[Critique] Warhammer : Vermintide II

Si Valve n'est pas décidé à nous pondre un Left for Dead 3, FatShark Games n'est pas décidé à attendre sagement qu'ils se réveillent. Ce Vermintide 2 est un véritable bonheur à prendre en main notamment grâce à ses excellent feedbacks et son sound design brillant. Rejouable à l'infinie, il a de quoi nous occuper des centaines d'heures et ne pèche finalement que par des bugs encore trop présents qui sont parfois très handicapants. Pour le reste, nous ne serons que vous recommander de vous jeter dedans et de trancher du Skavens par millier.
Les plus
  • Tout bonnement jouissif
  • Forte identité visuelle et auditive
  • Rejouabilité folle
  • Génial entre amis
  • Ce sound design mais bon sang
Les moins
  • Encore beaucoup de bugs, parfois handicapants
  • Quelques hitbox un peu abusées
  • Pas d'outil de communication autre qu'un simple chat
  • Limité en solo

En novembre 2008, à une époque où Valve faisait autre chose que des skins d’armes pour CS:GO, tous les joueurs PC se sont pris une sacrée baffe de la tronche avec un FPS coopératif aux mécaniques inventives, hyper intense et à l’ambiance folle : Left 4 Dead. Depuis sa suite parue un an après, les fans de la série ont eu bien peu d’équivalent à se mettre sous la dent. Non pas que les FPS coopératif se fassent rare loin de là, mais des jeux avec le même sens du rythme et de la camaraderie ça ne court pas les rues. FatShark avait tenté sa chance avec le premier Vermintide, cette suite est la mise au propre d’un encourageant brouillon et va donner aux joueurs de quoi enfin laisser L4D de côté et de tourner la tête vers de nouveaux horizons.

Trancher dans le tas

Warhammer Vermintide 2Après quelques minutes de jeu c’est déjà une évidence, Vermintide 2 est terriblement amusant à prendre en main. Dès les premiers coups d’épée, on sent l’impact lourd de nos coups sur les dizaines d’ennemis qui s’accumulent sur notre écran. Les envoyer valdinguer par quinzaine à chaque swing de notre arme à quelque chose de diablement addictif et de grisant. D’autant plus que chaque attaque est soulignée par l’excellent sound design du jeu qui apporte à lui seul toutes les informations dont le joueur à besoin sans jamais le perdre. C’est simple, il est pratiquement impossible de rater ou de mésinterpréter un son une fois que l’on connaît son origine. Un allié en danger, une vague qui débarque, un coup critique ou un ennemi en armure… chaque son a une raison d’être. Un héritage évidemment tiré de Left 4 Dead qui brillait déjà en la matière mais qui est poussé encore un peu plus dans l’excellence. Quoi de plus jouissif que d’enchaîner les headshot avec l’arc de l’elfe et d’entendre chaque flèche fuser dès que l’on décoche et transpercer le crâne de nos cibles.

Ce qui est vrai pour le son l’est aussi pour le visuel – malgré les nués de mobs sur l’écran – l’action n’est jamais brouillonne voire jamais confuse. On repère les ennemis spéciaux parmi les autres avec aisance, on sait immédiatement quel adversaire a été touché/tué par notre dernière attaque mais aussi quel allié nécessite notre aide en priorité. Encore une fois, tous ces codes visuels sont repris du jeu de Turtle Rock Studio, mais le titre parvient à les réutiliser et à les intégrer à son propre univers visuel. En revanche, même après des dizaines d’heures de jeu il reste assez difficile de juger la distance à laquelle les ennemis peuvent vous atteindre. On se fait parfois toucher à plus de deux ou trois mètres de distance en pensant être en sécurité. Qu’il s’agisse de souci de hitbox, de netcode ou plus simplement de feedback visuel il faut espérer que ce frustrant défaut soit réglé via un patch.

Dans Vermintide 2 la priorité est de rester ensemble, de communiquer et de s’entraider

Outre son aspect technique franchement solide (qui mériterait juste un poil d’optimisation de plus) et quelques petits défauts notamment sur les explosions, Vermintide 2 est aussi une vraie réussite artistique qui varie les ambiances avec habileté et qui se renouvelle constamment dans sa proposition graphique. Des mines profondes des nains aux camps des armées Skavens, en passant par les cités en ruine et les forêts envoûtantes des elfes, chaque mission a sa propre identité. Une raison supplémentaire de relancer une partie.

