• Développeur : MercurySteam Entertainment
  • Editeur : Konami
  • Site Web : PAL
  • Version testée : Xbox 360
  • Classification :
    Sigle âge 18 ans et plus
    Francaise : 27/02/2014
    Americaine : 25/02/2014
    Japonaise : nc/nc/2014
  • Exclusivitée
  • PEGI :
    Violence : jeu contenant des scènes de violentes

Castlevania : Lords of Shadow 2

Rédigée par

Un peu plus de 3 ans après la sortie du 1er volet (et 1 an après Mirror of Fate), la trilogie Lords of Shadow se conclue enfin avec l’arrivée de Castlevania : Lords of Shadow 2. Après avoir convaincu les fans de la première heure que l’action/plate-forme 3D rimait avec Castlevania, nous voilà aujourd’hui en compagnie non pas d’un chasseur de vampire, mais de Dracula qui après un long sommeil est parti prendre le soleil avec les espagnols de Mercury Steam Entertainment, à l’origine du soft. Vous l’aurez compris, adieu châteaux Transylvaniens, bonjour cité contemporaine ! Prenez vos fouets et préparez-vous à sucer ! Du sang, hein…

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J’achète un château en Espagne ♪

Le jeu commence sur les chapeaux de roues

Le jeu commence sur les chapeaux de roues

On va tout de suite mettre les choses au clair : Castlevania : Lords of Shadow 2 est mon premier Castlevania en 3D. Eh oui, je suis un puriste moi Môssieur ! Du coup, je n’ai également joué à aucun des deux premiers épisodes de la trilogie. Et rassurez-vous, cela n’est pas du tout pénalisant ! De toute manière, le scénario n’a pas grand sens. Je vous la fais courte : vous incarnez Gabriel Belmont qui après avoir défait Dracula dans le premier épisode, devient lui-même un vampire. Pas de bol, votre fils l’a un peu mauvaise que vous ayez tué sa mère (donc votre femme) dans la foulée et tente à son tour de vous tuer. Donc vous le tuez mais Dracula se rend compte qu’il s’agit du fils de votre femme (donc sa mère), donc de votre propre fils. S’ensuit une longue dépression jusqu’au jour où la confrérie de la lumière décide d’attaquer votre château. Et c’est là que le jeu commence, « In medias res » comme on dit dans le jargon, enfin presque.

Après un tutoriel en forme de messages-qui-prend-tout-l’écran et un premier boss assez classy renvoyant directement aux combats de colosses du premier opus (eux-mêmes étant pompés de Shadow of the Colossus), on est reparti pour 15/20 minutes de cinématique (peut-être moins, mais ça paraît vachement long après un tel condensé d’action).

Et il attend encore Half-Life 3

Et il attend encore Half-Life 3

En gros, après cette bataille vous vous réveillez à notre époque dans ce qui ressemble à s’y méprendre au corps de Montgomery Burns et vous décidez de suivre un gamin dans une ruelle sombre. Cinématique-combat-cinématique-dialogue. « Kancékonjou ?! » s’écria alors la créature assoiffée de sang que je suis ! Car oui, Lords of Shadow 2 met un temps fou à démarrer. Cette impression est d’autant plus forte que l’on commence le jeu en mode Grobill avant de perdre tous nos pouvoirs, que l’on récupèrera tout au long du jeu. C’est seulement au terme d’environ trois heures de jeu et l’acquisition des Griffes du Chaos que le jeu semble dévoiler tout son potentiel. Pas trop tôt.

Dracul’ ! Dracul’ ! On t’enc*** !

Les développeurs aussi devraient stopper le grog.

Les développeurs aussi devraient stopper le grog.

