[Preview] Poochy & Yoshi’s Wooly World

Poochy & Yoshi's Wooly World est un portage tout simplement réussi. Si bien, qu'on pourrait se demander si le titre n'avait pas été pensé pour la Nintendo 3DS. Une bonne jouabilité et un univers charmant, le titre propose aussi une gameplay efficace mais... en rien novateur. Le manque de surprise, c'est bien là le petit nuage qui assombrit cet opus version nomade.
Les plus
  • Un jeu beau pour la portable et fluide
  • Le plaisir de retrouver un jeu Yoshi bien calibré et agréable
  • L’idée des badges qui complexifie un peu le gameplay
Les moins
  • Le concept de base qui ne conduit pas à un gameplay très novateur
  • Un level design bien pensé mais qui sent la redite

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Yoshi fait de temps en temps des infidélités à notre brave Mario pour tenter sa chance dans l’univers impitoyable du jeu de plateformes. Après un premier essai sur Wii U, voici que le laineux Yoshi’s Wooly World porte ses moutons sur la petite portable de Nintendo. Le jeu vaut-il le détour ? Premier avis avec cette preview couvrant les deux premiers mondes du jeu.

L’esthétique oui, la superbe en moins

La force de ce Yoshi, c’est son esthétique. Un univers tout de laine, faisant plaisir aux amateurs de tricots et crochets. C’est mignon tout plein, kawaii comme diraient nos amis nippons. Si le jeu avait fière allure sur la Wii U grâce à sa résolution HD, il faut bien le dire sur 3DS on manque un peu de finesse pour rendre pleinement hommage au travail créatif de Big-N.

On voit et on comprend l’univers plus qu’on ne le ressent. C’est joli pour de la 3DS mais pas assez pour le jeu qui perd un peu de sa superbe et de sa singularité sur la portable de Nintendo. Il n’en demeure pas moins que le jeu est solide, ne présente pas de baisses de frame rate. La firme tokyoïte n’échoue pas, une fois de plus, sur la question de la fluidité.

Du gamepad aux contrôles nomades

preview-poochy-yoshis-wooly-world-contenu03La grande question d’un bon portage, au-delà de sa qualité graphique et sa fluidité, reste bien évidemment sa jouabilité. Ce qui semblait évident sur une console de salon ne l’est peut-être plus sur une console portable. Hé bien, pas du tout ici. On dirait presque que le jeu a été pensé pour la 3DS tant les contrôles sont naturels.

Très rapidement, on se retrouve à coordonner sans problème sa main gauche avec la croix directionnelle ou le pad et les quelques boutons dévolus aux diverses actions de Yoshi. Avaler, jeter, tirer/viser. Au final, pas de grandes nouveautés par rapport aux précédentes incursions solos de Yoshi sur le terrain du jeu de plateforme mais une mécanique bien huilée pour la nomade de Nintendo. Ouf.

Un système simple mais efficace

Prolongement de la jouabilité du titre, il faut dire aussi quelques mots du gameplay et du système de jeu plus généralement. Au-delà des prouesses classiques de Yoshi, avaler ses ennemis pour en faire des oeufs (de laine ici) que l’on peut jeter, notre petit monstre peut s’acheter des badges.

preview-poochy-yoshis-wooly-world-contenu02Après avoir collecté suffisamment de rubis dans les niveaux, il est proposé au joueur d’acquérir le temps d’un level un badge pour posséder temporairement un pouvoir. On peut par exemple avoir des boules de laine plus grosses pour faire plus de dégât, être immunisé contre la lave et le feu, ne pas mourir si l’on tombe dans des trous, etc.

Ce système apporte un peu de piment au jeu car il impose au joueur des choix mûris, en effet un pouvoir coûte souvent cher donc on en abusera pas. De plus, ce système permet d’aborder très différemment chaque niveau. L’occasion pour les acharnés du run de se faire des sessions avec contraintes. Pour les joueurs ordinaires, si l’idée d’avoir des pouvoirs est séduisante et donne envie de tout tester, il faut reconnaître que passer le stade de la découverte, l’intérêt est fortement minimisé. Devant la grande facilité générale du titre (même en mode normal, l’autre mode étant réservée aux néophytes), les pouvoirs ne servent pas à grand-chose. On peut traverser les niveaux sans le moindre badge et sans forcer. Un peu gênant.

Une histoire anecdotique, comme d’habitude

Le jeu propose certes une cinématique d’introduction installant le problème et justifiant la poursuite des divers niveaux mais cette dernière est loin de jouer la carte de l’originalité. Un gros méchant débarque sur les terres des Yoshis et vient détricoter littéralement chaque petit monstre pour…pour se faire un pull sûrement.

Le fait plaisant est de retrouver les différents protagonistes de l’univers de la série. Personnages ennemis ou alliés. On revoit par exemple les tortues à carapace rouge, les taupes, kamek sur son balais et j’en passe. Nous sommes en terrain connu. Peut-être un peu trop tant le jeu semble redire ce que l’on connaît, ce que l’on aime, certes, mais en jouant trop la prudence. Où sont les nouveautés ? L’audace ?

Un jeu prudent, trop prudent

C’est le problème majeur de cette première expérience avec le jeu. Yoshi est un jeu agréable et mignon. Les niveaux s’enchaînent avec plaisir, le level design est bien pensé et cherche à exploiter les possibilités de l’esthétique laineuse du jeu mais pas assez. Là où un Kirby au fil de l’aventure sur Wii proposait un level design malin exploitant les opportunités du gameplay, ce Yoshi reste souvent en surface.

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Oui, il est possible de tirer des fils pour découvrir des passages cachés, de remplir des plateformes en jetant des boules de laine, de creuser des trous en faisant l’enclume, etc. Mais au fond, où est la singularité ? On retombe assez rapidement sur quelques idées-clés dans le level design et surtout sur des idées que l’on aurait pu voir…ailleurs. Dans un Mario par exemple. L’intérêt pourtant avec cette création de Yoshi solo est de tenter autre chose, d’apporter une spécificité propre au monstre vert. Elle est là mais bien timide.

Après deux mondes accomplis, on peut dire que ce portage est réussi sur le plan technique (fluidité et graphisme) même s’il perd de sa superbe en devenant nomade. Le jeu est agréable et maîtrisé mais reste bien trop sage, autant dans son level design que dans l’exploitation de son gameplay. Une petite promenade de santé pour l’instant mais rien d’exceptionnel. Attendons de voir si l’intégralité du jeu changera ce premier avis.

Alfoux

, rédacteur

Joueur depuis bien longtemps, je n'ai jamais cessé de jouer mais j'ai changé fréquemment de plateformes. Entamant la trentaine et toujours accro aux pixels (gros ou non), comme quoi tout est possible.