Absolver

Absolver est une véritable bouffée d'air frais, une vision inédite qui s'approprie les codes d'un genre pour les réinterpréter à sa façon Sa douloureuse phase d'apprentissage ouvre la voie sur un système de combat particulièrement bien rodé. L'impression d'assister à des combats de la grande époque du cinéma Hongkongais avec des animations d'une fluidité à déboiter la mâchoire et un feeling démentiel manette en main font d'Absolver un titre à ne pas rater. Sloclap met la barre très haut pour leur premier jeu, et on ne peut qu'applaudir.
Les plus
  • Profond, complexe, riche
  • Courbe de progression gérée à merveille
  • La tension du 1v1
  • Des sensations dingues manette en main
  • Ces animations bon sang !
Les moins
  • Moins à l'aise en brawler qu'en duel
  • Solo un poil short tout de même (5heures)
  • On aurait aimé un peu plus de storytelling
  • La caméra qui pète occasionnellement un plomb
Renouveler un genre en conservant ses codes

Comment se faire une place dans le monde très concurrentiel du jeu de combat ? Les joueurs de tous horizons ont largement de quoi se mettre sous la dent. Les élites peuvent compter sur Arc System Works et leurs nombreuses productions, les fans de brawler ont de plus en plus d’alternative à l’indétrônable Smash Bros, alors que Street Fighter V, Tekken 7 ou encore Injustice 2 ont pris la place de « blockbusters » du genre. Pour tirer son épingle du jeu, Absolver la joue fine. Il reprend tous les codes du genre, mais l’enrobe dans une forme inédite et séduisante. De quoi apporter un peu de fraîcheur à un genre qui n’est que trop rarement bousculé.

«Il a un miroir à la place du visage ! »

Absolver est un jeu qui aime entretenir les mystères. À peine notre personnage créé que nous voilà propulsé dans la région d’Adal. Un monde en ruine où errent des combattants sauvages qui veulent votre peau. En tant qu’apprentis, nous sommes en quête du titre d’Absolver. Pour l’atteindre il nous faudra éliminer une dizaine de maître des arts martiaux aux quatre coins de la map en éliminant les mobs sur notre route. Dès le départ il est possible d’accéder à n’importe quelle zone du jeu. Il ne faut d’ailleurs pas s’inquiéter de vite s’y perdre, les zones sont peu nombreuses et restreintes. L’exploration est réduite à sa plus simple expression pour laisser la place aux combats, aux dépens de la narration.

En effet, ces superbes décors et cet univers plein de mystère ne sont jamais justifiés. Absolver est très silencieux et très avare en narration. Il se contente du strict minimum pour poser un contexte autour des combats et de la quête du personnage. Ainsi, nous ne saurons jamais rien sur l’histoire de ces ruines fascinantes qui raviront les fans d’urbex. Rien non plus sur les différents personnages que l’on est amenés à croiser, leurs motivations où même les raisons de leur présence. On se consolera avec une chouette direction artistique et des graphismes propres et très épurés. Et que dire de la qualité des animations ! Sloclap et sa petite équipe donnent tout simplement une leçon aux ténors du genre. Fluide et toujours lisible, on sait exactement quelle attaque est sur le point de nous arriver dessus malgré la centaine de coup disponible.

Absolver est un jeu profond et complexe

Omae wa mou shindeiru !

Ceux qui s’attendaient à quelque chose de proche des productions de From Software seront peut-être un peu déçu, mais il faut bien comprendre l’ambition principale du jeu. Absolver est avant tout un pur jeu de combat enrobé d’un monde ouvert persistant. C’est un jeu complexe à aborder et qui peut s’avérer assez intimidant. Outre le sentiment d’être littéralement perdu en territoire hostile dès les premières minutes, les premiers combats se transforment vite en raclée. On croise aussi bien des PNJ que d’autres joueurs avec qui on peut interagir via des emotes. Il est possible de défier les autres joueurs en duel ou de les inviter à jouer en coopération. Et le moins que l’on puisse dire c’est que ça fonctionne vraiment très bien. Une aide est la bienvenue quand on passe la plupart de son temps à 1v3 ou 1v4.