Warhammer Vermintide 2

L’amour du risque

Warhammer Vermintide 2L’idée de Vermintide 2 est donc de plonger à 4 dans cet univers afin de le nettoyer de la vermine Skavens et des armées du chaos. Si chaque mission dispose d »un contexte et d’un objectif unique, l’accent n’est clairement pas mis sur l’écriture ou la narration. Au mieux le briefing de début de mission est une bonne excuse pour partir au combat, et on peut profiter de la narration environnementale du jeu pour en apprendre un peu plus sur les événements, mais rien de très approfondi. Qu’on se le dise, Vermintide 2 est fait pour être joué en coopération et s’adresse aux adeptes du try hard qui n’auront pas peur de recommencer encore et encore les mêmes missions dans l’espoir d’obtenir de meilleures pièces d’équipement. En ligne droite, il faudra une bonne dizaine d’heures pour venir à bout des 13 missions principales, mais ce n’est qu’après que l’on commence à prendre la pleine ampleur du jeu. On peut aisément dépasser la centaine d’heure de jeu si l’on accroche vraiment au titre.

Chaque victoire est récompensée par un coffre comprenant 3 pièces d’équipement. Oui, ce sont des lootboxes, mais rien d’intrusif ou qui viendrait casser l’équilibre du jeu. Mieux connaître le jeu permet de prendre plus de risque quand on s’y replonge, et ce risque se traduit par de plus belles récompenses. Il est possible de remplacer ses objets de soin ou ses potions de boost (améliorant les dégâts ou la vitesse temporairement par exemple), par des tomes et des grimoires qui viendront grandement augmenter le niveau du coffre de fin de mission. Les tomes vous empêchent d’assurer vos arrières en gardant un objet de soin avec vous, mais vous aurez toujours la possibilité de les échanger si vous veniez à trouver une potion ou une trousse de soin au moins le temps de vous guérir. Les grimoires c’est une autre histoire. Vous ne pourrez plus vous en débarrasser une fois ramassé et toute l’équipe subira un malus diminuant les PV max d’un tiers. À vous de trouver le juste équilibre entre avidité et raison pour vous assurer d’arriver au bout de la mission avec la meilleure récompense possible. Ces possibilités rehaussent encore la rejouabilité du titre et promettent des parties toujours plus stressantes. Enfin, il est aussi possible de rajouter des défis aux missions via des Heroic deeds qui vont altérer la mission. Par exemple, les joueurs perdront de la vie progressivement ou les vagues seront beaucoup plus fréquentes, mais à terme toujours la même carotte : du meilleur loot.

Commando mais au Moyen-Âge

Warhammer Vermintide 2Pour partir à l’aventure entre amis nous avons le choix entre cinq héros à l’allure unique. Les joueurs du premier Vermintide retrouveront des têtes qu’ils connaissent déjà puisqu’il s’agit des cinq mêmes personnages. La nouveauté vient de l’apparition des « carrières » au nombre de trois pour chaque héros. En plus de toutes avoir une compétence passive et active unique, ces dernières offrent aussi un arbre de talents qui leur est propre. D’une carrière à l’autre un personnage ne se jouera pas du tout de la même façon et n’aura pas le même rôle au sein de l’équipe. Pour l’exemple, Victor Saltzpyre notre impitoyable chasseur de sorcières pourra devenir un chasseur de primes, spécialisé dans les armes à distances et capable de faire de gros dégâts avec ses coups critiques. Son rôle sera donc de couvrir ses alliés et de cibler les ennemis spéciaux en priorité, alors que sa troisième carrière fait de lui un Zealot dont le travail sera de nettoyer les vagues d’ennemis à grands coups de fléau en restant dans la mêlée. Tout est fait pour que le joueur trouve son personnage et sa façon de jouer, lui donner envie de replonger et d’essayer tous les personnages en plus d’offrir de nombreuses possibilités de synergie avec ses coéquipiers, primordial dans les niveaux de difficulté les plus hauts.

