[Preview] Nintendo Switch

La Nintendo Switch reste encore énigmatique. Une fois en main elle est de bien meilleure facture que sa grande sœur la Wii U. Son écran est au niveau de ce que l'on pouvait attendre et ses Joy-Con sont un concentré de technologie malgré leur (trop) petite taille. Les nouveaux épisodes des séries emblématiques sont ambitieux mais encore trop peu nombreux pour rassurer. Le manque d'informations autour de son interface, de ses éventuelles capacités StreetPass, de sa console virtuelle si chère aux joueurs a de quoi inquiéter. Pourtant le combo console de salon, console portable et console dédiée aux multijoueurs est indéniablement un attrait à considérer. Il reste donc à savoir si les tiers vont suivre car on sent qu'ils ne se mouillent pas trop. Et évidemment on en attend plus au niveau des licences Nintendo. Dernier point et pas des moindres, la firme Japonaise s'est tirée une balle dans le pied avec un prix au dessus de toutes les attentes.
Les plus
  • Les différentes combinaisons de jeu
  • Le retour (timide) des tiers
  • Des jeux Nintendo ambitieux
  • La qualité globale de la machine et de son écran
Les moins
  • Un prix relativement élevé par rapport à la concurrence
  • Une console virtuelle peu attractive pour le moment
  • Pas de réalité augmentée ni de réalité virtuelle
  • Pas de StreetPass et une interface très light

Tout le savoir-faire Nintendo en une console

Tout l'ADN Nintendo dans une machine

Tout l’ADN Nintendo dans une machine

Nintendo n’a pas manqué de rappeler lors de la présentation du 13 janvier que sa nouvelle console était l’aboutissement d’années d’expériences et d’innovations. Ainsi la possibilité de jouer à plusieurs lors de l’achat de la machine était déjà une particularité de la Famicom. Le GameBoy a permis le jeu nomade ce qui est également le cas de la Nintendo Switch qui possède de nombreux boutons en plus à l’instar de la Super Nintendo. La Nintendo 64 a introduit le premier stick analogique sur un contrôleur fourni avec la machine et les vibrations du Rumble Pak sont maintenant intégrées aux deux Joy-Con de la Switch. Le Nintendo GameCube proposait une poignée pour la rendre transportable, une philosophie proche de celle de la Switch dont la communication martèle son caractère « console de salon » avant d’être une « console portable ». Elle emprunte le tactile à la famille des Nintendo DS. Ses Joy-Con ont toutes les caractéristiques des Wiimotes, comme la reconnaissance de mouvement, en améliorées évidemment. Enfin le GamePad de la Wii U a permis au joueur de s’affranchir du téléviseur, un point clairement repris par les possibilités offertes par la Nintendo Switch. Autrement dit, l’ADN de Nintendo définit cette machine.

De gros jeux de Nintendo , mais pas que !

De gros jeux de Nintendo , mais pas que !

La société Nippone l’a bien compris de par ses erreurs du passées. Un lancement de console sans bons jeux ne peut que mettre le constructeur dans l’embarras pour la suite. C’est pourquoi des jeux de qualités sont proposés, sans réelle surprise, puisqu’il s’agit là des plus grands classiques de la marque. Ceux qui font vendre des consoles par palettes à coup sûr ! Seul Pokemon est aux abonnés absents, malgré les nombreuses rumeurs d’une version Switch des épisodes récemment sortis. Avec Super Mario Odyssey, un jeu Mario redevient un monde ouvert façon Super Mario 64 et Super Mario Sunshine, avec indéniablement une touche de Sonic Adventure. The Legend of Zelda Breath of the Wild cloture la cérémonie par un trailer époustouflant afin de terminer sur une très bonne note, et on sent la mise en scène appuyée pour annoncer le jeu du lancement. Montrant par la même occasion que Nintendo est à l’écoute des rumeurs et des joueurs qui craignaient de voir le jeu repoussé. Entre temps, Mario Kart 8 s’octroie le suffixe « Deluxe » qu’il justifie par l’ajout d’un vrai mode Bataille et de quelques nouveaux personnages et objets. Si l’absence de nouveaux circuits peut faire rager bon nombre de joueurs étant déjà passés à la caisse sur Wii U, la vérité est qu’il reste des millions de joueurs n’y ayant pas touché et qui seront attirés par ce titre vendeur. Splatoon 2 surfe sur le succès de son grand frère sorti il y a peu et témoigne d’une volonté de Nintendo de pousser ses nouvelles licences tout en prenant un risque restreint. Nintendo a pour habitude de créer des jeux tout à fait calibrés pour ses machines et c’est naturellement que l’on retrouve des jeux de la veine des Wii Party et Wii Sports tel que 1, 2, Switch ou la nouvelle licence Arms, assez technique tout de même.

L’arrogance d’une société sûre d’elle

Il ne manquerait pas un jeu dans le pack pour ce prix là ?

Il ne manquerait pas un jeu dans le pack pour ce prix là ?

