L’émulation : Ce côté interdit des jeux vidéoCapsule Technique

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L'émulation, ce côté interdit des jeux vidéo
L'émulation, ce côté interdit des jeux vidéo

L’émulation c’est quoi ? Avant toute chose, posséder un émulateur contrairement aux idées reçues est tout à fait légal tant qu’il a été obtenu légalement. Par contre posséder des Rom ou Iso ou Wbfs (nous reviendrons un peu plus tard sur ces termes) ou tout autre fichier du même type (on appelle ça des backups ou sauvegardes, nous expliquerons cela par la suite aussi) qui est lisible par ces émulateurs est soumis à différents régimes :

Bien, maintenant que le point sur la légalité est fait, nous allons vous expliquer ce qu’il se passe de la fabrication du backup jusqu’à l’émulation. Nous ne mentionnerons aucun logiciel, nous laissons la gloire à Google pour cela, de même pour ceux qui veulent savoir comment fonctionne une machine virtuelle sur un ordinateur, ce n’est pas là le sujet, mais nous verrons globalement ce qui se passe pour aiguiller vos possibles recherches à ce sujet.

Les composants d’un jeu

Il faut bien commencer par quelque part, et informatiquement un jeu commence par là : qu’est-ce qu’un jeu ? En soi sur votre écran simplement des images qui se succèdent les unes aux autres selon vos actions sur la manette. Prenons un exemple : pour arriver ici vous avez cliqué avec votre souris (ou tapé « Entrée » sur votre clavier). Dans le jeu vidéo c’est à peu près la même chose, il y a des ressources préenregistrées, des codes et une machine pour afficher le jeu et votre manette, tout comme vous avez le contenu de cette page préenregistré, votre ordinateur qui affiche la page et votre clavier.

 les ordinateurs remplacent la console
L’ordinateur remplace la console et lui équivaut dans l’émulation

Pour afficher cette page vous avez cliqué ou tapé quelque chose, cela a généré une suite de signaux électriques que votre ordinateur à traduit en signal informatique, qui a ensuite été envoyé sur internet au site qui a alors compris ce qu’il fallait afficher. Il a ensuite cherché la page adéquate pour l’envoyer à votre ordinateur qui l’affiche à l’écran.

On voit donc quatre acteurs principaux : Le clavier, l’ordinateur, une machine, et le contenu.

Le jeu vidéo fonctionne de la même manière : appuyer sur un bouton de la manette envoie grâce au câble (ou par wifi ou infrarouge ou Bluetooth encore, mais ces termes barbares ne sont pas là notre sujet) un signal électrique traduit par la console et transmis au DVD du jeu, qui va chercher les ressources nécessaires à l’affichage. Il y a aussi quatre acteurs : La manette, la console, le code source du jeu vidéo et les ressources (ces deux derniers étant contenus dans le support physique du jeu (Blu-ray, DVD, cartouche, etc.).

On voit donc que cela se fait en deux temps, d’un côté ce qui se passe dans la console, et de l’autre ce qui se passe dans le support physique.

L’émulation

La première étape de l’émulation consiste donc à imiter ce qui se passe dans la console. C’est dans ce but que sont développés de nombreux logiciels qui simulent très bien consoles et bornes d’arcades grâce à un langage informatique plus ou moins poussé (mais l’informatique n’étant pas le sujet, je vous passe les détails). Pour résumer, l’ordinateur réalise le travail de la console et le clavier prend la place de la manette (ou un petit logiciel pour connecter une manette est utilisé). Il faut donc ensuite fournir le jeu (et donc le backup) et ici les techniques ont évolué au cours du temps.

Nous allons remonter le temps, de la plus récente à la plus ancienne technique. On peut en distinguer trois.

1) Le Dump d’un jeu

Les CD ou DVD remplacent vos jeux, mais attention de ne pas s’emmêler avec nombreuses extensions qui existent et de ne pas télécharger le bon émulateur.

La partie sur les composants était longue mais nécessaire pour que vous puissiez comprendre ce qui se passe dans les parties suivantes.

Le Dump : derrière ce mot grossier ne se cache aujourd’hui que la copie des données d’un jeu. Cette méthode ne s’applique qu’à des CD ou des DVD et existe donc depuis l’arrivée de ces supports dans les jeux vidéo. Cela existait déjà sur Mega CD, seulement les graveurs de CD-ROM coutaient cher à l’époque et cette pratique était donc peu répandue. C’est avec l’arrivée de la PlayStation 1 mais surtout de cette fameuse puce illégale qui permettait de lire les jeux gravés, que le Dump s’est vraiment développé (et non pas créé). Certains possesseurs de PlayStation était connus dans la cour de récré (ou à l’espace détente du bureau) pour avoir des jeux en avant-première.