Warhammer Vermintide 2

C’est ce qu’il faut bien se mettre en tête avant de se lancer dans l’aventure : Vermintide est un jeu d’équipe avant tout. La priorité est de rester ensemble, de communiquer et de s’entraider. Ne jamais avancer trop vite seul devant, et ne jamais rester à la traîne. La communication est rendue difficile par l’absence d’un simple petit menu qui permettrait d’appeler à l’aide, de demander du soin ou de tout simplement donner une consigne. Reste le chat vocal et écrit, c’est pourquoi je ne le répéterai jamais assez mais c’est entre amis que l’expérience est la meilleure. Cela vous permettra en plus de planifier plus facilement vos escapades d’autant que passer un certain niveau de difficulté, le tir amis est introduit et change grandement votre façon de jouer. Fini les sorts de zones dans le tas et les coups de haches à l’aveugle, place à l’organisation et à la rigueur. Une façon de jouer presque totalement différente de ce que l’on avait appris jusqu’ici mais tout aussi bien maîtrisée et brillante.

They Are Billions

Qu’on se le dise, Vermintide 2 est fait pour être joué en coopération et s’adresse aux adeptes du try hard

Il en faudra de l’abnégation et de l’esprit d’équipe pour venir à bout des vagues incessantes d’ennemis. Heureusement on dispose d’un vaste arsenal d’armes au corps-à-corps et à distance pour faire le ménage. Chaque héros dispose d’une sélection d’armes qui lui est propre, mais tous partagent la même réserve d’accessoires améliorant le niveau global du héros et conférant différents bonus. Toutes les armes disposent également de plusieurs variations, avec des versions plus efficaces sur les dégâts ciblés alors que d’autres seront plus utiles pour du crowd control. Quoi qu’il en soit, on prend rapidement ses marques et on se trouve vite un chouchou parmi les différents instruments de désolation mis à notre disposition. Une fois bien équipé, chacun doit trouver son rôle et cibler les ennemis qui lui sont désignés.

 

Warhammer Vermintide 2

Les ennemis les plus faibles tomberont rapidement sous nos coups, une attaque chargée pouvant en tuer une bonne vingtaine dans les meilleures conditions, mais il faudra faire attention aux  ennemis spéciaux. Tout comme dans Left 4 Dead, certains ennemis comme l’assassin ou le Packmaster seront sans pitié si l’on est séparé de votre groupe. Ces derniers nous attrapent et nous immobilisent totalement, forçant l’un de nos alliés à voler à notre secours ce qui n’est pas forcément évident lors d’un affrontement de grande envergure. On trouve également d’énorme soldat en armure avec un seul point faible qu’il serait bien malheureux de défier en un contre un, ou encore différents spécialistes chez les Skavens armés de dagues ou de hallebardes. Et bien entendu il y a les différents mini-boss capablent de surgir à tout moment. Ceux-là nécessitent l’attention et les efforts de toute l’équipe pour tomber. Très puissants, rapides et tenaces, ils mettent notre force à l’épreuve et laissent souvent le groupe en bien piteux état. Toujours est-il que la variété du bestiaire est une véritable force, mettant constamment les joueurs à l’épreuve. Le titre est d’ailleurs d’une difficulté redoutable même en mode recrue. Les premières heures sont douloureuses et les échecs s’accumuleront avant de commencer à enchaîner les victoires. Si on a vite fait de se sentir tout-puissant, voire invincible avec notre grosse force de frappe, le titre vient souvent nous rappeler de rester humble en nous prenant de court ou en exploitant la moindre erreur d’inattention de notre part, brutal.

D’une efficacité remarquable, Warhammer Vermintide 2 profite aussi du savoir-faire de ses développeurs qui ont beaucoup appris avec le premier jeu. Certes il reste quelques défauts pénibles ainsi qu’une bonne quantité de bugs qui seront, espérons-le, résolus d’ici quelques semaines. Cela dit, il est impossible de bouder son plaisir quand le jeu déploie toutes ses forces devant nous. Les combats sont aussi jouissifs qu’exigeants, le challenge est relevé mais juste, et en plus il y a de quoi tenir occuper une grosse centaine d’heures (voire plus) pour les plus acharnés. Le digne successeur de Left 4 Dead est arrivé, et il est tout proche de dépasser le maître.

Toothpick

, rédacteur

Rageux du framerate au bon goût auto-prononcé. Du genre à acheter une Vita quand la hype est autour de la Switch.