Nex Machina

Ersatz d'une époque dopée aux crédits supplémentaires et aux cliquetis des flippers, Nex Machina est une pure expérience arcade contemporaine. Entièrement basé sur une notion de scoring parfaitement maîtrisée par ses développeurs, il est de la trempe de ces jeux qui décuplent les réflexes et repoussent constamment le joueur dans ses derniers retranchements. Bien rythmé par sa bande-son synthwave qui déboîte et ses visuels hypnotisants. Malgré un contenu que certains estimeront un poil chiche, et surtout quelques soucis de lisibilité par moments, Nex Machina n'en est pas moins l'un des meilleurs twin-stick shooter de mémoire récente.
Les plus
  • Nerveux, pêchu, hardcore
  • Des particules de partouuuuut
  • L'OST d'Ari Pulkkinen
  • La recherche de la run parfaite
Les moins
  • Peu de contenu
  • Des soucis de lisibilité
  • DA terriblement générique
  • Coop offline uniquement
Faire de l'arcade en 2017

Ce test me ramène plusieurs années en arrière. Une époque (pas si lointaine diront certains) où le meilleur du jeux vidéo n’était pas encore dans nos salons, mais dans la salle d’arcade du coin de la rue. À bien des niveaux Nex Machina peut être considéré comme une revisite moderne des standards de l’arcade des années 80 (couplés à un aspect «jeu de micro» de l’époque), et pour cause, Housemarque (Resogun, Alienation) s’est associé à Eugene Jarvis pour le développement. L’homme derrière de nombreux hits tels que Defender, Robotron : 2084 ou encore Smash TV  est considéré comme l’un des grands pionniers de l’arcade. Une association qui donne lieu à un titre allègrement old-school pour le meilleur, et un peu pour le pire.

Psycho Gun

Propulsé sur sa moto et armé de son canon laser, notre héros est prêt à reprendre aux machines le contrôle de notre monde. Un scénario post-it qui fleure bon les années 80 et les meilleurs films de Shwarzy. Ici, il n’est pas question de choix moraux ou de réflexion sur la condition des machines, ici, on flingue tout ce qui bouge. Twin-stick shooter pur et dur, on enchaîne les vagues d’ennemis qui se désintègrent dans des nuées de particules particulièrement jouissives. Le sentiment de réduire en morceaux l’opposition est rarement aussi bien retranscrit. Le titre se permet en plus d’afficher une fluidité exemplaire avec un framerate qui ne bronche pas d’un poil malgré l’énorme quantité d’effets affichés par moment. L’effet, par moments hypnotisant, finit malheureusement par nuire à la lisibilité de l’ensemble dans les niveaux les plus chargés. Dans un jeu qui nécessite une telle précision de mouvements et qui met à mal les réflexes, ça peut devenir très frustrant.

D’ailleurs, outre de jolis effets et malgré de beaux graphismes, Nex Machina manque véritablement d’identité visuelle. C’était déjà le cas dans les précédentes productions de chez Housemarque (et c’est aussi le cas du prochain Matterfall a priori), et ça ne semble pas aller en s’améliorant. Petits robots arachnoïdes, gros robot tout gras qui aspire l’énergie vitale, simili gundamn avec une épée des ténèbres… rien de bien original à défourailler ici. Qu’à cela ne tienne, avec une super ost synthwave dans les oreilles (composée par Ari Pilkkinen qui a officié sur la plupart des jeux de Housemarque) et un feeling de jeu aussi bon, pas le temps de contempler les belles mécaniques huilées de nos adversaires.

Le jeu ne prendra toute son ampleur qu’après avoir passé des dizaines d’heures à perfectionner ses runs

 

Scoring is sharing

En plus de l’arme principale, une vaste variété d’armes secondaires est disponible pour bourrer la masse de robot. Lance-roquette, laser, mégalaser, épée… On débloque également des améliorations pour l’arme principale et son « dash » qui nous sort de bien mauvaises situations, du moins une fois le cooldown bien en tête (gare aux mauvaises surprises avec ce saligaud). Tous ces éléments vous aideront à atteindre votre but premier : exploser le score. C’est ici que beaucoup de joueur ne suivront pas. En ligne droite, le titre se finit en une grosse heure, avec pour seul contenu annexe des variantes des niveaux déjà existants (tir plus rapide, pas d’arme secondaire etc). En revanche, pour l’amateur d’arcade, le jeu ne prendra toute son ampleur qu’une fois passées des dizaines d’heures à perfectionner ses runs. À 20€, il est donc difficile de recommander le jeu à tous les publics. Pensez-vous pouvoir passer 30 heures à recommencer les 6 mêmes mondes pour gagner 200 points de plus qu’à la partie précédente ?

Les niveaux sont composés d’un seul (parfois deux) écran qui se termine une fois tous les ennemis éliminés. On passe ensuite au suivant dans une chouette petite transition. Ils recèlent de nombreux secrets (humains cachés, niveaux secrets etc) qui forcent à ouvrir l’œil et à détruire tous les éléments du décors. Outre les robots, on trouve aussi des scientifiques qu’il faut sauver et quelques petits objectifs secondaires qui, une fois remplis, augmentent le multiplicateur de score. C’est lui le nerf de la guerre, votre multiplicateur. C’est lui qui vous dicte la marche à suivre et les risques que vous allez devoir prendre si vous voulez finir ce niveau avec le meilleur score possible. Au moindre game over, le score retombe à 0. Il faudra donc des heures de patience et d’entraînement pour parvenir à perfectionner son run dans les moindres détails. Savoir à quel moment quelle arme secondaire est la plus efficace ou bien dans quel ordre récupérer les scientifiques. Reste que le gameplay grisant et ultra-réactif fait tout pour mettre le core-gamer dans les meilleures conditions pour y arriver.

Nex Machina est une pure expérience arcade old-school, savamment ajustée aux standards contemporains. Malgré sa DA du vide identitaire, le titre est grisant manette en main. Il a cette capacité à constamment repousser le joueur dans ses derniers retranchements pour lui arracher sa meilleure performance. Il ne parlera peut-être qu’aux énervés du scoring au vu du prix affiché (20€ pour un mode et 3 variantes, ça fait beaucoup), mais ceux qui sont prêts à cravacher pour se faire une place à côté de ce foutu « AAA » tout en haut du classement peuvent foncer.

Toothpick

, rédacteur

Rageux du framerate au bon goût auto-prononcé. Du genre à acheter une Vita quand la hype est autour de la Switch.