Deadpool

Deadpool est complètement taré, et heureusement puisque tout le jeu tient uniquement sur sa personnalité. Psychopathe, schyzophrène, violent, obsédé sexuel, le tout assaisonné de blagues plus ou moins douteuses, Deadpool fait le show et nous évite l'ennui d'un gameplay sans saveur et d'un level design dépassé. Dans l'ensemble, Deadpool est un beat'em all juste correct. Pourtant, si vous aimez le personnage ou les comics en général, ce jeu pourrait faire votre bonheur tant son esprit est similaire aux comics.

Les plus
  • Deadpool
  • Les doublages, même s'ils sont en VO
Les moins
  • Un gameplay pauvre, fade et sans innovation
  • Un level design dépassé
  • Des décors peu variés

deadpool-critique-contenu01Depuis quelques années, les super-héros envahissent les cinémas et les jeux vidéo. L’écurie Marvel est de plus en plus représentée sur nos consoles et à force de manger du Spiderman et du Wolverine, l’arrivée d’un héros moins conventionnel est bienvenue. High Moon Studios et Activision nous livrent une adaptation des aventures de Deadpool, le super-héros Marvel le plus incontrôlable, tellement qu’il est parfois difficile de savoir s’il est gentil ou méchant. En fait, Deadpool n’est ni l’un ni l’autre, il est juste aussi timbré qu’un colis d’une tonne. Le jeu qui en découle est-il aussi déjanté ? Réponse maintenant.
 

L’écran de démarrage nous plonge tout de suite dans le bain. Sur fond de musique metal, on voit Deadpool avachi sur un fauteuil et se grattant les burnes avec son flingue. Ambiance.
 

Deadpool n'est pas tout à fait sain d'esprit...

Deadpool n’est pas tout à fait sain d’esprit…

Deadpool entend des voix. Il est violent, mégalomane, obsédé sexuel, bref, un type normal quoi… Ouf ! le héros est comme dans les comics. Une brève visite de son appartement sale et bordélique suffit à nous convaincre, Deadpool est parfaitement représenté dans ce jeu qu’il a lui-même réclamé aux développeurs de High Moon Studios. Ah oui, petite précision : Deadpool est le seul héros de l’écurie Marvel à savoir qu’il est un personnage de comics. Il brise donc régulièrement le quatrième mur et s’adresse au joueur et aux programmeurs. Le reste du temps, ses multiples personnalités commentent ses actions et se vannent même entre elles. Cela lui permet de se sentir moins seul durant les longues soirées d’hiver…
 

Inutile de tourner autour du pot plus longtemps : le jeu tient uniquement sur la personnalité de Deadpool. Ses blagues font passer la pilule d’un gameplay sans saveur. Quant à l’histoire, même Deadpool s’en fout. Tout ce qu’on sait, c’est qu’on doit buter tout le monde et qu’il y a un grand méchant à la fin. Point.
 

Deadpool n'est pas très fourni en matière de gameplay...

Deadpool n’est pas très fourni en matière de gameplay…

Il y a beaucoup de sang, des boyaux et des membres découpés, ce qui justifie la classification PEGI 18+. Mais le soft reste un beat’em all 3D plus que classique, un enchaînement de bastons sans moment épique. On avance et on frappe sur des ennemis plus ou moins puissants à l’aide d’armes blanches et de flingues. Il y a bien moyen d’acheter des améliorations pour le personnage et ses armes grâce aux points cumulés lors des affrontements, mais le résultat n’est pas flagrant. On ne distingue même pas les combos, donc on se contente d’appuyer au hasard sur les deux boutons de frappe en espérant sortir une belle figure. Le système de contre, identique à celui des derniers jeux Batman, est également présent.
 

Des méchants fades et des niveaux peu variés

Des méchants fades et des niveaux peu variés

Le level design n’arrange pas la chose. On avance tantôt dans des égoûts, tantôt dans des immeubles en ruine. Si le soft ne tenait pas la route graphiquement, on pourrait presque croire qu’il s’agit d’un jeu PS2 ou Xbox tant le level design est classique et sans surprise. On avance dans la direction qu’on nous impose et on tue les ennemis qui apparaissent à des endroits précis. En parlant d’ennemis, il y a cinq profils de méchants si on ne compte pas les boss : ceux qui frappent, ceux qui ont des flingues, les gros balaises, ceux qui volent, et ceux qui ont des pouvoirs, le tout avec quelques variations au niveau des pouvoirs ou des flingues. Bref, pas folichon tout ça.
 

Heureusement, il y a régulièrement des cinématiques et des vannes, qui elles pour le coup sont plutôt variées. Si le gameplay est vite redondant, les blagues permettent d’avancer sans trop se lasser. High Moon Studios semble avoir pris beaucoup de soin sur le personnage et un peu moins sur le jeu en lui-même.
 

Du fan service... et une banane

Du fan service… et une banane

Tout au long du jeu, Deadpool croise d’autres héros Marvel, comme Cable, Wolverine ou Domino. Chaque nouveau personnage est présenté brièvement avec des extraits de comics, ce qui permet de comprendre rapidement quels sont les rapports qu’il entretient avec Deadpool. Au final, ces guests servent plus à faire du fan service qu’autre chose puisque Deadpool n’a besoin de personne pour dézinguer ses ennemis, y compris les boss. D’ailleurs, le jeu est dans l’ensemble très facile, même les boss ne vous donneront pas de fil à retordre. Le soft se termine en à peine 8 heures en mode normal. c’est la durée moyenne d’un beat’em all d’aujourd’hui. Enfin, la rejouabilité du jeu est quasi-nulle car vos upgrades d’armes auront disparu et les bonnes blagues seront déjà vues.
 

Il y a tout de même des défis que l’on débloque à chaque fin de niveau et qui permettent d’allonger un peu la durée de vie. Cependant, ils consistent uniquement à tabasser des vagues d’ennemis dans un temps imparti. Un mode sans intérêt donc, puisque l’histoire et les vannes de Deadpool ne sont plus là pour divertir le joueur.
 

Au final, le jeu Deadpool est un beat’em all sans originalité mais il est sauvé par le charisme de son héros. La création de High Moon Studios dispose d’un gameplay et d’un level design trop classiques, voire dépassés. Heureusement, le héros est psychopathe, schyzophrène, obsédé… Bref, Deadpool est complètement taré, ce qui permet de venir à bout du jeu au moins une fois sans se lasser.
 

*Images fournies par l’éditeur

Ristou

, rédacteur

Addict à Guns N' Roses et aux Pépito. Joueur depuis 1988 (NES). J'imite super bien le chameau et le vélociraptor de Jurassic Park.