Endless Space 2

Endless space 2 a su fort bien réutiliser le genre des 4X pour se forger une identité propre. Le pool de faction propose des expériences de jeu bien différentes, et le jeu propose tellement de moyens de rebondir pour booster son développement qu’il est difficile de se retrouver coincé. Petit bémol tout de même, l’accessibilité du jeu, réussie au demeurant, s’est faite au détriment d’une certaine complexité générale qui entache quelque peu la rejouabilité, même si le paramétrage de la partie et la création de sa propre faction peuvent réduire ce défaut.
Les plus
  • Races vraiment différentes
  • Accessibilité
  • Ambiance musicale
  • Interface graphique réussie et pratique
Les moins
  • Rejouabilité assez limitée
  • Beaucoup trop d'éléments communs à toutes les factions
  • Diplomatie pas toujours cohérente
Les jeux 4X sont souvent des jeux lents et complexes, qui se ressemblent un peu tous. Endless Space 2, sans être d’une originalité dingue a réussi à avoir des gameplays très différents pour chacune des factions tout en étant accessible, et permet donc de profiter du jeu plus vite. Un jeu qui peut donc toucher un plus large public, tout en réservant quelques surprises sympathiques.

Dans une galaxie lointaine

Endless space 2, c’est pas moins de huit races jouables, et la possibilité de créer la vôtre.
Chacune possède un gameplay bien spécifique, et nous avons en vrac : des scientifiques portés sur l’exploration, des militaristes esclavagistes, des marchands interstellaires, des fanatiques religieux adeptes des rapts et vivants dans des arches spatiales, le classique empire humain interstellaire, le mégalomane multimilliardaire qui veut peupler l’univers avec ses clones, des êtres fuyant une dimensions géométrique et découvrant la nôtre et enfin des arbres vivants.

Chaque race va coloniser différemment, avoir des bonus bien différents sur les ressources et donc prendre son essor selon des critères (et des moments) bien distincts.

Chacun peut donc trouver une faction qui lui correspond, même si certaines demandent de vraiment bien comprendre les mécaniques du jeu.


Le nombre de systèmes étant vraiment important et le jeu conçu pour avoir plusieurs adversaires, il va falloir bien vite jongler avec avec les systèmes, alliances, ressources disponibles et quêtes à faire pour accumuler un maximum de récompenses.
Les quêtes se divisent en deux catégories : les quêtes communes ( en compétition entre les joueurs pour avoir la récompense), et les quêtes de faction propres à chaque joueur.
Il va falloir prioriser les quêtes en accord avec vos objectifs du moment pour optimiser votre évolution, car être le premier sur toutes les quêtes communes s’avérera impossible en début de partie.

La politique atteindra vite ses limites, chaque faction étant assez rigide sur pas mal de points, et les conflits armés seront inévitables. Chacun de vos vaisseaux bénéficiera d’un certains nombre de points d’ancrages vous permettant de personnaliser chaque vaisseau construit.
L’avantage étant de permettre de produire des vaisseaux moins efficaces si les ressources se font rares mais qu’une présence armée soit nécessaire, ou de ne pas utiliser de ressources stratégiques pour certains types de vaisseaux.

Il était un petit navireeee (de guerre)

Il est ainsi possible d’adapter l’équipement de certains vaisseaux pour certains adversaires. Ajoutez à cela la possibilité d’utiliser des tactiques spécifiques pour chaque engagement, et il est toujours possible de tirer quelque chose d’une bataille même désespérée, car il est possible d’avoir des récompenses sur ses propres pertes.


Mais la guerre fera aussi rage au sein même de votre civilisation, de la manière la plus sournoise et pernicieuse qui soit : une guerre idéologique et politique.

Là où la politique dans le jeu est importante c’est qu’elle se doit d’être planifiée : chaque choix, héro engagé ou bâtiment, influence un parti politique, et le parti politique au pouvoir impose forcément une loi obligatoire. Les autres lois que vous pourrez rajouter seront sélectionnables parmi les lois du parti au pouvoir et du second parti le plus puissant.

