Le CyberharcèlementCapsule Technique

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CAPSULE TECHNIQUE        Le Cyberharcèlement : Explications et guide de défense


 

Le jeu vidéo est un média qui rassemble toujours plus de génération en génération. Il crée et fédère de nombreuses communautés dont les membres interagissent quotidiennement par de multiples canaux : réseaux sociaux, forums, outils de communication vocale ou événements. Si la plupart des joueurs et joueuses se comportent de façon tout à fait adaptée à ce type d’échanges, certain(e)s s’en servent pour nuire à l’expérience globale. Au moyen de menaces, d’humiliations ou d’insultes, ils rendent les sessions de jeux insupportables pour ceux qui subissent leurs agissements. Malgré une proportion quasi équivalente de joueuses et de joueurs, les femmes restent majoritairement touchées par ces harcèlements (73% des femmes déclarent en avoir été victimes).

C’est dans ce contexte que les associations Women in Games France et Loisirs Numériques ont écrit un guide pour agir face au cyberharcèlement. Il nous a paru intéressant de vous en faire un résumé afin que chacun soit sensibilisé au sujet. Vous pouvez trouver le guide dans les sources de l’article tout en bas de celui-ci.

Qu’est ce que le cyberharcèlement ?

Dans cyberharcèlement, il y a cyber et il y a harcèlement. Il est donc bon de s’attarder sur chacun de ces mots. « Cyber » est le préfixe de cybernétique. Il sert à former des mots liés aux nouvelles techniques de communication numériques dont Internet. « Le harcèlement est le fait de tenir des propos ou d’avoir des comportements répétés ayant pour objet ou effet une dégradation des conditions de vie de la victime. » selon la définition disponible sur service-public.fr. Le cyberharcèlement est donc le fait de harceler via les nouvelles techniques de communication numériques. Entendez par là les forums, réseaux sociaux, mails et messageries mais aussi les jeux en ligne et les tchats, qu’ils soient écrits ou vocaux. Le harcèlement est tout aussi grave qu’il soit de nature public (forums, etc) ou privé (facebook, messageries, etc). Il est punissable légalement parlant.

S’il peut concerner de nombreux sujets, le harcèlement sexiste et sexuel en ligne est une part importante du harcèlement. Il s’agit de l’action d’imposer tout propos ou comportement à raison du sexe, de l’orientation ou de l’identité sexuelle supposée ou réelle d’une personne avec pour objet ou effet de créer une situation intimidante ou dégradante portant atteinte à la dignité d’une personne. Il vise à limiter l’occupation de l’espace par les femmes et les minorités sexuelles.

D’après un rapport d’octobre 2017 présentant une analyse des violences faites aux femmes et aux filles en ligne et publiée par le Lobby Européen des Femmes, 20% des adolescents en Europe ont été victime d’intimidation en ligne. Les filles sont plus à risque (23.9% pour les filles contre 18.5% pour les garçons). Seulement 26% des organismes d’application de la loi dans les 86 pays étudiés prennent des mesures appropriées.

Qui est responsable ?

Les responsables du cyberharcèlement

Les premiers responsables en cas de harcèlement en ligne sont les auteurs des propos en cause. Auteurs qui très souvent se déresponsabilisent de tels agissements en minimisant leurs impacts, souvent par manque d’empathie, parce qu’ils ne voient pas les souffrances de leurs victimes à travers un écran.

Les intermédiaires techniques sont les responsables des espaces en ligne permettant la divulgation de ces propos. Il peut s’agir des responsables d’un forum, d’un jeu en ligne ou d’un réseau social par exemple. Ils deviennent responsables à partir du moment où ils ont eu connaissance des propos tenus et qu’ils n’ont pas agi pour faire retirer ces messages. Ils sont responsables de la mise à disposition d’outils permettant d’être tenu informé de ce type de propos et de conserver les données permettant l’identification des agresseurs afin de les communiquer aux enquêteurs.

Les témoins qui deviennent impliqués à partir du moment où ils partagent, diffusent ou encouragent les propos illicites d’un agresseur. Même lorsqu’il s’agit de dénoncer les messages du harceleur, les partager implique le témoin et peut se retourner contre lui. Le bon comportement d’un témoin est donc de condamner les contenus illicites en lui rappelant législation, en faisant savoir que l’on s’y oppose, en mettant cette personne sous silence dans les jeux en ligne ou en l’excluant de la partie. Naturellement, apporter son soutien à la victime est l’un des bons réflexes à avoir ; en lui demandant comment elle se sent et en lui rappelant qu’elle n’est pas seule. Il est possible de signaler un contenu illicite sur des plateformes dédiées et/ou de témoigner le cas échéant.

Les conséquences sur les victimes

Des conséquences parfois dramatiques

Le cyberharcèlement, bien qu’il puisse être minimisé par les agresseurs, sous couvert d’une méconnaissance des conséquences sur les victimes, est au contraire quelque chose très lourd de conséquences. Il est à l’origine d’états de peur, de stress, de révolte ou d’impuissance qui entraînent une forte pression psychologique sur les victimes, allant parfois jusqu’à les pousser à mettre fin à leurs jours. Il faut prendre conscience que le cyberharcèlement entretient un sentiment d’insécurité au même titre que le harcèlement dans l’espace public, malgré les écrans. Les victimes vont donc s’organiser pour l’éviter.

Les impacts du cyberharcèlement se manifestent par une perte de confiance en soi, un sentiment de frustration et de vulnérabilité ou de dépression. Ceci s’accompagne de sentiments d’angoisse, d’anxiété et de non-acceptation sociale, pouvant amener jusqu’à des actes de mutilations. Plus fréquentes qu’on ne l’imagine, ces blessures volontaires sont le signe visible d’un mal-être invisible mais bien présent. Il peut s’agir d’un appel au secours.

De nombreuses études, réalisées sur plus de 300 000 enfants et adolescents, compilées par les chercheurs de l’Université de Leiden, aux Pays-Bas, ont permis de constater que le cyberharcèlement entraînerait bien plus fréquemment des idées suicidaires en comparaison avec le harcèlement « plus traditionnel ».

Comment s’en prémunir ?

Il existe des façons de se protéger sur les espaces en ligne (détailler dans le guide de défense – lien dans les sources de l’article), à commencer par adopter une attitude méfiante en ligne, c’est-à-dire :

Si vous êtes victime, que faire ? Il existe également tout un panel de comportements à adopter :

Là encore nous ne saurions que vous recommandez la lecture du Guide de Défense face au Cyberharcèlement réalisé par les associations Women in Games France et  Loisirs Numériques pour avoir plus de détails sur chacun de ces points.

Il est donc bon de garder à l’esprit que les espaces publics numériques sont des zones à risques. Et même si la plupart des personnes se comportent de façon correcte, il y a des internautes malveillants. Faire attention à soi et aux autres est donc de rigueur. Enfin, pour finir sur une note positive, il n’y a pas que des comportements nauséabonds mais parfois de belles surprises comme l’histoire de ce jeune en grande détresse sauvé par un internaute qui a eu le bon réflexe de prévenir la gendarmerie.