Metal Gear Solid V : Ground Zeroes
  • Développeur : Kojima Productions
  • Editeur : Konami
  • Site Web : PAL
  • Version testée : PlayStation 3
  • Classification :
    Sigle âge 18 ans et plus
    Francaise : 20/03/2014
    Americaine : 18/03/2014
    Japonaise : 20/03/2014
  • Exclusivitée
  • PEGI :
    Violence : jeu contenant des scènes de violentesGrossièreté de langage : jeu contenant des expressions vulgaires

Metal Gear Solid V : Ground Zeroes

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Cela fait déjà presque quatre ans qu’on attend un nouvel épisode de Metal Gear Solid. Peace Walker, dernier opus en date, nous mettait dans la peau de Snake alias Big Boss pour la deuxième fois, nous permettant ainsi d’approfondir un peu le personnage. Metal Gear Solid V sera l’occasion d’en savoir plus sur lui. Mais avant même de mettre la galette de Ground Zeroes dans la console, on sait déjà qu’on va être frustré. En effet, ce dernier n’est que le prologue du cinquième épisode canonique intitulé Metal Gear Solid V : The Phantom Pain. S’il est bon, on aura encore environ un an à attendre impatiemment. S’il est trop light, on restera sur notre faim. Au programme, seulement une mission principale et cinq missions secondaires. Cela sera-t-il suffisant pour faire patienter les fans jusqu’à la sortie de The Phantom Pain ?

Une sortie qui fait débat

Metal Gear Solid V : Ground Zeroes

Un retour qui fait du bruit

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la sortie de Ground Zeroes a créé un débat sans précédent au sein des joueurs et de la presse vidéoludique. Certains arguent que ce n’est qu’une démo et qu’il est honteux de devoir la payer, et d’autres défendent le bébé de Hideo Kojima à coups de “si ça te plaît pas t’achètes pas”.

Plusieurs problématiques ressortent de cette engueulade :

Nous allons donc essayer de répondre à toutes ces questions au travers de cette critique. En ce qui concerne les Pépito, cherchez pas, c’est moi. Et d’une !

Durée de vie et prix Vs. qualité de l’expérience

Lors de votre première partie, vous pouvez compter une bonne heure de jeu pour venir à bout de la mission principale. Seulement une heure ? C’est tout ce que nous offre Ground Zeroes ? La réponse est non.

Metal Gear Solid V : Ground Zeroes

Ground Zeroes regorge de fan service

Le prologue de MGS V s’adresse clairement aux fans de la saga. Si vous faites partie de cette population, vous aurez envie de purger le jeu, de le retourner dans tous les sens. Et les missions annexes vous permettent de jouer au moins deux heures de plus. Si vous visez l’obtention de toutes les récompenses et que vous voulez voir tous les petits clins d’œil que seuls les fans comprendront, vous pouvez compter une dizaine d’heures. Mais tout le monde ne fouille pas les jeux dans leurs moindres recoins donc cet argument n’est pas vraiment recevable face au dilemme posé en introduction. Tout ce qu’il faut retenir, c’est que vous avez au moins trois heures de jeu sur un premier parcours.

Est-ce que l’expérience vaut le coup d’être vécue ? Oui et non. Les non-initiés à la saga seront certainement déçus parce qu’ils auront acheté un jeu sans forcément savoir que c’est uniquement un prologue. Du coup, ils ne comprendront pas tout le scénario et seront sûrement refroidis par la petitesse du jeu. Les joueurs de la première heure, quant à eux, apprécieront sans aucun doute.

Un gameplay plus orienté Action

Pour les amoureux de la saga, on note quelques bons points. Le gameplay est amélioré. Plus fluide, plus intuitif, on choisit son arme grâce à la croix directionnelle et on choisit sa façon d’aborder chaque mission. On progresse comme on veut dans la base, seul niveau présent dans ce jeu. La sensation de liberté qui en découle est grisante. Finis les couloirs et les quelques salles, maintenant c’est un grand terrain de jeu qui s’ouvre à nous.

Ground Zeroes prend un tournant plus action que les précédents opus.

Metal Gear Solid V : Ground Zeroes

Pas de radar à l’écran, il faut observer les environs pour repérer les ennemis

Le joueur peut choisir de privilégier l’infiltration ou de passer en force. Dans les précédents volets, le mode bourrin était très rarement payant. Dans Ground Zeroes, il est bien plus facile de s’en sortir à coups de mitraillette qu’auparavant. L’ambiance pousse le joueur à tenter l’infiltration, mais il faut reconnaître que Ground Zeroes prend un tournant plus action que les précédents opus. Les puristes n’apprécieront peut-être pas, d’autant que le jeu est vraiment plus facile qu’à l’accoutumée (même en mode Difficile). La base compte peu de soldats ennemis et ces derniers sont équipés d’une intelligence artificielle basique qui n’a pas vraiment évolué depuis les premiers MGS.

Metal Gear Solid V : Ground Zeroes

Pas de radar à l’écran, pour s’orienter il faut regarder son iDroid (dans un menu ou sur un smartphone via l’application gratuite)

Autre élément facilitant, Snake dispose d’un mode Réflexe lui permettant de dégainer avant son adversaire s’il se fait repérer. Cela lui laisse donc une chance de neutraliser le soldat avant qu’il ne donne l’alerte. Pour les amoureux du hardcore, cette fonctionnalité peut être désactivée.

