[Critique] Marvel’s Spiderman

Il était temps que Spiderman s'offre un jeu digne de ce nom. Après des années à errer d'un jeu médiocre à un autre, Insomniac livre la meilleure version du tisseur en jeu vidéo. Sans jamais être un grand jeu, Spiderman est une solide expérience qui donnera satisfaction à quiconque s'y essaiera. Il ne se considère jamais comme autre chose qu'un bon jeu et une adaptation fidèle. Cela lui permet de garder le cap pour compenser ses errances de recyclages et ses choix les plus contestables.
Les plus
  • L'exploration totalement grisante
  • Techniquement superbe avec un gros travail sur les animations
  • Les possibilités d'évolution
  • Histoire plaisante à suivre...
  • Le meilleur jeu Spiderman
Les moins
  • Activités annexes en mode automatique
  • Enormément de recyclage
  • Aucune prise de risque ...
  • ... malgré des problèmes de rythme
  • L'infiltration ratée
Un monde ouvert très scolaire

Malgré quelques errances, l’homme-araignée est probablement l’un des super-héros les mieux servis au rang des adaptations vidéoludiques. Déjà parce qu’il existe une tonne de jeux Spiderman, mais surtout parce que dans un bon lot de daubasses on trouve quelques vrais bons petits jeux. On pense à Spiderman 1 et 2 sur PS1 ou Spiderman Shattered Dimensions sur la 7ème génération. Mais, quand il est question de la meilleure version, un nom revient instinctivement dans toutes les bouches : Spiderman 2 sur PlayStation 2. Insomniac Games a décidé qu’il était temps de prendre sa couronne au roi.

Et je me balance, et tu te balances, et nous nous balançons…

KPAOOOWWW !!!

C’est un plaisir immense de se balader dans ce Spiderman. Rarement un monde ouvert aura été aussi jouissif à parcourir. Il faut dire que l’équipe d’Insomniac a parfaitement compris ce qui marchait dans le Spiderman PS2 et, l’a entièrement repensé. Oui, on se balance, mais ce n’est pas tout. On peut aussi courir le long des murs et profiter de l’inertie pour repartir de plus belle ou s’agripper à un point et nous propulser vers l’avant. Quel pied de traverser New-York avec une telle aisance, si bien qu’on n’utilisera pratiquement jamais le fast travel.

Le tout est sublimé par une réalisation impeccable. Que ce soit dans la variété de ses animations ou le travail sur les textures (surtout sur les costumes de notre héros), le tout force clairement le respect. Le jeu se paye le luxe d’être parfaitement fluide en toute circonstance, même pas handicapé par un framerate pourtant capé à 30fps. De plus, Spiderman est sorti avec un niveau de finition exemplaire pour un AAA moderne. Aucun bug n’est venu entraver les 30h passées dans les rues de New- Seuls. Seuls petits défauts, un vilain input lag qui s’avère gênant en combat ainsi que des indications visuelles un peu trop discrètes en combat (notamment pour les esquives).

Identity Crisis

On sentirait presque l’air sur notre visage

Spiderman s’ouvre sur un impressionnant prologue extrêmement bien maîtrisé. Il introduit parfaitement toutes les mécaniques de jeu, les personnages et les enjeux du scénario. Voilà quelques années déjà que Peter Parker est Spiderman, et il a rompu avec Marie-Jane depuis plus de 6 mois maintenant. Les scénaristes d’Insomniac nous proposent un point de vue particulièrement intéressant sur le personnage et son rapport au mode et à son rôle.

L’histoire se veut simple, sincère et l’amour des développeurs pour le personnage se ressent tout au long du jeu. Quelques vilains soucis de rythme viennent salir une narration autrement plutôt agréable, notamment avec une fin bien trop soudaine qui expédie l’évolution de certains personnages en une scène. Heureusement, en terme d’adaptation, Spiderman se pose là. Il comprend parfaitement son personnage et son univers. Il joue habilement avec les codes qui lui sont propres sans jamais trop se louper. Il faut aussi dire qu’il ne prend aucun risque en mixant des éléments de différents arcs de l’araignée pour son histoire. Si suite il y a, il faudrait penser à sortir de la zone de confort.

Rarement un monde ouvert aura été aussi jouissif à parcourir

Meilleur mode photo du marché

En plus de la quête principale assez costaude, il y a beaucoup de choses à faire à New-York. Il suffit d’activer quelques tours radios pour que la carte se remplisse de petits points d’intérêt de toutes les couleurs. Camps d’ennemis (réutilisés pour 4 factions), crime en cours, sac -à-dos à récupérer, photos à prendre, mini-jeux de hacking… le titre coche toutes les cases du bon petit monde ouvert à activé moderne. S’il n’y a rien de franchement amusant dans la plupart des activités, surtout sur la fin avec un recyclage écœurant, la plaisir que l’on prend à parcourir la ville rend le tout beaucoup plus digeste. Nombreux sont ceux qui finiront le jeu avec plus de 90% de complétion et se diront « bon ben, tant que j’y suis… ». De quoi s’occuper une bonne trentaine d’heures tout compris, avec un ratio temps/amusement pas forcément optimal.

 

 

New-York’s Finest

Je vous ai dit que c’était le meilleur mode photo du marché ?

Il est évident que ce Spiderman nouvelle génération reprend tranquillement tout ce qui a fait le succès de la série Batman Arkham. Les combats en sont directement issus avec un bouton pour frapper et un pour esquiver. Très limité pendant une bonne partie du jeu, Spiderman finit par offrir au joueur une palette de mouvements suffisamment vaste pour varier les plaisirs. Cela passe par de nouveaux gadgets (mention spéciale à la bombe de toile) et la possibilité d’entoiler les ennemis aux murs, ainsi que par plus de souplesse dans les coups spéciaux. Le tout est joliment animé et difficilement pris en défaut. Jamais original mais toujours efficace, à l’image du jeu. Gros point noir pour les combats de boss qui sont pratiquement tous des copier/coller qui ne tirent pas suffisamment parti des grands méchants du jeu.

Ils me verront pas

Le jeu brille moins dans ses phases d’infiltration. Dispensables 95% du temps puisqu’elles finissent presque à chaque fois en combat, quoi qu’il arrive (comme-ci au fond, les développeurs eux-même n’étaient pas convaincu), elles font essentiellement ressortir le mauvais du jeu. Elles accentuent les faiblesses de l’IA et ne sont jamais vraiment amusantes tant elles sont faciles. Le constat est le même pour les phases de jeux où l’on contrôle d’autres personnages que Spiderman et qui relèvent souvent plus de Walking Simulator qu’autre chose.

Spiderman est à l’image des (bons) films Marvel qui peuplent nos cinémas : un produit calibré pour son époque. Il fait tout ce que le bon petit monde ouvert en AAA doit faire et enrobe le tout dans de superbes graphismes. Il ne cherche jamais à faire avancer le genre ou à transcender son medium. Il se contente de bien faire ce qui marche déjà ailleurs et le met au service d’une adaptation hyper fidèle. Incontournable pour les fans du tisseur, bon moment pour les autres.

Toothpick

, rédacteur

Rageux du framerate au bon goût auto-prononcé. Du genre à acheter une Vita quand la hype est autour de la Switch.