[Critique] Megaman X Legacy Collection

Les deux compilations de Megaman proposées par Capcom valent le détour. La Switch en mode portable permet de profiter, découvrir ou redécouvrir, un grand classique du genre plateformes/action. Sans faire de zèle dans son contenu, il y a déjà de quoi faire et de s'amuser sur la plage pour les veinards se dorant la pilule.
Les plus
  • Quatre jeux cultes
  • Une maniabilité impeccable en mode portable
  • Un mode débutant pour ne laisser personne derrière
Les moins
  • Un contenu additionnel un peu maigre
  • Un gameplay trop rigide aujourd'hui
Livraison de rétro-gaming sur Switch

Vous êtes un fan du die and retry et pour vous il faut souffrir pour s’améliorer et se dépasser ? Capcom devrait vous ravir avec deux compilations bien punitives comme il se doit. Du rétro sur la plage ou à la montagne histoire de pimenter votre été.

4 jeux et un mode à part

De l’action, de l’action et encore de l’action

Capcom s’est fait le chantre des compilations rétro ces dernières années en recyclant avec une certaine régularité ses vieux titres et (vieilles ?) gloires sur les nouvelles consoles du marché, portables ou non. La Switch de Nintendo ne déroge pas à la règle puisque le développeur japonais décide de sortir deux compilations dédiées à son héros au canon, Megaman.

Plus précisément, il s’agit de la série X, à savoir, pour Megaman X Collection, les opus numéro 1, 2, 3 et 4. Même s’il s’agit de la série X, le concept de base reste le même. Le joueur choisit dans le menu d’accueil, dès le départ ou un peu plus tard, un boss à terrasser puis est projeté dans un monde thématisé : forêt, neige, eau, etc. Le reste, de l’action et un peu de plateformes.

Que dire du gameplay, il a les avantages et désavantages de son âge. Premièrement, il est bien agréable de se retrouver en face d’un level design simple mais efficace, un jeu qui ne fait pas de détour et propose du challenge et du combat (soutenu). Par contre, qui dit jeu à l’ancienne dit gameplay d’un autre temps.

Il est toujours un peu délicat aujourd’hui de refaire une partie en s’amputant des avancées récentes du genre. Megaman reste un personnage lourd, avec un canon non dirigeable, incapable de viser en-dessous ou au-dessus ni même de s’accroupir. De même, le re-spawn est fréquent, un pas en arrière de trop et l’ennemi tué revient. Certains aiment, d’autres pourraient être rebutés de perdre les avancées de ces dernières années.

Si les quatre opus sont proches au niveau du gameplay et de la structure, petite préférence pour le 2 qui propose un dash dès le début de partie donnant ainsi un peu plus de peps à un personnage un brin lourdaud. On apprécie sinon la possibilité de gérer parfois des robots, à la manière d’un Metal Slug.

Megaman X 4 montre lui une avancée claire par rapport au 1. Des graphismes plus léchés avec des animations réelles en arrière-plan, un level design plus travaillé et une gestion cinématographique de l’action. La possibilité d’incarner Zero dans l’opus numéro 4 apporte de petites différences en termes de gameplay (Zero possédant une sorte de sabre laser donc promesse de combats plus rapprochés et surtout plus rapides).

Rétro-gaming et consoles nouvelles générations

Un menu qui montre qu’il y a de quoi faire.

Deux problématiques se posent pour tout amateur de rétro-gaming aujourd’hui. La difficulté de jeu et la résolution graphique. Pour parler un peu de la difficulté, on a là un jeu qui ne fait pas de cadeau. Si Megaman peut reprendre de la vie en tuant certains ennemis, la barre peut descendre rapidement et le game over sera alors une habitude visuelle.

Si Capcom ne cède pas aux attentes actuelles en rendant ses jeux plus simples, le développeur propose tout de même pour chaque opus de la série X un mode débutant. De quoi contenter tout le monde. Pour la progression, on reste sur du password à l’ancienne même s’il est possible de sauvegarder sa partie à la fin de chaque session. Un peu de confort mais pas trop.

L’autre problème qui se pose pour tout gamer vieillissant reste la résolution du jeu joué. Si à l’époque des télévisions à tube cathodique la question de se posait pas, à l’heure de la HD, le gros pixel peut vite devenir une infâme bouillie. Sans réinventer la roue, Capcom propose aux joueurs dans les options trois formats d’affichage pour rejouer avec les graphismes d’origine ou la possibilité d’activer un filtre pour lisser le tout. Le résultat est, on va être honnête, discutable.

Un peu plus ?

A part les quatre opus de chaque compilation, Capcom propose timidement du contenu additionnel. Ni trop, ni trop peu, on ne sent pas lésé mais pas non plus cajolé. Au final, des médailles à débloquer, une section musée qui propose par exemple une galerie pour retrouver ses personnages favoris, des artworks ou concept arts, un lecteur audio qui ravira les fanas d’OST.

Avec la legacy collection 2, Megaman s’oriente vers la 3D.

Plus original et amusant la partie « produits dérivés » est une mine d’informations pour les amateurs du héros au canon puisqu’on retrouve de nombreuses photographies montrant l’héritage, nippon majoritairement, du personnage de Capcom. Figurines, vêtements ou cartes à jouets, l’aura de Megaman a de quoi étonner vu d’Europe.

Le seul petit ajout ludique réel est le X Challenge. Le concept est simple, des combats contre deux boss tout en choisissant au préalable trois armes comme le strike chain, ground hunter ou spin wheel. Le reste, une arène et de la castagne. Chaque réussite débloque le niveau suivant et ainsi de suite. Exit l’aspect plateformes pour l’aspect baston. Pas un mode indispensable mais pas désagréable non plus.

Alfoux

, rédacteur

Joueur depuis bien longtemps, je n'ai jamais cessé de jouer mais j'ai changé fréquemment de plateformes. Entamant la trentaine et toujours accro aux pixels (gros ou non), comme quoi tout est possible.