La technique en soi va un peu plus loin que la simple copie, puisqu’il faut d’abord isoler les données de jeu, c’est-à-dire retirer uniquement les ressources et les codes, et ne pas copier ou alors modifier certains paramètres de la copie pour débloquer le jeu, car les éditeurs ne voulant pas voir leur jeu hacké imposent des réglages qui empêchent de lancer le jeu d’une autre manière que par la console adaptée. C’est surtout le fait de déjouer cette sécurité qui est un « exploit » pour le dump. Faire un Dump peut alors créer plusieurs extensions selon le type de Dump, par exemple, les Dumps de jeux PS2 font des isos, ceux de la Wii font des Wbfs, etc.

Ensuite l’émulateur lit et interprète le backup créé comme la console interprète les données du DVD.

2) La création d’une ROM


Nous remontons un peu le temps pour arriver à l’ère des cartouches. Ici pas question de simplement copier un DVD puisqu’une cartouche ne peut être lue de manière brute (non non ne cherchez pas, il n’y a pas de lecteur de cartouches de Gameboy intégré à votre ordinateur). La ROM est un nom générique (comme le Dump) mais chaque ROM peut avoir une extension différente. Pour les DS grâce à des petits appareils interdits à la vente en France, on peut maintenant réaliser rapidement (selon votre efficacité sur Google) une ROM (mais qui aura l’extension .ds ou .nds) grâce à votre DS, pour le reste des machines, certains petits futés en électronique ont créé des petits appareils capables de lire une cartouche sans la console en question. Sur une cartouche, on peut voir des « pattes » qui correspondent en fait chacune à quelque chose. Pour fonctionner, une cartouche a besoin d’être alimentée en électricité, il y a donc des pattes qui servent à fournir l’électricité à la cartouche. Il y a aussi parfois besoin de se reconnaître (pour pas qu’une cartouche d’une autre console ne puisse être lue). Il y a alors souvent une patte réservée à la réception d’un signal électrique qui permet d’identifier si la cartouche est bonne ou non. Il y a aussi parfois un signal que l’on appelle un signal de clock (ou d’horloge) qui permet à la cartouche de se synchroniser avec la console. Et parfois l’identification et l’horloge passent par le même signal. Une fois ces pattes détectées, il suffit de repérer celle(s) qui transporte(nt) les données (codes et ressources) pour pouvoir les extraire grâce à un petit équipement électronique qui va traduire les signaux en données. Une fois sauvegardée sur l’ordinateur, la ROM est créée.

3) Faire un backup d’une borne d’arcade


On a vu que pour faire une ROM il fallait des compétences en informatique et en électronique. Et bien pour faire le backup d’une borne d’arcade, il faut en plus des compétences en électrique et en mécanique. En effet, il y a des câbles cette fois-ci (ou des pistes électriques pour les bornes plus récentes) et il faut alors deviner grâce à l’étude des signaux électriques quel câble sert à quoi. Mais il faut aussi avant ça ouvrir et parfois démonter la borne car il est parfois nécessaire de comprendre en profondeur le fonctionnement de la borne et l’acheminement de la donnée de son départ jusqu’à l’endroit ou elle est traitée.

La communauté autour de l’émulation

Nous n’allons pas ici parler de comment vous fournir en émulateurs, ou en backups, mais rapidement de ce que l’émulation a pu apporter au jeu vidéo. L’émulation c’est le jeu vidéo porté sur un support ouvert comme un ordinateur, et donc la possibilité de créer divers logiciels pour améliorer le confort de jeu. Il existe des logiciels permettant de modifier le code contenu dans ces backups, et de réaliser ce que l’on appelle des hacks de jeux vidéo. Parfois mauvais, parfois très bon, certains de ces hacks ont même inspiré des éditeurs pour réaliser un jeu qui plaira au public. Certains hackers sont des stars sur les plateformes de téléchargement de ROM. Il y a aussi d’autres outils qui « fouillent » le code des backups. De là est née une communauté : celle des TASeurs (Tool Assisted Speed run ou Parcours de vitesse assisté par ordinateur). Certains appelleront ça de la triche, d’autres de l’art, mais ce sont surtout des outils pour permettre certaines prouesses. Par exemple cela permet grâce à un logiciel de voir si le personnage que l’on contrôle peut passer ou non à travers les murs (entre autres) et ainsi aller de plus en plus vite pour finir le jeu. Un TAS des plus connus, celui de Mario 64 (les 8 premières minutes de cette vidéo commentée et expliquée) :


Toujours est-il que ces outils ont permis de découvrir certains glitchs (des défauts ou des bugs) et ont permis par exemple de trouver la manière de réaliser le célèbre PRB (Permanant ou Power Rocket boost selon les sources) de Mario Kart DS.

Mais là on sort de la communauté de l’émulation pour une autre communauté : Celle du Speed Run. Cette semaine au vu du sujet pas de lien pour en savoir plus ( mais Google reste votre ami :) ) par contre pour plus d’infos sur le speed run en général : Speed Demo Archives pour des Speed Runs à la manette et TASvideo.org pour des Speed Runs informatisés (TAS) (attention, les sites sont en anglais).