[Bibliotopie] Pixel MANIA : 50 projets pour réinventer les jeux vidéo

L’image du jeu vidéo a bien évolué depuis ses débuts. Il fut un temps où le média vidéoludique se cantonnait aux enfants; le jeu vidéo, portant décidément bien son nom, était vu comme un jouet un peu sophistiqué mais à réserver à nos chères têtes blondes, brunes, rousses ou que sais-je. Cette époque est révolue, le jeu vidéo n’est plus l’apanage d’une catégorie, il se développe, pardon, il envahit toutes les strates de la société. Cette nouvelle incursion de Marcus nous le prouve et nous ne nous plaindrons pas de faire partie de cette Earth Invasion.

Au début était le pixel

Si au début était le verbe pour certains, pour un gamer il y avait surtout le pixel. Comme le rappelle Marcus dans sa préface, aux prémisses de notre média favori les gros carrés étaient plus qu’une mode, ils formaient la base essentielle de toute création. C’est par cette contrainte technique que furent inventés bien des personnages iconiques à commencer par Mario dont la moustache, élément stylistique par excellence, est surtout le résultat d’une solution de fortune pour identifier un personnage composé uniquement de quelques gros cubes.

Aujourd’hui, à l’ère de la full HD, on pourrait penser que le pixel est nul et non advenu, que son heure est révolue et qu’il devrait retourner dans les limbes d’un Tetris avec la mention “Service rendu à la nation des gamers”. Oui mais non. En effet, si le pixel est dépassé technologiquement, il a su rester apprécié par les jeunes générations qui n’ont pas connu l’âge d’or de la NES par exemple. Le pixel n’est plus une contrainte graphique, il devient un élément de mode.

Invasion à tous les niveaux

Des tutoriels variés où l’on trouve même des piñatas.

On se rappelle tous de la folie des Post-it Wars où des immeubles en verre se transformaient, pour décompresser d’une journée en open space ? en véritables Space Invaders géants ou plus largement murs d’expression artistique. Sentant qu’une fibre nostalgique était à exploiter, nombreux furent les revendeurs et décorateurs d’intérieur à proposer des pochoirs, perles à repasser et autres matériaux combinables pour remodeler son petit chez soi.

Avec le boom des réseaux sociaux, une véritable tendance s’est petit à petit imposée : le DIY (Do It Yourself). Certains l’abordent sous l’angle économique, politique-éthique (zéro déchet) ou, c’est notre cas ici, ludique. Marcus propose en effet via ce livre d’un peu moins de 200 pages ; 50 projets tout rond pour re-décorer son intérieur, principalement, en s’appuyant sur nos madeleines de Proust numériques.

Des tutoriels progressifs et variés

Envahissez le moindre espace de votre appartement, y compris la salle de bains.

Afin de ne pas frustrer le gamer aux gros doigts, que je suis au passage, les projets sont divisés en trois niveaux de difficulté. Le niveau simple/moyen/expert. De quoi s’y retrouver facilement avant de se lancer dans un tutoriel qui risquerait de ne pas être adapté à vos skills de bricolage.

Bricolage ? Oui, il s’agit bien de cela. La variété des projets est très appréciable. On passe ainsi de la customisation de chaussures (Le Lac de Link qui vous permet de pimper vos ballerines Mesdames aux couleurs de Zelda), à la création de savons prenant la forme de rubis issus de Zelda, à la réalisation de moufles aux couleurs d’une Pokéball, jusqu’à la confection de bracelets reprenant vos icônes du jeu vidéo ou encore, pour les doués, la possibilité de créer sa borne d’arcade aux formes de Pac-Man.

La plupart des loisirs créatifs est représenté : bricolage, cosmétique, mode, couture, sculpture de ballons (très sympathique Zelda réalisé dans Un héros gonflé grâce à Ayami Michelle), cuisine (gâteaux Minecraft ou grosse génoise issue de Portal) et j’en oublie. Si cette variété ne peut qu’être louée, on reprochera tout de même la redondance de certains thèmes.

Mais aux thématiques restreintes

Marcus, fan de customisation estampillée jeu vidéo devant l’éternel.

En effet, le jeu vidéo se réduit à : Mario, Zelda, Minecraft et Pokémon. Il y a bien un Minecraft ici et là, un petit Portal mais honnêtement on tourne un peu en rond. Pourquoi ne pas proposer d’autres figures comme Metroid ? Kratos ? GTA ? Street Fighter ? Probablement par goût, ou du fait de la popularité assurée de tels produits, les licences Nintendo dominent cet ouvrage. Si Big-N reste un acteur essentiel du jeu vidéo, il est loin d’être le seul et surtout ses licences dépassent le triptyque mentionné plus haut.

Au-delà de cela, les tutoriels sont bien expliqués avec la liste des fournitures, les étapes numérotées et des photographies précises. Il manque peut-être des liens pour quelques vidéos Youtube par exemple ou une petite poussée vers le zéro déchet avec des fournitures orientées recyclage intelligent et non achat compulsif.

Allez, je chipote un peu mais c’est pour la bonne cause. Que ce soit pour offrir ou pour soi, le dernier Marcus est un bel ouvrage, bien maquetté et intelligent qui nous poussera à être créatif…et à lâcher nos écrans.

 

Nous remercions l’éditeur Hoebeke de nous avoir fourni un exemplaire de Pixel MANIA : 50 projets pour réinventer les jeux vidéo pour réaliser cette critique.

Alfoux

, rédacteur

Joueur depuis bien longtemps, je n'ai jamais cessé de jouer mais j'ai changé fréquemment de plateformes. Entamant la trentaine et toujours accro aux pixels (gros ou non), comme quoi tout est possible.