[Critique] Need For Speed Payback

Sans être un mauvais jeu, Need for Speed Payback n'apporte juste rien de nouveau par rapport aux autres jeux de course existants. C'est dommage car si certains aspects sont très réussis, cela ne fait que renforcer notre déception devant le nombre de choses qui sont survolées dans ce nouvel opus. Cet épsiode ne sera pas celui de la renaissance pour la série, même s'il reste quand même assez efficace.
Les plus
  • Les décors et les effets de lumière très réussis
  • Le drift particulièrement jouissif
  • La playlist qui fonctionne à merveille
  • La map assez agréable...
  • On peut faire des photos stylées
Les moins
  • Le scénario et les personnages trop clichés
  • Une foule de choses pas assez exploitées
  • ...mais linéaire
  • Un jeu trop banal dans l'ensemble
  • Les améliorations random
La déception d'une suite sans saveur

Difficile de se repérer au sein de la ludothèque Need For Speed pour un néophyte de la série. Dans la vingtaine de jeux qui la composent, la qualité n’est pas systématiquement au rendez-vous, et il faut avouer que la réception des joueurs chaque année est comparable aux pentes sinueuses de montagnes russes. Si l’épisode Most Wanted reste souvent ancré dans les mémoires comme le meilleur de la série, EA tente de se renouveler chaque année avec plus ou moins de réussite. 

Le Frostbite engine, toujours aussi efficace.

Slow and Calmos

Pour ce nouvel opus, c’est sur la vague de succès des Fast & Furious que les développeurs ont décidé de surfer, pour tenter de plaire à un maximum de personnes. Même si l’idée est fort louable et alléchante, le résultat n’est pas aussi réussi qu’on aurait espéré. Depuis l’annonce du jeu cette année, le scénario semblait être au cœur du gameplay, avec ses missions à la mise en scène Hollywoodienne et ses courses-poursuites endiablées. Il s’agit peut-être de la plus grosse déception de ce nouveau Need For Speed. Si l’histoire débute de manière explosive durant les premières missions, l’adrénaline retombe presque aussi vite par la suite. Il aurait été beaucoup plus plaisant d’avoir affaire à plus de missions de la même veine (certes, linéaires et scriptées) tout au long du jeu. Les armées de voitures ennemies sont parfois gênantes mais c’est surtout le système de takedown qui n’est pas assez exploité.

En mode Ken Block Gymkhana !

L’écriture se révèle être trop basique, le côté “film d’action” se prend trop au sérieux et est finalement laissé au second plan pendant la plus grosse partie du mode solo. L’objectif principal sera donc d’impressionner successivement les champions des ligues de courses locales, à l’aide des trois protagonistes du jeu. Là encore c’est un échec, car Tyler, Mac et Jessica ont trop souvent autant de charisme qu’une salade ; rien d’affligeant pour ce genre de jeu, mais rien de très inspiré non plus. C’est là que se trouve le principal défaut récurrent de ce Need For Speed : le jeu se contente d’être “correct” au mieux, sans se révéler transcendant à aucun moment. Est-ce être trop idéaliste que d’espérer un jour une intrigue digne de “Drive” ?

Promenons-nous dans les bois

Payback offre tout de même un panel honnête d’épreuves différentes, chacune associée à une catégorie de voiture : Course, Offroad, Drift, Drag et Runner (course-poursuite). Celles-ci sont éparpillées un peu partout sur la grande carte de Fortune Valley (comprenez “Las Vegas”) qui est un autre exemple de la qualité à double tranchant du jeu : les trois biomes que sont le désert, la montagne et la ville sont très convaincants visuellement (mention spéciale pour les décors forestiers en montagne) mais le tracé des routes reste globalement fade. L’intérêt général des courses en prend un coup même s’il est très agréable d’errer dans la nature, malgré les nombreux murs invisibles représentés par certains trottoirs et rochers.

Les voitures ne s’abîment jamais énormément.

Les effets de lumière sont bluffants, et la modélisation des voitures est tout aussi travaillée (sur mon PC, ce Need For Speed est donc plus que convaincant graphiquement). Même si elle ne plaira pas à tout le monde, la conduite toujours très arcade est globalement réussie , tout comme les dérapages et phases de drift qui sont extrêmement grisants et parfaitement servis par une caméra dynamique.

En revanche, pour un jeu qui se veut axé sur les combats avec la police, la physique des véhicules laisse parfois à désirer, et les impacts ne sont pas souvent crédibles (il est loin le temps de Burnout, où les voitures s’écrasaient complètement dans des crashs spectaculaires). Le comble, c’est que les sensations de vitesse sont également pratiquement inexistantes en dehors de l’utilisation du boost, dans un jeu dont le titre se traduit par “besoin de vitesse”.

Bon, ça va j’arrête avec les photos de hipster !

Ce qui se passe à Vegas…

EA oblige, le système d’amélioration des véhicules se rapproche du fonctionnement des lootboxes, et on peut donc débloquer une augmentation mystère à la fin de chaque épreuve réussie. Ce n’est pas tant ce procédé qui est dérangeant mais le fait qu’il s’applique également aux magasins, où le stock est presque complètement aléatoire. à l’instar d’un The Crew, il faudra donc faire plusieurs courses avec une même voiture pour pouvoir l’améliorer. Ce principe n’encourage pas vraiment le joueur à faire l’acquisition d’autres véhicules, et on reste finalement indifférent devant le nombre d’autos à notre disposition chez les concessionnaires. La direction qu’emprunte Payback n’est jamais très claire, et à trop vouloir plaire, le jeu se retrouve à n’être plus que l’ombre de lui-même. Pourtant il n’est pas loin d’être réussi, si seulement il avait vraiment su se démarquer par son gameplay ou son scénario.

Haha whoops…

 

Ce dernier Need For Speed est un melting pot de jeux de course, sans véritable identité. Les points positifs du jeu sont pratiquement gâchés par rapport à tout le potentiel que possède cet opus. Payback ne propose rien d’innovant et n’est donc qu’un “jeu de course correct”. Bien évidemment, beaucoup de gens sauront apprécier ce jeu, mais on ne peut s’imaginer ce qu’il aurait pu être si certains aspects n’avaient pas été survolés.

, rédacteur

Je rôde, à l'affût de tout jeu qui oserait se promener nonchalamment devant l'entrée de ma caverne obscure. Mais je me soigne.