Si la présentation de vendredi a pu en décevoir un grand nombre, c’est surtout à cause de l’annonce du prix de la machine, soit dès le début. Avec un prix de vente conseillé à 300$, la conversion en euros n’est jamais à notre avantage et les premiers tarifs avoisinent les 330 euros là ou certains montent à 350 euros pour une machine fournie sans jeu. La concurrence qui propose des façons de jouer totalement différentes, permet des parties avec des graphismes de bien plus haute qualité et d’acquérir un nombre de jeux astronomique pour le même prix. Sans surprise, Nintendo s’aligne sur la concurrence quand ça l’arrange. Du coup, le jeu en ligne devient payant sur Switch alors que les avantages de ce futur abonnement paraissent bien ridicule face à ce que les joueurs étaient en droit d’espérer. Aucun système de trophées/succès en vue et des jeux fournis chaque mois uniquement rétro et disponibles sur la console virtuelle NES ou SNES. Très très léger, à croire que la marque pense encore pouvoir faire payer un jeu qui a pourtant été acheté sur plusieurs supports par ses fans. Une sorte de bras d’honneur qui montre clairement que Nintendo croit en ses IPs.

Une interface classique avec le moins de features possibles.

Une interface classique avec le moins de features possibles.

Tout ne s’arrête pas là. Si la première vidéo de présentation a eu pour but de familiariser le public avec le concept de la Nintendo Switch, cette présentation devait dégrossir les zones d’ombres ! Que nenni ! Il reste un flou total sur de nombreux points. Pour les spécifications techniques en dessous des consoles de Sony et Microsoft, il est tout à fait compréhensible que Nintendo fasse profil bas même si sa machine est tout de même la console portable la plus puissante ! Mais pour ce qui est de son interface ? Devons-nous nous contenter de trois secondes de visuels très sobres. C’est très limite quand on sait ce que la société est capable de faire sur 3DS avec des fonctionnalités StreetPass très appréciées et des thèmes permettant de s’attacher un peu plus à sa machine. C’était pourtant l’occasion de capitaliser sur l’ensemble des points forts de la console. Laisser une part de flou ne peut que rendre suspicieux les joueurs. Autre domaine sur lequel Nintendo nous laisse un goût amer ; la console virtuelle dont nous parlions plus haut, nous pouvons en déduire que les jeux NES et SNES feront leur retour, mais qu’en est-il des jeux N64, Mega Drive, GBA, … ? Et surtout les rumeurs évoquaient l’arrivée de titres GameCube. Là il va falloir attendre la sortie de la console pour en savoir plus.

reparlons-en dans un an

rassure Reggie Fils-Aimé à propos des abonnés absents comme Metroid ou Mother 3. On se doute que ses déclarations ne sont pas anodines et que ces licences et jeux ont de grandes chances d’être bientôt mis sur le devant de la scène. On comprend alors que Nintendo se réserve des cartouches pour la suite. Or dans un contexte où le lancement détermine le futur de la machine, il est assez culotté de ne pas balancer plus de cartes sur la table. Rappelons qu’avec un démarrage décevant, les éditeurs tiers risquent fortement de bouder la console comme ils ont déjà pu le faire par le passé avec la Wii U et la 3DS. D’ailleurs EA, comme Ubisoft ont annoncé peu de jeux, comme pour prévenir d’un éventuel retrait si le succès des premiers n’était pas au rendez-vous. D’autant plus qu’il ne s’agit pas de jeux originaux. Les partenariats sont fragiles et Nintendo n’a réellement pas intérêt à reproduire ses erreurs du passé.

Faut-il craquer ?

Petits mais costaux !

Petits mais costauds !

À cette interrogation, la bourse répond à la négative avec une chute de l’action de Nintendo de 5,75%. Les investisseurs ne sont pas rassurés et les premiers avis montrent que les journalistes ne sont pas plus sereins. Pourtant il y a de bonnes choses ! La console n’est pas zonée, pouvant lire les jeux de toutes les régions. C’était l’une des demandes des joueurs et elle a été entendue. La console a un aspect solide avec des matériaux nobles, loin du rendu jouet de la Wii U. C’est un concentré de technologie, aussi bien pour la tablette que les Joy-Con. D’ailleurs la communication autour de la machine ne montre que des adultes.

Il est clair que pour un fan de Nintendo, d’autant plus s’il a fait l’impasse sur la Wii U, l’investissement peut se révéler très intéressant. Les grosses licences Nintendo devraient donner un flux constant de jeux de qualité constant, même si l’on espère qu’il soit plus fourni à l’avenir. Les différentes façon de jouer sont autant d’atouts pour capter un public plus large. Mais c’est également ce qui fait de la machine une très bonne portable et une console de salon très moyenne. Pour les joueurs nomades ayant apprécié la PS Vita ou la 3DS, ils ont une offre qui de toute façon va devenir le seul choix en terme de console portable sérieuse. Reste un prix élevé qui rebute les joueurs habitués à jouer dans leur salon et qui peuvent se tourner vers d’autres offres leur permettant de prendre des claques graphiques plus impressionnantes.

Comment vous y jouerez ?

Comment y jouerez-vous ?

Tout dépend donc du matériel déjà possédé par le joueur, de sa cagnotte et de ses habitudes de jeu. La console est un très beau produit, son catalogue a de belles chances de s’enrichir et de rester de qualité, seule la politique de Nintendo elle-même ternit le tableau. Il faut donc attendre début mars pour en voir plus et se forger un meilleur avis. À la rédaction, les avis sont très mitigés !

Gorn

, chef de projet

Passionné par le Web et les jeux vidéo, je suis l'initiateur et développeur du projet Culture Games. Je suis également chef de projet pour le site Ssb-Experience, référence sur la série Smash Bros. Collectionneur dans l'âme avec une machine de prédilection : La N64 !