Seul ou accompagné, il faut s’attendre à mourir un paquet de fois. Déjà à cause de problèmes de caméras récurrents dans les endroits clos. Cette dernière à tendance à survoler l’action et à masquer les ennemis sur les côtés. Mais aussi parce que le système de lock et le cœur du gameplay ne sont pas vraiment adaptés à ce genre de situation. Cela dit, cette difficulté est justifiée par le contexte. Nous ne sommes qu’un apprenti parmi les autres, rien ne nous différencie d’eux en matière de force, et on tombe fréquemment sur des ennemis plus forts que soit. Les boss sont souvent entourés de plusieurs hommes de main et avoir quelqu’un à ses côtés n’est pas de refus. De plus, c’est typiquement le genre de fonctionnalité génératrice d’histoire qui font qu’on adore raconter nos parties.

La fureur de vaincre

On retrouve donc effectivement les codes des jeux de combat, avec des combos, des priorités et même des cancels sous forme de feinte. Mais l’approche est unique. Une fois son adversaire locké, on se retrouve à lui tourner autour à la recherche d’une ouverture. La base des combats repose sur la gestion de son endurance et son timing dans les enchaînements, son aptitude à bloquer ou esquiver dans le bon tempo, l’utilisation adéquate de ses pouvoirs (deux pouvoirs équipables à la fois, allant du simple heal à l’onde de choc) et même la possibilité d’utiliser des armes blanches. Les choses se complexifient avec les quatre stances disponibles (Gauche/droit et face/dos), chacune donnant accès à différents coups. Ces coups, on les sélectionne au préalable via une interface claire et agréable à parcourir. Dedans, on retrouve les statistiques de chaque attaque et on compose ses combos. On se retrouve donc avec un personnage qui nous est véritablement propre. Le tout est aussi altéré par l’équipement du joueur et ses statistiques (force, dextérité, résistance etc…). Tous ces éléments font d’Absolver un jeu particulièrement profond et complexe qui nécessite un investissement important de la part du joueur pour en tirer pleinement partie.

Résultat, il est impossible de prévoir quel genre d’adversaire on s’apprête à affronter. Surtout qu’il existe à l’heure actuels quatre styles, chacun avec leurs coups uniques et leur propre façon de se défendre. Certains se baseront sur l’esquive avec de petit pas de côté ou des accroupissements pour éviter les attaques hautes. D’autres préfèrent « l’absorption » qui servira à encaisser les coups pour régénérer quelques points de vie et d’endurance. Si l’IA se contente de quelques variantes, le mystère est tout autre lorsqu’on affronte un vrai joueur. Le 1v1 gagne ici en tension et en appréhension. Chaque combat apporte son lot de nouveautés et force à se remettre en question pour espérer l’emporter.

Je met les pieds où j’veux

Patience et persévérance sont des vertus dont les arts martiaux sont imprégnés, et Absolver fait tout pour offrir au joueur un vrai sentiment de progression. On apprend dans la défaite, on est récompensé dans la victoire. Déjà par des points d’expérience et du loot, mais aussi par l’apprentissage de nouvelles attaques. En effet, bloquer ou esquiver un coup va remplir une petite jauge qui une fois pleine nous donnera accès au mouvement. Ces coups viendront compléter notre deck et enrichir les possibilités de combos. Un système efficace et très addictif qui force à prendre certains risques en combat. La cerise sur le gâteau, ce sont ces excellentes sensations manette en main. On ressent chaque coup porté et chaque coup reçu avec juste l’intensité qu’il faut. Palme d’or au fameux coup de pied retourné dans la tronche, une spéciale Van Damme qui fait plaisir quand on le place.

Absolver est un pari réussi. En s’appropriant les codes des jeux de combats, il offre une expérience unique en son genre. Pour peu que l’on ait envie de s’investir, les innombrables possibilités liées à la personnalisation de son style ont de quoi tenir en haleine pendant de grosses dizaines d’heures. Entre ses affrontements jouissifs et son potentiel addictif, il a de nombreuses armes pour séduire les joueurs. Surtout que Sloclap tient le bon bout et a déjà annoncé du contenu supplémentaire gratuit. On se lève, et on applaudit bien fort.

Toothpick

, rédacteur

Rageux du framerate au bon goût auto-prononcé. Du genre à acheter une Vita quand la hype est autour de la Switch.