Fire Emblem Warriors

Fire Emblem Warriors fait du Dynasty Warriors tout en proposant un soupçon de stratégie et beaucoup de fan service. Il faut être prévenu car c’est le genre de jeu qui divise. En tous les cas, dans son genre, ce Fire Emblem remplit parfaitement le cahier des charges.
Les plus
  • L'aspect épique des batailles...
  • Une customisation forte
  • Un peu de stratégie
Les moins
  • ...qui se transforme rapidement en affrontements figés
  • Beaucoup de redondance
  • Une histoire niaise et des personnages agaçants
Plaisir du fan ou plaisir du jeu ?

Fire Emblem est réputé pour être la licence stratégie de chez Nintendo, punitif à souhait, exigeant mais grisant, une série qui ne déçoit que rarement. Pour diversifier son catalogue, Big-N choisit donc de nous servir des variations de ses jeux phares. Nous eûmes en son temps Hyrule Warriors, version Dynasty Warriors de la licence Zelda, aujourd’hui c’est au tour de Fire Emblem de passer à la moulinette de l’action survoltée.

Un peu de stratégie…

De l’action pure et dure.

Nintendo minimise ici le coeur de sa saga, à savoir la stratégie. Dans les versions canoniques, le joueur positionne son équipe avant chaque assault, déplace le moindre personnage avec rigueur dans un système de tour par tour où chaque mouvement a son importance. Une sorte de jeu d’échecs à la sauce médiévale fantastique.

La stratégie n’est pas pour autant jetée aux oubliettes même si elle passe clairement au second plan. On peut toujours gérer son équipe via la rubrique “Inventaire” nous permettant par exemple de changer d’arme, d’objet ou d’optimiser l’équipement. Idem, le “Marché” permet d’accéder à l’emblèmerie pour attribuer à vos personnages des emblèmes d’attaque, de défense ou d’amélioration. La forge offre une partie vente et la possibilité de reforger nos armes.

Sur le terrain, la stratégie continue, édulcorée j’entends. Le joueur peut ainsi déployer ses unités sur une carte vue du ciel, donner des ordres à chacun des protagonistes pour aller à un point précis, attaquer tel ennemi ou défendre telle position. Il est également envisageable de créer un duo si l’on se trouve à proximité d’un allié. Bref, de la tatanne oui mais pas que.

Et beaucoup de baston

Une vingtaine de personnages jouables.

Le coeur de cette version Warriors de la saga Fire Emblem reste néanmoins les bastons homériques, les claquounettes épiques et autres joyeusetés. Si l’on est allergique aux hordes qui foncent sur vous, aux supers pouvoirs et aux effets visuels faisant vaciller le moindre épileptique, mieux vaut passer son chemin car Fire Emblem Warriors est constamment dans la démesure. C’est tape-à-l’oeil, grisant et un peu kitsch. On aime ou on déteste.

Selon le personnage choisi, les attaques varieront. On restera dans l’idée de la tempête de feu mais au choix : des archers comme Takumi, des épéistes plus classiques comme Rowan ou encore des cavaliers. Bref, petite évolution pour déferlement d’effets pyrotechniques à la fin.

Une histoire soporifique et niaise

Mais surtout beaucoup d’action.

Continuer à jouer à un jeu, c’est être pris par son gameplay où son récit et ses personnages nous engage intellectuellement ou émotionnellement. Globalement, ce Fire Emblem Warriors échoue sur quasiment tous les tableaux. Le jeu perd de son intérêt au fur et à mesure et surtout propose un scénario pour le moins léger.

On démarre avec une faille spatio-temporelle permettant de réunir des personnages au-delà des dimensions, appréciez l’astuce scénaristique également appelée dans le milieu “facilité” ou “foutage de gueule”. On a ainsi des invasions constantes de créatures passant d’un monde à l’autre, résolues à détruire le royaume d’Aytolis. Les deux jeunes protagonistes faisant office de personnages principaux, le prince Rowan et sa soeur Lianna, partiront alors à la recherche d’élus permettant de raviver le bouclier ultime protégeant leur beau royaume.

On l’aura compris, au menu : des grosses ficelles, des personnages caricaturaux aux enjeux forcés, des situations-clichés, le tout pour carresser les fans dans le sens du poil avec un cross over mettat en scène Chrom, Lissa, Frederick, Cordelia et j’en passe. Les amateurs des épisodes 3DS seront en terrain conquis, les autres passeront leur chemin remarquant par exemple l’absence de Ike ou Roy pourtant présents dans une autre grosse licence de Big-N : Smash Bros.

Alfoux

, rédacteur

Joueur depuis bien longtemps, je n'ai jamais cessé de jouer mais j'ai changé fréquemment de plateformes. Entamant la trentaine et toujours accro aux pixels (gros ou non), comme quoi tout est possible.