Et c’est une difficulté supplémentaire qui vient s’ajouter à votre développement : ou vous choisissez de vous restreindre sur la manière dont vous vous développez pour maintenir le parti politique actuel au pouvoir et profitez de tous ses bonus, ou vous vous développez de manière diversifiée et vous vous adaptez au parti politique du moment.
Tous les partis politiques proposent des lois utiles et un changement de politique ne sonnera pas le glas de votre faction.  Au final, c’est un élément de gameplay intelligent et qui rompt la monotonie en brisant la linéarité.

La galaxie est vaste, tout comme le nombre de ressources que vous allez y trouver. Et elles ne servent pas toutes à la même chose.
De facto, un système planétaire vous fournira moultes choses, bien différentes, qui influeront sur votre développement.
Les ressources communes sont inhérentes à votre civilisation : bonus, points de recherche,  brume (monnaie), bonheur et points d’influence politique, et sont des ressources globales dont vous bénéficiez dès le début et à tout instant.

Des anomalies sont à découvrir sur chaque planète et se composent de bonus/malus influant une colonie. Certains malus pouvant disparaître grâce à des bâtiments, il peut devenir intéressant de privilégier certains monde pour coloniser un système.

Les ressources de luxe sont des ressources utilisables pour le commerce ou encore pour améliorer votre civilisation en faisant évoluer vos colonies au niveau supérieur.

Les ressources stratégiques, elles, nécessitent des recherches spécifiques pour être récoltées et sont utilisées lors de la construction de bâtiments pour vos colonies et équipement spécifiques à certains vaisseaux.

Et tout ceci ne serait rien sans la bourse, qui permet d’acheter et vendre n’importe quelle ressource, et même d’acheter des vaisseaux mercenaires au cas où une présence militaire rapide est nécessaire. L’achat de mercenaires permet d’avoir des « ralentisseurs » le temps de faire une flotte, et permet aux races qui ne régénèrent pas leurs membres d’équipage d’avoir tout de même des fantassins pour les combats au sol, et de réduire ainsi les effets de ce malus.

Le jeu propose beaucoup de choses différentes, mais simples qui viennent se compléter.
Ceci confère au jeu une accessibilité bien pensée, et plutôt bienvenue dans le monde des jeux 4X, à tel point que passer par la case tutoriel n’est pas obligatoire.
Habituellement, ces jeux en tour par tour sont long, complexes et remplis de détails, à tel point que terminer une partie nécessite de véritablement connaître certains points particuliers pour ne pas être à la traîne.

Les mécaniques simples mais foisonnantes d’Endless Space 2 permettent d’axer l’évolution non pas sur une planification rigoureuse mais sur de l’opportunisme et une constante capacité d’adaptation, ajoutant un certain vent de fraîcheur dans le genre.

Même la carte la plus minuscule possible ne tiens pas sur cette capture d’écran.

Il est ici important d’être à l’affût de la moindre opportunité et d’en profiter un maximum avant que n’arrive la suivante. On progresse plutôt par bonds, en changeant la trajectoire prise par notre faction au fur et à mesure que la multitude d’éléments de jeux changent pour insuffler une dynamique différente, qu’elle soit politique, militaire, géographique, scientifique ou encore économique. Ceci empêche l’installation durable d’un effet boule de neige, donnant toujours une chance de remonter à n’importe quelle faction, et créant un suspense certains tout au long de la partie.
Tout n’est cependant pas rose, car cette simplicité ne permet pas l’apparition de mécaniques trop subtiles ou complexes, qui font toute la différence sur beaucoup de jeux du genre. Et c’est plutôt dommage, tant le jeu aurait été propice à devenir un “easy to learn, hard to master”, et s’imposer comme un nouveau modèle du genre.


Si vous ne connaissez pas les jeux 4X, Endless Space 2 est à mes yeux le meilleur jeu pour découvrir le genre, et si vous avez une bonne expérience du genre, la durée de vie du jeu sera moins longue, mais le game feeling reste très bon, et le jeu apporte suffisamment d’originalité pour mériter d’être testé.


Troll

, rédacteur

Simple passionné depuis la plus tendre enfance. Joueur PC et consoles, grand admirateur d'artbooks et d'OST, je considère les jeux comme un média, et aime analyser ses codes, les difficultés de conceptions de gameplay et la création d'ambiances. Sinon j'aime (beaucoup) troller !!!!