DOOM [Bêta Multijoueur]

La légende DOOM revient avec un titre plus que jamais présenté comme le retour au premier plan du « vrai » FPS. Pourtant, après plusieurs heures passées sur la bêta multijoueur, la déception est forte. Ni résolument old school, ni totalement moderne, DOOM ne s'est toujours pas trouvé malgré un développement très (trop ?) long. A peine un mois avant sa sortie définitive, il y a de quoi être inquiet.
Les plus
  • Un gameplay solide
  • La customisation
  • On peut faire la danse de Carlton
  • Le fusil à pompe
Les moins
  • Pas de musique et un annonceur bidon
  • DOOM of Duty
  • Très loin du Fast FPS
  • Visuellement peu inspiré
  • Des sensations fadasses

DOOM est l’un de ces noms que l’on prononce avec un petit pincement au cœur. Le titre légendaire d’id Software a sa place solidement ancrée dans l’histoire des jeux vidéo. Preuve de sa popularité, aujourd’hui encore une communauté folle s’acharne à modder les deux premiers épisodes pour mieux réinventer la série. Annoncé en 2008, DOOM traverse un « Development Hell » (un comble). Après quelques années de galère, il revient en grande pompe l’an passé au cours de l’E3, abandonnant son « 4 » en cours de route. Seul représentant du « Fast FPS » sur console, le titre a le champ libre pour reprendre son trône et conquérir une nouvelle génération de joueurs. La maintenant traditionnelle phase de bêta Multijoueur est passée et nous a laissés plus mitigés que jamais.

Doom-2016

Le Fast FPS qui boite

Danser comme Carlton, c'est quand même la classe

Danser comme Carlton, c’est quand même la classe

DOOM, c’est une série avec un feeling bien particulier. Suite à la grosse communication de Bethesda clamant que son jeu est un vrai Fast FPS old school et nerveux, les attentes étaient fortes. Ici, la question la plus importante à se poser est : est-ce qu’on a vraiment l’impression de jouer à DOOM ? Meh. Tout d’abord, cette nouvelle itération de la licence n’est certainement pas un Fast FPS. Pas de strafe, pas de bunny hop, pas de rocket jump, et surtout on respawn d’office avec nos armes sur le dos. Résultat, on a l’impression de traîner la patte dans des parties qui manquent cruellement de rythme. À l’exception d’un double saut (aujourd’hui présent dans n’importe quel ersatz d’un Call of Duty), pas moyen de vraiment prendre les autres de vitesse à part sur un fast switch (encouragé et récompensé, c’est un minimum).

Un autre souci majeur, les armes manquent d’impact. Entre le Laser Gun qui ressemble à un pistolet à eau, le Plasma Gun bien trop lent, et surtout le lance-roquettes qui semble aussi dangereux que du poil à gratter, les sensations de jeux sont faibles. Ajoutons à cela l’étrange idée d’un compteur de dégâts sur les impacts (comme dans Borderland par exemple), avec des roquettes faisant moins de 30 points de dégâts en direct hit ! Seul le fusil à pompe s’en sort honorablement. Le point positif, c’est l’apparition de plusieurs tirs secondaires bien sentis, comme la possibilité de faire exploser ses roquettes en plein vol ou d’étendre le champ de dispersion du champ électrique. Un peu de variété dans un arsenal somme toute très classique, mais encore une fois le sentiment de puissance est loin des espérances.

Même si DOOM cumule les mauvais points, il s’avère relativement plaisant.

Les runes démoniques apparaissent toujours aux mêmes endroits, idéal pour les campeurs

Les runes démoniques apparaissent toujours aux mêmes endroits, idéal pour les campeurs

Le joueur dispose aussi de multiples perks activables au moment du respawn. Du booster de vitesse à l’indicateur d’HP des adversaires en passant par le wallhack, ces bonus sont à débloquer en gagnant de l’XP. Leur effet est limité dans le temps et, une fois terminé, vous passerez à un autre. Enfin, une rune démoniaque apparaît à plusieurs reprises au cours de la partie et permet de se transformer en démon. La bêta ne proposait que d’incarner « Le Revenant », sorte de liche avec jetpack, double RPG et vision thermique ! Un sac à PV à qui il ne manque qu’une attaque au corps-à-corps et qui permet d’aligner 10 kills facilement dans la minute qui suit. Difficile d’être pleinement satisfait par ce démon qui oscille entre le fun de tout ravager sur son passage, et la frustration de voir le dernier des incapables camper toutes les runes pour finir sur la première marche du podium.

DOOM of Duty

Même si DOOM cumule les mauvais points, il s’avère relativement plaisant. Passée la déception des premières parties et une fois accepté le fait que non, Doom ne sera pas un Fast FPS comme on l’aurait voulu, les parties s’enchaînent plutôt bien. Et si on est essentiellement sur du frag bête et méchant, Doom fait le job. On s’amuse à achever les ennemis avec les mains, à fragger au quad damage avec le pompe. Même si ce n’est pas aussi furieux qu’un Unreal Tournament, le respawn est instantané et on revient directement dans la bataille avec armes et munitions sous le coude.

Cette nouvelle itération de la licence n’est certainement pas un Fast FPS.

La seule arme qu'il vous faut

La seule arme digne de ce nom

Malgré une communication qui insiste sur le côté old school du jeu, force est de constater que DOOM est plus que jamais un FPS moderne. Il a même tout du bon petit clone de Call of Duty dans la forme. Tout d’abord, on choisit ses armes avant de respawn : un set de deux armes + un accessoire (grenade, téléporteur…). On peut aussi customiser l’apparence de son soldat en changeant les pièces de son armure, sa couleur ou même ses émotes (qui sont plutôt drôles pour le coup). Ajoutez-y un matchmaking avec salon et file d’attente et vous avez tous les ingrédients du cahier des charges d’un FPS moyen de notre époque. Enfin, l’orientation résolument console du gameplay est flagrant. Le jeu semble clairement pensé pour la manette, d’où peut-être ce manque de rythme dans les parties.

Autre choix douteux, l’absence pure et simple de musique au cours des parties. Très étrange pour une licence qui a marqué toute une génération avec des morceaux metal jouissifs. Espérons qu’ils seront de la partie au moment la sortie, car outre un ou deux riffs dans les menus c’est bien triste et ça casse l’ambiance. Enfin, l’annonceur est totalement à la ramasse. Alors qu’on était en droit de s’attendre à une bonne grosse voix bien virile et clichée qui tâche, on se retrouve avec un mec pas serein sur sa prononciation (aussi bien en VO qu’en VF).

"Come get some"

« Come get some »

DOOM ne semble pas assumer ses envies jusqu’au bout, propulsé comme soi-disant renaissance du Fast FPS mais trop apeuré pour vraiment bouleverser les codes établis sur le genre le plus rentable du marché. À trop chercher le juste milieu entre old school et moderne, DOOM se retrouve le cul entre deux chaises, risquant de ne pas trouver son public et de frustrer les aficionados de chaque école. Les innombrables déboires de développement y sont sûrement pour quelque chose. Les développeurs d’id Software semblent incapable de faire le jeu qu’ils cherchent à réaliser depuis près de 10 ans maintenant. Si l’expérience peut être acceptable sur console, elle sera à coup sûr moins appréciable sur PC, surtout face à un Unreal Tournament gratuit et rythmé. Espérons que DOOM saura nous surprendre avec une campagne solo d’un tout autre niveau que ce multijoueur sympathique mais sans âme.

Toothpick

, rédacteur

Rageux du framerate au bon goût auto-prononcé. Du genre à acheter une Vita quand la hype est autour de la Switch.