D’ailleurs, on se demande même durant cette longue introduction à quel genre de jeu on a affaire. En effet, on vous demandera d’esquiver certains ennemis et de vous transformer en rat pour vous infiltrer dans un complexe scientifique et… wait what ? « S’infiltrer ? » Alors que je viens de littéralement désosser des dizaines de paladins ? Oui, oui vous avez bien lu. Qu’on se le dise, ces phases sont complètement ratées. Censées laisser souffler le joueur entre deux arrachages de cœurs, elles l’ennuieront au possible voire le frustreront. Pas bien compliquées, répétitives, heureusement elles ne sont pas « si » nombreuses que ça mais surviendront toujours au moment où vous vous y attendrez le moins. Mais je vois que certains s’interrogent dans la salle. Oui, j’ai bien écrit complexe scientifique. J’ai été un peu vite en besogne, je reprends.

Après avoir retrouvé votre vivacité au début du jeu, vous rencontrez Zobek, votre ennemi juré qui vous dit, je cite : « wesh maggle, bon écoute, je sais que tu cherches la rédemption après avoir massacré ta famille, donc je t’offre ce truc là, pour que tu puisses te suicider, mais en échange, tu me promets de tuer Satan hein ? » (si si, je vous assure, c’est la phrase exacte !). Et comme tout à chacun le sait, c’est dans des laboratoires secrets que se déroulent les rites sataniques. Alors je veux bien que Castlevania s’actualise et se déroule dans un univers contemporain mais là, le délire SF, c’est franchement chelou. En plus, l’aspect froid et médical des décors ne convient absolument pas à l’univers, pas plus que les Golgoth tout droit sortis de Warhammer 40.000. On s’habitue assez vite à la ville en revanche, aux aspects de Gotham City, qui nous offre quelques beaux panoramas, mais avec une autre chauve-souris en premier plan.

It’s Raining Blood, Hallelujah !

Avouez que ça a de la gueule quand même

Avouez que ça a de la gueule quand même

Heureusement ces errances architecturales sont contrebalancées par la présence du véritable château de Dracula. Visuellement très réussis, les décors typés gothiques suffisent à eux-seuls à nous faire oublier que le moteur graphique a tendance à un peu vieillir. Même si les lieux visités ne varient pas énormément, on aura tout de même le droit de courir sur les chemins de guets enneigés et de se battre au milieu d’un théâtre après avoir assisté à une représentation de marionnettes ma foi fort sympathique. Ajoutez à cela des musiques d’ambiances de toute beauté (celles des combats ne sont pas non plus en reste, mais malheureusement pas assez mises en avant) et vous obtenez une progression très agréable. Le féru de secrets sera également servi avec de nombreuses améliorations cachées, nécessitant quelques allers-retours pas forcément évidents, surtout dans le présent avec le système de téléportation se débloquant vers 75% d’avancement (plus tôt dans le château). Comptez également de nombreux défis en arène, ainsi qu’un New Game + et la durée de vie dépasse allégrement les 20/25h de jeu (15h en ligne droite).

I'm going off the rails on a Crazy Train !

I’m going off the rails on a Crazy Train !

Et honnêtement, on arrive avec plaisir aussi loin dans le jeu. Même si je critiquais plus tôt le rythme du soft, on peut dire qu’une fois qu’il l’a trouvé, il ne s’arrête plus. Une fois vos deux armes principales récupérées, l’Epée du Néant qui permet de ponctionner la vie de ses ennemis, et les Griffes du Chaos qui détruisent les armures et les boucliers adverses, chaque combat est un véritable plaisir. Les coups sont nombreux et se débloquent en les achetant avec l’expérience acquise. Et plus vous utilisez un coup, plus votre arme augmentera en puissance, incitant ainsi à varier les plaisirs ! Dans la difficulté la plus haute (que je vous recommande largement, le jeu n’étant de toute manière pas très dur), l’esquive et le contre sont deux parts entières du gameplay, octroyant de ce fait une nervosité aux affrontements fort agréable, transcendés par les boss. Nombreux, tous plus épiques les uns que les autres dans leur mise en scène, offrant un certain challenge, ce sont toutes nos compétences qui sont mises à l’épreuve, à commencer par notre mémoire avec des patterns récurrents faisant appel à nos réflexes mais aussi à notre ouïe et notre vue. En effet, lorsqu’un cercle rouge apparaît sur l’arme adverse (couplé à un son), l’ennemi va lancer une attaque imparable. Et en général, ils en possèdent plusieurs que l’on apprend très vite et que l’on esquive avec un certain plaisir en enchaînant par derrière des combos faciles à apprendre, passant de l’épée au fouet en un clin d’œil.

