Poochy & Yoshi’s Wooly World

Yoshi débarque sur 3DS et on ne peut pas lui en vouloir. Du contenu avec pas mal de niveaux cachés et autres recoins à fouiller pour les collectionneurs. Cartouche rentable ? Oui mais même si le portage est beau, la jouabilité est là, le jeu reste un brin pantouflard ne proposant pas un réel nouvellement ou une quelconque idée forte. Un produit maîtrisé au fond. Pas plus.
Les plus
  • Un contenu dense : niveaux obligatoires, niveaux cachés et collecte
  • Une jouabilité soignée et fluide
  • Un level design intelligent
Les moins
  • Une recette un peu trop convenue
  • Un graphisme propre mais ne retranscrivant pas assez l’univers
L'élève peut-il dépasser le maître ou la question de la légitimité du portage ?

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Alors que la 3DS a déjà vu passer bien des cadors du jeu de plateforme, Big-N s’est décidé récemment à porter sur sa portable le jeu Yoshi’s Wooly World originellement sorti sur Wii U. La preview portait un regard un peu mitigé sur les deux premiers mondes, qu’en est-il après avoir terminé le jeu de A à Z ?

Un contenu sans coupe

yoshis-wooly-world-contenu03Plutôt que de redire ce qui a déjà été dit dans la preview, j’aimerais me focaliser dans ce test sur quelques aspects nouveaux afin d’apporter un éclairage précis sur le sujet. Le jeu propose un contenu complet puisqu’on ne dénote aucune coupe par rapport au jeu original. Il s’agit donc d’un portage mais pas d’un portage au rabais.

Il faudra donc venir à bout de 48 niveaux pour terminer le jeu. Cependant, au-delà de ce tracé en ligne droite, le dernier Yoshi propose pléthore de niveaux cachés (si l’on collecte toutes les fleurs). Tuyaux dissimulés ici et là, ouvertures invisibles derrière de gros blocs et j’en passe. Le joueur pointilleux prendra un vrai plaisir à fouiller dans les recoins des différents niveaux pour trouver ces niveaux additionnels.

S’ajustant aux envies du joueur

yoshis-wooly-world-contenu02Il y a plusieurs manières de jouer à ce Yoshi. Prenons un parent et son enfant. Le père n’est pas très au fait des jeux vidéo, et moyennement à l’aise avec ces derniers. Pourtant, s’il veut passer un moment de complicité avec son fils, ce Yoshi s’impose. On peut ainsi faire le jeu en ligne droite, sans difficulté en choisissant le mode relax. Si l’on échoue à plusieurs reprises, le jeu automatiquement nous propose de l’aide comme ajuster la difficulté si cette dernière est trop élevée. Le maître-mot : fluidité.

Seulement, si vous êtes en quête de fouilles aiguës, il est également possible de faire le jeu en cherchant dans chaque niveau les niveaux cachés mais également les pelotes de laine et les marguerites. Les pelotes de laine permettent au joueur de débloquer des versions de Yoshi. Une sorte de grande penderie remplie de différents costumes. Il faut aimer le côté collectionneur mais le challenge est sympathique.

Des pouvoirs multiples

J’évoquais dans la preview la question des pouvoirs. Ces derniers sont intéressants car ils apportent de la variété mais présentent souvent un ajout artificiel tant la difficulté est faible (durant les trois-quart du jeu). Tout niveau peut se faire sans douleur et sans pouvoir. Seulement, plus par curiosité que besoin d’aide, on appréciera les divers pouvoirs comme le fait de grossir nos pelotes de laine ou encore, le pouvoir le plus agréable, l’aide de Poochy (chien excité).

Pour le reste, la mécanique habituelle du jeu suffit et remplit parfaitement son rôle. Attraper des ennemis, en faire des pelotes et jeter ces dernières sur des ennemis pour les tuer/étourdir ou pour créer des plateformes. Il est à noter qu’il est possible de régler la vitesse même du viseur. Les nerveux auront ainsi un mouvement rapide tandis que les patients ajusteront calmement leur tir. Une fois encore, le jeu s’adapte à divers publics.

Et des niveaux variés et bien construits

yoshis-wooly-world-contenu04Le point fort du titre est probablement son level design. Nintendo nous propose une exploration variée des niveaux. De gauche à droite, de haut en bas ou l’inverse, notre Yoshi ne se contente pas de courir vers la droite. Il doit parfois creuser, débloquer des mécanismes sur la gauche puis sur la droite pour ouvrir une porte centrale, et j’en passe. C’est simple, comme à son habitude Big-N soigne son level design.

De plus, Yoshi propose quelques phases chronométrées jouant plus sur la rapidité que sur la réflexion et l’analyse du niveau. On se retrouve ainsi avec des phases comme Rallye Pochye singeant les runners où Yoshi sur le dos de son fidèle Pochye doit amasser le maximum d’objets. Idem, Yoshy doit parfois traverser des niveaux sous l’eau pour collecter le plus de perles, et d’horloge pour ajouter quelques précieuses secondes.

Des réserves malgré tout

Plutôt que de m’étaler sur les points niveaux, j’aimerais les concentrer en ce fin de test. Oui, le jeu graphiquement impeccable ne retranscrit pas tout à fait l’esprit moelleux du jeu originel; oui, le jeu est trop sage malgré de bonnes idées et un level design soigneux, la prise de risque n’est pas là; oui, l’histoire est mignonne mais paresseuse et aurait mérité un traitement plus ironique comme dans un Paper Mario par exemple.yoshis-wooly-world-contenu01

Si ce Yoshi a des défauts, il a l’avantage d’être une oeuvre maîtrisée. On peut reprocher bien des choses à Big-N mais pas de bâcler ses portages. Celui-ci est propre, intelligent et incroyablement fonctionnel. C’est un plaisir de joueur à un tel jeu en nomade. N’en demeure pas moins que le produit final manque de génie. Un peu comme la pièce d’un artisan maître de son savoir-faire mais incapable de transcender cette maîtrise pour en faire une oeuvre unique.

Alfoux

, rédacteur

Joueur depuis bien longtemps, je n'ai jamais cessé de jouer mais j'ai changé fréquemment de plateformes. Entamant la trentaine et toujours accro aux pixels (gros ou non), comme quoi tout est possible.