalisation

On peut combler ce manque par le tout nouveau grappin. S’il permet de s’accrocher et de grimper un peu partout, encore une fois sa lenteur fait de vous une cible relativement facile. Il est à utiliser avec intelligence, car mieux vaut éviter de se prendre pour Batman sous peine d’une sévère sanction. Côté flingue, on retrouve les mêmes sensations que dans le premier jeu, avec des armes très efficaces qui ne font qu’une bouchée de vos cibles. En solo, on est une puissance absolument instoppable que ce soit à pied ou en titan. Il n’est pas rare d’affronter 4-5 titans en même temps et de les éradiquer dans une superbe explosion. Titans qui eux disposent maintenant d’une capacité « ultime ». Entre le gros laser qui ravage tout sur son passage, mais vous rend pratiquement immobile, la salve de missiles et autres, ces attaques sont un vrai régal à balancer sur la tronche de vos cibles, car on sait pertinemment que ça va faire très très mal. Dans l’ensemble, l’équilibre Pilote / Titan est mieux dosé que par le passé, notamment grâce à des attaques rodéos (Pilote qui saute sur le dos du titan pour détruire son générateur) qui ont pris un joli nerf. Dans l’ensemble, ce Titanfall reste un énorme plaisir manette en main et se révèle particulièrement fun dans un genre où beaucoup de titres ont tendance à se prendre très au sérieux.

la campagne est bourrée de bonnes idées

la campagne est bourrée de bonnes idées

Titan tout option

Un boss sur deux s'offre un design sympa

Un boss sur deux s’offre un design sympa

Titanfall n’avait pas assez de contenu ? Pas de problème Respawn a entendu les joueurs. Le titre est extrêmement généreux. Évidemment, il y a cette fameuse campagne solo, mais surtout un mode multijoueur ultra complet attend les joueurs. Une grosse dizaine de modes de jeux sont proposés en ligne. Les classiques du genre sont évidemment présents (Capture de drapeau, deathmatch, etc.), et on retrouve ceux qui ont fait leurs preuves dans le titre original. « Last Titan standing » fait donc son retour et se veut toujours plus tactique, notamment grâce à de nouvelles classes de titans. Certains peuvent même s’équiper d’une épée gigantesque capable de dévier les balles et de projeter des vagues d’énergies. Plusieurs nouvelles armes font aussi leur apparition comme un lance-grenade incendiaire ou encore un minigun de toute beauté. Les pilotes ne sont pas en restenavec pas mal de nouvelles armes également, ainsi que quelques nouveaux gadgets comme un shuriken-sonar qui sert aussi bien d’arme de jet que de radar pour déceler la position des ennemies.

La grosse nouveauté dans les modes de jeu c’est celui du « Bounty Hunt », original et addictif. Les actions sont récompensées par de l’argent qu’il faut stocker pour augmenter le capital de son équipe. À ces nouveautés vient s’ajouter différentes options de personnalisations de son personnage (couleurs des armes, de l’armure…) un poil daté et pas très très permissif. On n’est pas au niveau d’un Doom par exemple, qui permet de danser comme Carlton dans le Prince de Bel-air. En revanche, point noir sur le matchmaking qui semble d’un autre âge… Tiens, comme le premier finalement ! Bon on ne va pas trop râler quelques patchs devraient faire l’affaire. Pour terminer, gros pouce levé pour Respawn Entertainment : tout le contenu à venir sera gratuit. Pas de season pass à 30 €, pas de dlc, rien. C’est la maison qui offre, et rien que pour ça, le titre mérite d’être soutenu.

Il est pas beau mon BT !

Il est pas beau mon BT !

Dans la droite lignée de son prédécesseur, Titanfall 2 semble plus mature et plus maitrisé. Si certains sont déçus du rythme moins soutenu du jeu, les autres ont de quoi s’amuser un long moment, surtout avec le contenu gratuit à venir. Pour une première, Respawn nous offre une belle campagne solo bourrée de bonnes idées qui nous donne envie d’en avoir encore plus. Une belle évolution par rapport à son prédécesseur. Si la série continue sur ce chemin, Titanfall 3 pourrait bien devenir beaucoup plus qu’un simple « Outsider » dans le monde du fps !

Toothpick

, rédacteur

Rageux du framerate au bon goût auto-prononcé. Du genre à acheter une Vita quand la hype est autour de la Switch.