[Critique] Hand of Fate 2

Si vous avez aimé le premier Hand of Fate, foncez sur celui-là car il en est une version plus aboutie et plaisante. C'est un beau travail qui a été effectué par l'équipe australienne, et il y a fort à parier que leur prochain jeu n'en sera que meilleur. Même si cet épisode reste imparfait, ses rares défauts ne sont pas critiques et il faut avouer qu'on y retournera volontiers pour s'essayer au mode "Infini".
Les plus
  • Les nombreuses améliorations
  • Une ambiance sonore et visuelle réussie
  • Les challenges variés
  • Le rapport qualité/prix
Les moins
  • Le gameplay des combats pas encore optimal
  • Quelques cartes en plus n'auraient pas fait de mal (pour pinailler)
10 conseils pour réussir une suite

En 2015, les australiens de chez Defiant Development avaient su piocher dans plusieurs styles différents pour concocter un jeu original et bien pensé. Hand of Fate était un mélange d’action-RPG et de jeu de cartes assez réussi et dont le succès ne s’est pas fait attendre. Après plusieurs DLC qui ont su rallonger la durée de vie du premier épisode intelligemment, le studio nous propose aujourd’hui une suite qui essaye de corriger certains aspects négatifs qui pouvaient entraver le plaisir de jeu.

C’est ton destin !

Aies confiaaaaaaaaance

Son visage meurtri à moitié masqué par un voile sombre, son allure menaçante et sa voix aux sonorités charmeuses : pas de doute, le Dealer est bien de retour. La figure emblématique du premier Hand of Fate retrouve ici sa place de l’autre côté de la table, bien décidé à en découdre avec celui qui lui a dérobé son statut de maître du jeu. Son caractère très contrasté, parfois conciliant et souvent moqueur, va une nouvelle fois accompagner le périple de notre héros. Le principe reste fondamentalement le même que dans l’épisode précédent, et c’est tant mieux !

Il faudra donc traverser les niveaux d’un jeu de cartes en alternant entre des séquences de plateau et des phases de combat en temps réel, tout en faisant attention à ses ressources. À l’instar des jeux de rôle, les cartes symbolisent des rencontres ou des situations qui nous imposent souvent des choix, ou des jeux de hasard. C’est désormais dans une caravane en mouvement que se déroule toute l’action de cette suite, mais le pouvoir des cartes nous permettra de découvrir bien d’autres environnements à travers les 21 challenges qui sont proposés.

(P)renez des cartes

Quelques infos sont disponibles au lancement d’un challenge pour vous préparer adéquatement

Ces challenges sont l’une des nombreuses nouveautés plaisantes dans Hand of Fate 2 : il s’agit de scénarios avec des cartes, ennemis, règles et objectifs qui leurs sont propres. Il va donc souvent falloir organiser votre deck de cartes au début d’un niveau, de façon à ne pas se retrouver bloqué dans une partie. Un exemple : pour remporter le challenge « Strength« , vous allez devoir faire face à une malédiction qui vous empêche de reprendre des points de vie en mangeant. L’objectif ici étant de gagner un maximum de points d’armure afin de pouvoir affronter l’Ogre responsable de votre situation.

Si cet objectif n’est pas atteint avant la fin du challenge, alors le combat final sera plus compliqué. Le point positif de ces challenges est qu’ils sont en majorité assez originaux, et différents les uns des autres. Le niveau de difficulté de certaines missions vous obligera d’ailleurs à essayer plusieurs combinaisons de decks avant de pouvoir remporter la victoire… à défaut d’avoir de la chance. BEAUCOUP de chance.

Le jeu dont vous êtes la victime

Préparez-vous à pleurer de joie et de colère, car dans la plupart des situations, les jeux de hasard seront décisifs. Peu importe si vous avez l’arme la plus puissante de tous les temps ou une armure qui vous rend invulnérable, si le jeu en décide ainsi, vous pouvez toujours perdre un combat contre une crevette aveugle. Le hasard reste donc un élément primordial pour parvenir à réussir certaines rencontres (même si vous avez à votre disposition des moyens pour mettre le maximum de chances dans votre camp).

La carte du monde et ses challenges (tous accomplis, s’il-vous-plaît)

Fort heureusement, il existe désormais des variantes au jeu du bonneteau (où les cartes sont retournées plus mélangées). Selon les circonstances, vous pourrez également choisir de jeter des dés, de tester votre agilité avec un pendule, ou avec un carrousel (qu’on appellera “roue de l’infortune”). Il est nécessaire de rappeler que la chance compte pour beaucoup dans l’intérêt de Hand of Fate 2 : c’est le goût du risque qui pousse souvent à avancer. Il faut tout de même avouer qu’obtenir un double 1 sur trois lancers de dés consécutifs a failli m’envoyer aux soins intensifs pour avoir fracassé ma tête contre le mur le plus proche.

Say hello to my little friend

Cet épisode introduit la présence de compagnons, dont les pouvoirs vous assisteront aussi bien dans les phases de combats que dans les séquences de plateau. Ceux-ci bénéficient d’une histoire personnelle à découvrir sous forme de quêtes, et sont plutôt intéressantes. En plus de ces nouveautés on peut noter l’apparition d’une nouvelle ressource, la « réputation » qui vous permet d’équiper des armes plus puissantes si vous résolvez vos rencontres de manière héroïque. Le fait de se déplacer sur des cartes déjà visitées ne fait désormais plus consommer de la nourriture (AH, ENFIN !) ce qui encourage le joueur à visiter toutes les cartes d’un niveau avant de continuer.

Le jeu est quand même plus beau et mieux animé que son prédécesseur

Du côté technique, rien de transcendant mais les améliorations des graphismes et des animations sont bienvenues. En revanche le système de combat, bien qu’étant moins répétitif que dans Hand of Fate, n’est toujours pas parfait. Certains affrontements peuvent être longs et redondants, à cause d’ennemis « sacs à PV » ou d’armes inutiles, mais le fait d’alterner entre les différentes phases de jeu empêche la lassitude de s’installer définitivement. Le bestiaire fait également peau neuve, histoire d’étaler du sang nouveau sur le sol de votre nostalgie (j’ai fait poésie LV2).

Le vilain petit canard

Nous sommes en 2017. Tout l’univers vidéoludique est occupé par des microtransactions. Tout ? Non ! Un petit studio d’irréductibles australiens résiste encore et toujours à l’envahisseur. Même s’il y a des chances pour que Hand of Fate 2 reçoive son lot de DLC dans un avenir lointain, il garde le mérite de ne pas tomber dans le ravin de la facilité économique en proposant aux joueurs de débloquer des cartes plus rapidement en payant. Pour l’instant, le mode « Infini » n’est pas accessible, mais le jeu propose d’ores et déjà un contenu plus qu’acceptable, même si l’on voudrait tout de suite découvrir de nouvelles cartes. Tout vient à point à qui sait attendre…

Traduction : « Vous allez vous faire démonter. HAHAHA »

Defiant Development parvient à garder la formule qui a fait le succès de Hand of Fate, tout en améliorant la plupart de ses éléments. Même si le résultat n’est pas une révolution, cela ne l’empêche pas d’être une agréable surprise pour les amateurs du genre mais également pour les néophytes qui souhaiteraient s’y lancer. Le jeu est en effet très accessible et plaisant et il faut bien admettre qu’il est rare de nos jours de voir naître une suite d’une telle qualité. Prenez exemple, ô grands éditeurs…

, rédacteur

Je rôde, à l'affût de tout jeu qui oserait se promener nonchalamment devant l'entrée de ma caverne obscure. Mais je me soigne.