On note également qu’il est maintenant possible de conduire tous les véhicules présents dans la base ennemie : voitures, camions et même tanks.

Enfin, pour nuancer cette orientation action, il n’y a plus de radar. Cela renforce l’immersion et oblige le joueur a bien observer les environs pour marquer les ennemis avant de se déplacer. Il est également possible d’attraper un ennemi pour le faire parler avant de le neutraliser. Il vous indiquera où sont postés certains gardes et où trouver des munitions.

Une réalisation au top

Metal Gear Solid a toujours brillé par sa réalisation. Ground Zeroes ne déroge pas à la règle et offre une mise en scène parfaite.

Metal Gear Solid V : Ground Zeroes

Skull Face, l’antagoniste du jeu qu’on ne voit qu’en cinématique

L’introduction montre essentiellement l’antagoniste, Skull Face, qu’on ne rencontrera pas dans ce prologue. On observe très peu de coupures de plans. La caméra suit Skull Face comme une garde rapprochée. Les effets de lumière sont impressionnants et la bande son est saisissante. Graphiquement, le jeu est très correct sur PS3 mis à part quelques textures. Nous avons eu également l’occasion de jouer à la version Xbox One. S’il n’est pas nécessaire d’avoir une console de dernière génération pour apprécier pleinement le jeu, il faut avouer que les textures y sont plus fines.

Ground Zeroes ne propose pas de doublage français, mais ce serait tellement dommage de se priver du jeu de Sutherland, il est vraiment parfait pour le rôle.

On prend un énorme plaisir à jouer avec Snake grâce aux animations et aux interactions avec les décors qui sont vraiment maîtrisées. Big Boss se colle contre les murs très naturellement. Ce mouvement n’est ni intrusif ni compliqué à exécuter. Pas besoin de pousser le joystick contre le mur ou de maintenir un bouton, il suffit d’avancer le long du mur.

Metal Gear Solid V : Ground Zeroes

Des effets de lumière saisissants

Enfin, Big Boss est cette fois doublé par Kiefer Sutherland, au détriment de David Hayter qui avait doublé le personnage jusque là dans la version anglo-saxonne. D’ailleurs, Ground Zeroes ne propose pas de doublage français, mais ce serait tellement dommage de se priver du jeu de Sutherland, il est vraiment parfait pour le rôle. Il a la voix du militaire expérimenté et un peu désabusé. De plus, il assure également de manière très convaincante la motion capture de Snake.

Seul petit point noir, on note un clipping assez récurrent (notamment l’herbe) mais cela n’entrave en rien la progression.

Combien vaut Ground Zeroes ?

Est-ce qu’on passe un bon moment sur Ground Zeroes ? Oui.
Est-ce qu’il faut prendre en compte son prix et sa durée de vie pour en faire la critique ? Non, tout simplement parce que le prix baissera très vite et la durée de vie dépend du niveau du joueur et de son envie ou non d’aller le plus loin possible dans les objectifs annexes et les récompenses.
Doit-on considérer Ground Zeroes comme un jeu à part entière ? Non, c’est un prologue. Bien qu’il y ait beaucoup de choses à dire sur Ground Zeroes, au final ce n’est qu’une énorme démo technique de Metal Gear Solid V avec un scénario qui tient sur un post-it (c’est d’ailleurs pour cela qu’on n’en parle pas du tout dans cette critique).

Metal Gear Solid V : Ground Zeroes

Les missions annexes sont variées (sauvetage, élimination de cibles, destruction de canons anti-aériens, etc.)

Ce qu’il faut prendre en compte dans notre jugement d’un jeu, c’est uniquement le plaisir qu’on prend avec celui-ci. Les joueurs sont ensuite libres d’évaluer leur plaisir en euros. Et franchement, nous avons pris beaucoup de plaisir à jouer à Ground Zeroes. Toutefois, il faut avoir déjà pratiqué un peu la saga pour vraiment apprécier ce prologue.

Maintenant que nous savons ce qu’il y a dans Ground Zeroes, est-ce que nous l’évaluons à 30 € ? Personnellement, non. A 20 € ? Oui. Mais c’est un jugement personnel que vous devez vous aussi faire seuls. En espérant que cette critique vous y aura aidé.
 

Critique réalisée sur la version PS3 fournie par l’éditeur
Images fournies par l’éditeur

L'avis général

  • Un gameplay aux petits oignons
  • Kiefer Sutherland dans le rôle de Snake
  • La mise en scène
  • Les effets de lumières
  • Un scénario très light
  • Pas de boss
  • Trop facile
Metal Gear Solid V : Ground Zeroes a créé un débat sans précédent au sein du monde vidéoludique. Vendre un prologue pour faire patienter les fans n'est pas du goût de tout le monde. Pourtant, le soft dispose de qualités indéniables. Le monde ouvert offre un renouveau à la saga et permet d'aborder les missions comme on le souhaite. On note tout de même une orientation bien plus action que sur les opus précédents. Au final, on passe du bon temps sur Ground Zeroes, à condition d'être un fan de la série.