Palpatine n'a pas perdu la main, lui.

Palpatine n’a pas perdu la main, lui.

Qui plus est, Castlevania ne tombe pas dans la facilité avec l’utilisation à outrance de QTE. Ces derniers ne sont utilisés quasiment que lors des finish moves et consistent à appuyer sur n’importe quel bouton lorsqu’un cercle lumineux en rejoint un autre au centre de l’écran. Eeeet du coup, on se demande presque ce que les QTE viennent faire ici. Ultra faciles et inutiles en plus d’être sous exploités (parfois au milieu d’un boss, parfois pas du tout, parfois en ouvrant une porte, dans une seule cinématique…), les QTE ont le culot d’être désactivables dans les options. Personnellement, ça pue la feature non-assumée par les développeurs mais aujourd’hui de rigueur dans un jeu d’action et donc implantée. Dommage, même s’il s’agit plus d’une curiosité que d’un véritable défaut.

Sang aucun regret

"Se je, y trou l'ku !" - Kévin Belmont

« Se je, y trou l’ku ! » – Kévin Belmont

Finalement, Lords of Shadow 2 risque de souffrir de sa comparaison au premier volet… du moins si vous l’avez fait. Car pour moi, cela reste une très bonne pioche en ce début d’année. Même si Castlevania perd un peu de sa saveur, notamment dans ses phases de plates-formes je-maintiens-un-bouton-et-une-direction-et-je-fais-des-trucs-de-fous, le plaisir est bel et bien présent. On se surprend à éprouver une certaine empathie pour Dracula en pleine quête de rédemption et certains personnages nous feront même sourire de par leur extravagance (oui Fabricant de jouet, j’aurai aimé t’avoir comme Grand-Père). Et en fin de compte, tous les défauts qu’on peut trouver à ce Castlevania en début de partie ont tendance à se transformer en détails à force d’avancer. Bon pas tous non plus, vous pesterez toujours autant des transitions de l’infini entre les deux mondes mais qu’importe. Et puis on peut toujours relativiser en se disant que ça aurait pu être pire, n’est-ce pas ?

Note : Plusieurs personnes se sont plaintes de freezes, j’en ai subi 3 ou 4 durant ma partie sur Xbox 360. En espérant qu’un patch soit vite développé pour ne plus subir ce genre de désagrément.

L'avis général

  • La direction artistique au top (graphiquement et musicalement)
  • Nerveux à souhait
  • Les boss franchement réussis
  • Dracula est badass quand même
  • Le bruit de vomi de "La Cité de la Peur" dans une cinématique
  • Un peu facile, même dans les difficultés les plus hautes
  • Les phases d'infiltrations rat-ées (haha)
  • Le scénario pseudo-compliqué
  • Long au démarrage
« Moment », c’est le mot, car si Castlevania : Lords of Shadow 2 reste un très bon jeu, il ne marquera certainement pas les mémoires comme l’ont fait d’autres épisodes de la série en leurs temps. Néanmoins, le jeu se laissant apprivoiser très rapidement, il procure au joueur du bon temps, du genre de ceux que l’on s’octroie en rentrant d’une journée de boulot éreintante. Alors oui, il faudra réussir à se mettre dedans entre une introduction un poil trop longue et un scénario pas folichon mais le jeu en vaut la chandelle ne serait-ce que pour ses combats de boss absolument dantesques et un système de combat faisant la part belle aux réflexes du joueur entre esquives et contres. Bref, un cou(p) de maître pour les espagnols de MercurySteam qui nous sorte ici sinon un des meilleurs Castlevania, au moins un jeu que l’on parcourt sans trop réfléchir et en s’amusant.